Artemisias : Revue des recherches récentes

Études sur modèle animal et études cliniques

Artemisias : Revue des recherches récentes


Études sur modèle animal et études cliniques

Cet article passe en revue les recherches récentes – études sur modèle animal et études cliniques - portant sur les propriétés d’Artemisia annua et Artemisia afra et l’utilisation thérapeutique de ces plantes.

Sélection d’études publiées depuis 2000

2000

En 2000, M.S. Mueller et al publient dans le Journal of Ethnopharmacology l’une des premières études montrant la possibilité de cultiver Artemisia annua en Afrique et l’efficacité thérapeutique de cette plante.

« The potential of Artemisia annua L. as a locally produced remedy for malaria in the tropics : agricultural, chemical and clinical aspects », M.S. Mueller, I.B. Karhagomba, H.M. Hirt, E. Wemakor, Journal of Ethnopharmacology, 73 (2000) 487–493

Résumé :

La plante Artemisia annua L. (Asteraceae) est répertoriée dans la pharmacopée chinoise comme un remède contre diverses fièvres, notamment le paludique. Elle contient le composé antipaludéen bien établi, l’artémisinine. Une vairété hybride d’Artemisia Annua a été cultivée avec succès en Afrique centrale. Les parties aériennes de la plante séchée contiennent 0,63 à 0,70% d’artémisinine sec, et environ 40% de cette artémisinine peuvent être extraits en préparant une simple infusion. Cinq patients atteints de paludisme traités avec l’infusion A. annua ont montré une disparition rapide de la parasitémie en 2 à 4 jours. Un autre essai avec 48 patients atteints de paludisme a montré une disparition de la parasitémie chez 44 patients (92%) en l’espace de 4 jours. Les deux essais ont montré une nette amélioration des symptômes. Pour les auteurs de l’étude, ces résultats justifient un examen plus approfondi de l’effet antipaludique des préparations d’Artemisia Annua.

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Récolte de l’Artemisia dans une ferme agro-écologique au Bénin. Photo publiée le 4 octobre 2017 sur la page Facebook de l’association La Ferme de la Providence.

2005

Le Centre mondial d’agroforesterie (WAFC) et le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) ont participé à des études préliminaires visant à évaluer les propriétés thérapeutiques de médicaments à base de matière végétale d’Artemisia compactée et pour valider le potentiel de ce remède à devenir des traitements antipaludéens efficaces, disponibles et abordables pour les pauvres.

« Whole-leaf Artemisia annua-based antimalarial drug : Report on proof-of-concept studies. A collaborative project between ICIPE, KEMRI andd N.U.S.AG. » (2005)

Extrait de l’introduction du rapport

Si des médicaments à base de formes synthétiques pures d’artémisinine sont déjà disponibles sur le marché africain, leur coût est prohibitif pour ceux-là même qui souffrent du principal fardeau du paludisme, les pauvres. La synthèse chimique totale de l’artémisinine est complexe et donc onéreuse. Actuellement, la plante Artemisia annua de la famille des Asteraceae est la seule source viable d’artémisinine.

Cette étude rapporte les résultats des études cliniques, parasitologiques et décrit la chimie du sérum qui permettent de conclure que les comprimés d’Artemisia annua à base de feuilles entières, produits avec de bonnes pratiques de fabrication à partir de plantes à haut rendement, constituent un traitement sûr, efficace et bien toléré pour le paludisme simple à Plasmodium falciparum.

Résumé des résultats

Cette étude préliminaire établit que :

i) Il est possible de fabriquer des tablettes antipaludiques de feuilles entières d’Artemisia annua à avec des niveaux d’artémisinine et d’autres constituants assez réguliers si les étapes clés du processus de fabrication sont guidées par des analyses phytochimiques.

(ii) Les résultats de l’étude clinique démontrent une efficacité impressionnante de ces comprimés dans le traitement du paludisme sans aucun effet secondaire significatif. Fait intéressant, il n’y avait pas de différences perceptibles entre les résultats obtenus à différentes doses. La performance de la dose la plus faible (avec 14,8 mg d’artémisinine le jour 1, suivie de 7,4 mg par jour jusqu’au jour 6) est remarquable, suggérant des effets synergiques de l’artémisinine et d’autres composants dans les comprimés de feuilles entières.

(iii) Les cas de résurgence/réinfection représentent environ 10% et suggèrent qu’avec un régime d’administration de médicament différent comprenant 20 doses initiales pendant une période de 5 jours, suivie d’une nouvelle prise 5 à 6 jours plus tard (pour agir sur les parasites à maturation plus lente) il est possible de réduire ou éliminer le risque de résurgence.

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Champ d’Artemisia à kajulu Kenya

2010

En 2010, trois chercheurs éthiopiens publient un article dans la revue Ethiopian Journal of Health Biomedecine Science dans lequel ils préconisent le développement d’une politique nationale de promotion de l’Artemisia, après un essai clinique prometteur et l’adoption de la plante par la communauté ou a été menée leur étude.

« Use of the plant Artemisia annua as a natural anti-malarial herb in Arbaminch town », Gebeyaw Tiruneh, Yigzaw Kebede, Tegbar Yigzaw, Ethiopian Journal of Health Biomedecine Science., 2010. Vol.2, No.2

Résumé :

Contexte : On estime à environ 4-5 millions le nombre de cas de paludisme par an en Ethiopie. La chimiothérapie est un élément majeur de la lutte antipaludique. Étant donné que le traitement ACT à base d’artémisinine contre le paludisme recommandé par l’OMS est coûteux et que la couverture des services de santé dans le pays est faible, l’utilisation pratique de tels médicaments pour le traitement du paludisme sera limitée à une petite partie de la population. Par conséquent, il est grand temps de rechercher d’autres alternatives plus accessibles à moindre coût et efficaces pour traiter le paludisme, la médecine traditionnelle étant l’un des domaines à explorer.

Objectif : Évaluation du degré d’utilisation, de l’efficacité perçue ainsi que des effets indésirables de la plante Artemisia Annua en tant qu’herbe médicinale contre le paludisme dans la ville d’Arbaminch.

Méthodes : Une étude qualitative impliquant l’utilisation d’agents de santé, d’utilisateurs de médecine naturelle, de professeurs d’université et d’un chercheur en médecine traditionnelle a été menée pour étudier l’utilisation de la plante Artemisia Annua en tant qu’herbe anti-paludéenne. Une enquête transversale auprès des ménages a en outre été menée pour évaluer les comportements de recherche de soins liés au paludisme. La technique d’échantillonnage systématique a été utilisée. L’étude a été réalisée à Arbaminch en 2006.

Résultats : L’étude qualitative a révélé un niveau élevé d’acceptation et d’utilisation de la plante. De même, l’étude quantitative a montré que 22,4% des cas de paludisme de l’année précédente utilisaient cette plante comme traitement. L’issue du traitement a été efficace avec un taux de guérison de 91,8% sans effet indésirable majeur. La modalité de traitement était claire et bien comprise à tous les niveaux par les sujets de l’étude.

Conclusion : L’efficacité de la plante dans le traitement du paludisme et l’absence d’effets indésirables majeurs ont entraîné un taux d’utilisation élevé. Par conséquent, une politique, des mécanismes de régulation et des directives doivent être formulés pour l’utilisation de la plante. L’évaluation de l’innocuité, de l’efficacité et de la qualité de l’herbe devrait être poursuivie. Les mécanismes d’intégration de l’herbe dans le système de santé moderne devraient être étudiés.

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Paillage des plants d’Artemisia (photo Maison de l’Artemisia)

2011

Une étude de Pamela J. Weathers et cinq autres chercheurs publiée dans Phytochemistry Reviews démontre pour la première fois que les feuilles sèches d’Artemisia annua délivrent bien plus d’artemisinine dans le sang que l’extrait des médicaments de synthèse.

« Artemisinin production in Artemisia annua : studies in planta and results of a novel delivery method for treating malaria and other neglected diseases »
Auteurs : Pamela J. Weathers, Patrick R. Arsenault, Patrick S. Covello, Anthony McMickle, Keat H. Teoh, Darwin W. Reed.
Revue : Phytochemistry Review (2011) 10:173–183. DOI 10.1007/s11101-010-9166-0

Résumé :

Artemisia annua L. produit un sesquiterpène lactone, l’artémisinine, un antipaludique puissant qui est également efficace dans le traitement d’autres maladies parasitaires, de certaines infections virales et de divers néoplasmes. L’artémisinine est également un herbicide allélopathique qui peut inhiber la croissance d’autres plantes. Malheureusement, le composé est rare et, par conséquent, les études sur sa production dans la plante présentent un intérêt, tout comme les méthodes peu coûteuses d’administration des médicaments.

Cette étude passe fait le point de nos recherches récentes sur la production d’artémisinine chez Artemisia annua au cours du développement de la plante, qui passe du stade végétatif à celui de la reproduction (floraison et formation de la fleur complète), en réponse aux sucres et de concert avec la production de dérivés réactifs de l’oxygène (radicaux libres). Nous apportons également de nouvelles données d’expérimentation sur modèle animal permettant de mesurer le potentiel d’utilisation directe de la plante séchée à des fins thérapeutiques. Ensemble, ces résultats synthétise une vision plus globale et inédite de la régulation de la biosynthèse de l’artémisinine chez A. annua. Nous proposons en outre une autre méthode peu coûteuse d’administration de médicaments pour traiter le paludisme et d’autres maladies tropicales négligées.

Conclusions :

Malgré la préférence de la communauté médicale moderne pour les médicaments à un seul composé actif, et la prévalence de ce type de médicament certains exemples illustrent les avantages souvent ignorés de l’utilisation de médicaments botaniques complexes par rapport aux médicaments purs de synthèse. Avec le potentiel de bénéfices synergiques, l’administration de médicaments via des sources naturelles peut être préférable à celle sous une forme isolée. Nous avons montré que, lorsqu’ils sont fournis directement à partir de matière végétale, des niveaux élevés d’artémisinine peuvent être détectés dans le sang des souris. Nous avons en outre proposé une méthode simple permettant d’assurer une dose contrôlée d’artémisinine via une administration « in planta » qui, combinée aux méthodes simples permettant de stimuler la production principe actif de la plante pendant qu’elle est cultivée, pourrait significativement pallier la pénurie d’artémisinine à faible coût disponible pour traiter le paludisme et d’autres maladies négligées dans les pays en développement.

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Pamela J. Weathers

2012

Dans un article scientifique publié dans PloS ONE, Pamela Weathers et son équipe montrent que les extraits tiges feuillées d’Artemisia annua ne possèdent pas seulement des propriétés antimalariales, mais sont plus efficaces à éliminer le parasite chez les souris que d’autres traitements.

« Dried whole plant Artemisia annua as an antimalarial therapy », Mostafa A Elfawal, Melissa J Towler, Nicholas G Reich, Douglas Golenbock, Pamela J Weathers, Stephen M Rich. (2012) PLoS ONE 7(12) : e52746. doi:10.1371/journal.pone.0052746

Résumé :

Les médicaments sont des armes essentielles pour réduire le paludisme chez les populations humaines. Cependant, l’émergence de parasites résistants a régulièrement réduit la durée de vie de chaque médicament mis au point et utilisé. L’artémisinine, qui est extraite des feuilles d’Artemisia annua, est actuellement l’antipaludique le plus efficace. En raison de propriétés pharmacocinétiques médiocres et des efforts prudents déployés pour réduire la résistance aux monothérapies, l’artémisinine n’est prescrite qu’en association avec d’autres antipaludéens constituant un traitement combiné d’artémisinine (ACT). La faible productivité de la plante et le coût supplémentaire des antipaludéens secondaires dans l’ACT rendent l’artémisinine coûteuse pour les pays en développement. En guise d’alternative, nous avons comparé l’efficacité de l’administration par voie orale des feuilles séchées de la plante entière Artemisia annua à une dose comparable d’artémisinine pure dans un modèle de lutte contre le paludisme (Plasmodium chabaudi) chez les rongeurs. Nous avons constaté qu’une dose unique d’extrait du totum de la plante (contenant 24 mg / kg d’artémisinine) réduit la parasitémie plus efficacement qu’une dose comparable de médicament purifié. Cette efficacité accrue peut résulter d’une augmentation documentée de 40 fois de la biodisponibilité de l’artémisinine dans le sang de souris nourries à la plante entière, par rapport à celle administrée avec un médicament de synthèse. Des avantages synergiques peuvent découler de la présence d’autres composés antipaludiques chez A. annua. S’il est démontré qu’il est cliniquement efficace, bien toléré et compatible avec l’impératif de santé publique de prévenir l’évolution de la pharmacorésistance, A. annua peu coûteux, cultivé et transformé localement, pourrait s’avérer être un outil supplémentaire efficace pour renforcer la politique mondiale de réduction de la morbidité et de la mortalité du paludisme.

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2014

Dans la thèse qu’il a soutenu en 2014, Mostafa Ahmed Elfawal, confirme à parti d’un modèle animal l’efficacité antipaludéenne d’Artemisia annua et la capacité de l’extrait du totum de la plante à contrer les résistance du plasmodium.

« Dried Whole Plant Artemisia Annua As A Novel Antimalarial Therapy », September 2014, Mostafa Ahmed Elfawal, B.Sc., Ain Shams University, M.S., Ain Shams University, Ph.D., University Of Massachusetts Amherst, Directed By : Professor Stephen M. Rich

Résumé :

[...] Les médicaments sont des armes essentielles pour réduire le paludisme chez les populations humaines. Les médicaments efficaces sont peu coûteux à fabriquer synthétiquement. Cependant, l’émergence de parasites résistants a été répétée. L’artémisinine, extrait des feuilles d’Artemisia annua, est le traitement antipaludique le plus efficace. En raison de mauvaises propriétés pharmacocinétiques et des efforts prudents visant à réduire la résistance à la monothérapie, l’artémisinine n’est prescrite qu’en association avec d’autres antipaludéen constituant un traitement par association d’artémisinine (ACT). La faible productivité d’Artemisia annua et le coût des antipaludéens secondaires dans l’ACT rendent l’artémisinine coûteuse pour les pays en développement. En guise d’alternative, nous avons comparé l’efficacité de la plante entière A. annua à une dose comparable d’artémisinine pure dans un modèle animal (souris) de paludisme.

Nous avons constaté que la parasitémie était réduite à une dose comparable de médicament purifié, sous la forme de souris infectées par Plasmodium chabaudi, et était efficace contre le Plasmodium yoelii déjà résistant. Ce produit peut être obtenu à partir de la biodisponibilité de l’artémisinine dans le sang de souris, par rapport à ceux du médicament de synthèse. Lorsqu’elle est accompagnée de matériel végétal, l’artémisinine pénètre dans la circulation sanguine, ce qui démontre un effet bénéfique de la matrice végétale sur la biodisponibilité de l’artémisinine. L’efficacité et la résilience accrues à la résistance aux médicaments peuvent résulter des synergies d’autres composés antipaludiques d’A. Annua, tels que les flavonoïdes et les terpénoïdes. Bien qu’efficaces contre Plasmodium, ni la plante enière ni l’artémisinine et l’artésunate ne sont efficaces contre Babesia microti. La réponse différentielle de B. microti et de Plasmodium à l’artémisinine est probablement due à des différences significatives dans leur biologie et leur métabolisme de l’hémoglobine.

Bien tolérée et compatible avec l’impératif de santé publique de prévenir l’évolution de la pharmacorésistance, le traitement peu coûteux à base d’Artemisia annua cultivée et transformée localement pourrait être un complément efficace à l’effort mondial visant à réduire la morbidité et la mortalité liées au paludisme.

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2015

Dans une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, les chercheurs du Worcester Polytechnic Institute avec leurs collègues de l’University of Massachusetts Amherst, montrent que les feuilles d’Artemisia arrivent à guérir des rats infectés par des souches de Plasmodium connues pour leur résistance à l’artemisinine. Dans une expérience parallèle, censée étudier l’évolution accélérée de la résistance du parasite en le faisant consommer à travers 49 générations de souris, aucun signe de résistance ne fût mis en evidence.

« Dried whole-plant Artemisia annua slows evolution of malaria drug resistance and overcomes resistance to artemisinin », Mostafa A. Elfawal, Melissa J. Towler, Nicholas G. Reich, Pamela J. Weathers, and Stephen M. Rich, Proceedings of the National Academy of Sciences, 2015 Jan 20 ; 112(3) : 821–826.

Résumé :

Les monothérapies contre le paludisme humain se sont révélées efficaces, bien qu’éphémères, en raison de l’évolution inévitable de parasites résistants. La résistance à deux médicaments ou plus administrés en association évoluera plus lentement. les thérapies combinées sont donc devenues la norme privilégiée dans la lutte contre le paludisme. La promotion de la thérapie d’association à base d’artémisinine a été au centre de ces efforts, mais malgré ces efforts, une résistance à l’artémisinine a commencé à apparaître. En 2012, nous avons démontré l’efficacité de la plante entière - pas une infusion ni une décoction - en tant que traitement du paludisme et nous avons constaté qu’elle était plus efficace qu’une dose comparable d’artémisinine pure dans un modèle de lutte contre le paludisme chez les rongeurs. Nous montrons ici que la plante entière surmonte la résistance existante à l’artémisinine pure pour le paludisme à Plasmodium yoelii. De plus, dans une sélection artificielle à long terme de la résistance chez Plasmodium chabaudi, nous avons testé la résistance de la plante entière à la résistance aux médicaments par rapport à l’artémisinine pure. Une résistance stable à la plante entière a été obtenue trois fois plus lentement qu’une résistance stable à l’artémisine pure. Le traitement avec la plante entière s’est avérée encore plus résistant que la double dose d’artémisinine pure. La résilience de la plante entière peut être attribuée au raffinement évolutif des produits métaboliques secondaires de la plante en un système de défense redondant à plusieurs composants. L’efficacité et la résilience du traitement des plantes entières contre le paludisme chez les rongeurs constituent des raisons impérieuses d’explorer plus avant le rôle des formes non pharmaceutiques d’artémisia purs dans le traitement du paludisme humain.

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2015

Une étude clinique menée au Bénin montre que l’extrait d’Artemisia a un taux d’efficacité supérieur à 95% dans sa une capacité d’action sur Plasmodium falciparum, taux retenu par l’OMS pour valider un traitement.

« Etude de l’efficacité et de la tolérance d’une tisane à base de Artemisia annua L. (Asteraceae) cultivée au Bénin pour la prise en charge du paludisme simple », Oscar Eric Akogbeto, Aurore Ogouyemi-Hounto, Fernand A. Gbaguidi, Dorothée Kinde-Gazard2, Achille Massougbodji, André Bigot, Brice Sinsin, Joëlle Quetin-Leclercq, Brigitte Evrard et Mansourou Moudachiro. International Journal of Biological and Chemical Science 9(2) : 692-702, April 2015

Résumé :

Artemisia annua L. est une plante annuelle, glabre, de la famille des Asteraceae et originaire de la Chine. Cette plante contient plusieurs sesquiterpènes dont l’artémisinine (0,01% à 1,4% du poids des feuilles sèches) et d’autres composés comme les flavonoïdes, les coumarines, les triterpènes, les stéroïdes, les composés phénoliques, les purines, les lipides et les composés aliphatiques. Cette plante a été acclimatée et cultivée au Bénin. Elle a ensuite été testée pour la prise en charge du paludisme simple par un essai clinique. La concentration en artémisinine de cette plante était d’environ 0,30%.Il ressort de notre étude que la tisane de Artemisia annua L. (Asteraceae) obtenue au Bénin a une capacité d’action sur Plasmodium falciparum avec un taux d’efficacité supérieur à 95%, taux retenu par l’OMS pour valider un traitement.

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Culture d’Artemisia à Parakou (Bénin)

2017

Une étude publiée dans la revue Phytomedicine par une équipe internationale menée par Pamela Weathers annonce la guérison de 18 patients soignés avec des tablettes de plantes sèches d’Artemisia annua – correspondant à une dose quotidienne de 50 mg d’artémisinine. Ces 18 patients Congolais ne pouvaient plus être soignés par la médecine conventionnelle de par la résistance de leur souche de Plasmodium aux remèdes ACT ou à l’artésunate. C’est la première fois qu’est publié dans une revue scientifique un tel succès avec des feuilles séchées d’Artemisia annua.

Source : Nsengiyumva Bati Daddy, Luc Malemo Kalisya, Pascal Gisenya Bagire, Robert L. Watt, Melissa J. Towler, Pamela J. Weathers. Artemisia annua dried leaf tablets treated malaria resistant to ACT and i.v. artesunate : case reports. Phytomedicine, 2017 ; DOI : 10.1016/j.phymed.2017.04.006
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Extrait de la traduction en français par Pierre Lutgen du compte-rendu anglais de cette recherche

Worcester, Mass. – April 24, 2017

Quand les remèdes prescrits n’arrivaient plus à guérir 18 impaludés en situation désespérée, leur médecin traitant dans une clinique du Congo, en se basant sur les procedures du “compassionate use” de l’EMA, a eu recours à un mécicament non encore officiellement autorisé et consistant en comprimés de feuilles séchées de la plante Artemisia annua (désignés sous DLA).

Il n’a fallu que 5 jours pour que tous les malades soient complètement guéris. Un tel résultat permet d’envisager une lutte efficace contre le problème croissant de la résistance aux medicaments antimalariaux.

Les détails des traitements sont décrits dans l’article .“Artemisia annua dried leaf tablets treated malaria resistant to ACT and i.v. artesunate : case reports”. Les médecins ayant réalisé ces traitements font partie d’une équipe internationale dirigée par Pamela Weathers, PhD, professor of biology and biotechnology at Worcester Polytechnic Institute (WPI). Le Pr Weathers depuis de longues années promeut l’utilisation de l’Artemisia annua comme remède contre le paludisme.

“A notre connaissance, ceci est le premier travail démontrant que l’administration de feuilles séchées de Artemisia annua permet de contrecarrer la résistance due aux ACT chez des humains”, selon les propos des auteurs de l’article de Phytomedicine, tout en reconnaissant que des essais cliniques à une plus large échelle sont souhaitables pour confirmer cette découverte. A leur avis, la guérison complète par les DLA de ces 18 cas résistant aux ACT devrait conduire à une intégration rapide de ce traitement, en Afrique et partout ailleurs où des résistances sont devenues évidentes.

Le rapport scientifique documente l’expérience de 18 impaludés dans la province du Nord Kivu de la République Démocratique du Congo. Tous avaient les symptomes évidents d’impaludés et furent en première instance traités par des ACT (artemisinin-based combined therapy) qui associe l’artemisinine extraite de la plante Artemisia annua avec une autre molecule active contre le parasite Plasmodium. Les 18 patients, dont l’âge s’étalait de 14 mois à 60 ans, ne répondaient plus au traitement ACT classique, leur état s’agravait conduisant à des évanouissements, à des problèmes respiratoires, à des convulsions et à des oedèmes pulmonaires. Un des patients, enfant de cinq ans, était tombé dans le coma. Dans une seconde étape tous furent traités par injection intraveneuse d’artesunate, traitement de dernier recours recommandé en cas de malaria sévère. Mais chez aucun des patients l’état ne s’améliorait.

C’est dans situation désespérée que les médecins ont eu recours au DLA (dried leave Artemisia), une thérapie développée et étudiée par Weathers et son équipe au WPI. Après 5 jours de traitement avec des comprimés constitués uniquement de feuilles sèches et moulues d’Artemisia les maladies étaient complètement guéris. Le produit avait été conditionné et analysé en detail selon les procédures mises au point par Weathers et Melissa Fowler, postdoctoral fellow. Les essais de laboratoire confirmaient que le sang des patients guéris était totalement exempt de parasites. En parallèle, Weathers avait pu observer que chez une centaine d’autres impaludés donnant des signes de résistance aux ACT, les DLA permettaient une guérison complète.

“Les 18 patients avec malaria sévère étaient en train de mourir”, nous dit Weathers, “et de constater une guérison totale, même de l’enfant comateux était surprenante Notre étude est de taille réduite, mais les résultats apportent un puissant message d’espoir”.

Selon l’OMS 212 millions de personnes étaient affectées par le paludisme en 2015 et quelque 429 000 en sont morts, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Cette maladie transmise par un moustique existe dans une centaine de pays et est une menace pour la moitié de l’humanité. Le remède ACT est difficile à produire, il est cher et d’accès difficile dans les regions reculées où le paludisme frappe le plus fort. Malheureusement, il donne des signes de résistance en de nombreux pays, non seulement en Asie du Sud-Ouest.

Weathers a commencé ses travaux de recherche portant sur l’artemisinine et l’Artemisia annua il y a déjà 25 ans. Au cours de dernières années son attention s’est portée sur les DLA comme remède alternatif. A noter que l’Artemisia annua est utilisée depuis des milliers d’années par les humains pour traiter plusieurs maux. Aux Etats-Unis elle est classée comme GRAS (generally considered as safe). Elle est généralement utilisée en tisane ou decoction, mais Weathers a émis l’hypothèse que la consommation de la plante entière pouvait être plus efficace que celle d’extraits ou d’infusions.

[...]

Weathers est de l’avis que l’efficacité supérieure des DLA comparés aux ACT, de même que leur capacité à tuer des parasites résistants, leur pouvoir même à éviter le piège de la résistance, est dû à la synergie entre un ensemble de molecules présentes dans les plantes, dont certaines ont déjà été étudiées pour leur pouvoir antipaludique et d’autres qui ne font qu’augmenter la concentration d’artemisinine dans le sang et gonfler ses propriétés. Les feuilles séchées constituent donc une polythérapie naturelle des plus robustes, dépassant de loin les effets des ACT et autres remèdes présentement en usage.

“Nous avons fait de grands efforts pour connaître la biochimie de ces constituants, dont font partie les flavonoides et les terpenes, et de comprendre le rôle qu’elles peuvent jouer dans les propriétés pharmacologiques”, nous dit Weathers. “A chaque nouveau pas dans notre recherche notre excitation s’accroît et de voir que les DLA peuvent devenir les remèdes de choix dans la lutte mondiale contre la malaria. Il a été démontré que Artemisia annua était efficace contre d’autres maladies tropicales et peut-être contre le cancer. Notre recherche continue”.

Un autre avantage de taille des DLA comparé aux traitements chimiques est leur bas coût et leur facilité de realisation. La fabrication d’ACT requiert des installations lourdes. Les DLA peuvent être réalisés avec un équipement relativement simple. Planter de l’Artemisia et fabriquer des comprimés sur place peut constituer une activité créant des emplois, tout en rendant accessible le remède dans les villages reculés.

En fait, Weathers fait déjà partie d’un réseau de plantations en Afrique de l’Est, conforme aux GMP (Good Manufacturing Practices). Des installations en Ouganda permettent de sécher, de moudre et d’homogéniser la poudre, de la compacter en comprimés et de les analyser sur leur contenu. C’est cette chaîne de production qui a permis de disposer des comprimés pour le traitement des 18 patients en RDCongo.

Et Weathers de conclure :” Une approche des plus simples qui peut être mise en place et gérée par les Africains pour les Africains”.

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Comprimés de tiges feuillées séchées d’Artemisia annua

2018

Pour la première fois une équipe internationale, publie les résultat d’une étude clinique de grande ampleur. L’essai clinique randomisé en double aveugle qui portait sur 1000 patients atteint de paludisme a permis de comparer l’efficacité des tisanes d’Artemisia annua ou afra à la combinaison ACT (Artesunate-Amodiaquine) dans le traitement du paludisme simple à Plasmodium falciparum dans la zone de santé de Kalima, Maniema, Congo (RDC). Sous Artemisia le taux de guérison parasitaire est de 99,5%. Il est de 79,5% sous ACT.

« Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions vs. artesunate-amodiaquine (ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, double blind, randomized clinical trial », Jerôme Munyangi , Lucile Cornet-Vernet , Michel Idumbo, Chen Lu, Pierre Lutgen, Christian Perronne, Nad`ege Ngombe, Jacques Bianga , Bavon Mupenda , Paul Lalukala , Guy Mergeai , Dieudonné Mumba , Melissa Towler, Pamela Weathers. 2018.12.02, Revue Phytomedicine, 52779

Résumé :

Contexte et objectif :

Des essais cliniques antérieurs à petite échelle ont montré que les infusions, décoctions, gélules ou comprimés d’Artemisia annua et Artemisia afra étaient peu onéreux, faciles à utiliser et efficaces dans le traitement du paludisme. Lors d’un essai à plus grande échelle dans le district de Kalima, en République démocratique du Congo, nous avons cherché à démontrer que les infusions d’A. Annua et / ou d’A. Afra étaient supérieures ou au moins équivalentes à l’artésunate-amodiaquine (ASAQ) contre le paludisme.

Les méthodes :

Un essai clinique à double insu et à répartition aléatoire auprès de 957 patients infectés par le paludisme comportait deux groupes de traitement : 472 patients pour ASAQ et 471 pour Artemisia (248 A. annua, 223 A. afra) restaient en fin d’étude. Les patients traités par ASAQ ont été traités en fonction de la posologie du fabricant, et les patients traités avec Artemisia ont reçu 1 L / jour de infusions sèches de feuilles et rameaux de la plante pendant 7 jours ; les deux bras avaient suivi 28 jours. La parasitémie et les gamétocytes ont été mesurés au microscope avec des résultats comparés statistiquement en fonction de l’âge et du sexe.

Résultats :

La teneur en artémisinine d’Artemisia afra était négligeable, mais les réponses thérapeutiques des patients étaient similaires à celles des patients traités par Artemisia annua : les trophozoïtes ont disparu après 24 heures, mais ont pris jusqu’à 14 jours chez les patients traités par ASAQ. Les taux de guérison du D28 définis comme absence de parasitémie étaient les suivants : pédiatrie 82, 91 et 50% pour Artemisia afra, Artemisia annua et ASAQ ; chez les adultes, les taux de guérison étaient respectivement de 91, 100 et 30%. L’élimination de la fièvre a pris 48h avec ASAQ, et seulement 24h avec Artemisia. À partir de J14-28, aucun patient traité par Artemisia ne présentait de gamétocytes détectables, tandis que 10 patients traités par ASAQ restaient porteurs de gamétocytes à J28. Un nombre plus élevé de femmes que d’hommes étaient porteuses de gamétocytes dans le groupe ASAQ mais non affectées dans le groupe Artemisia. L’hémoglobine est restée constante à 11 g / dL pour Artemisia afra après D1, tandis que pour Artemisia annua et ASAQ, elle a diminué à 9-9,5g / dL. Seuls 5,0% des patients traités par Artemisia ont signalé des effets indésirables, contre 42,8% pour l’ASAQ.

Conclusion :

Les infusions d’Artemisia Annua et d’Artemisia Afra sont des polythérapies avec de meilleurs résultats que l’ASAQ contre le paludisme. Contrairement à l’ASAQ, les deux Artemisias ont semblé rompre le cycle du paludisme en éliminant les gamétocytes. Cette étude mérite des recherches supplémentaires pour l’inclusion possible des infusions d’Artemisia comme alternative à la lutte contre le paludisme et à son éradication.

Etude au format Pdf ci-dessous :

Réactions à la publication de cette étude

La publication de cette étude démontrant à grande échelle l’efficacité supérieure de l’infusion d’Artemisia afra et d’Artemisia annua sur les médicaments ACT recommandés par l’OMS et l’industrie pharmaceutique pour le traitement du paludisme n’a pas manqué d’entraîner des réactions de la part de ces institutions.
L’étude a été notamment l’objet d’un communiqué de l’académie nationale de médecine condamnant l’étude de l’équipe internationale regroupant d’éminents chercheurs en matière de paludisme et de traitements alternatifs à base d’Artemisia. Les colonnes de la revue Phytomedecine qui avait publiée l’étude qui fait scandale a été le lieu d’un débat plus construit.

Communiqué véhément de l’académie de médecine :

L’article "Comment on "A. annua and A. afra infusions vs. Artesunate-amodiaquine (ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, double blind, randomized clinical trial" d’André Gilibert et al.

Réponse des auteurs de l’étude :

2018

Une autre étude clinique à grande échelle portant l’efficacité curative de l’Artemisia annua ou afra a été publié par la revue Phytomedicine en 2018. L’essai clinique bilharziose randomisé en double aveugle portait sur un échantillon de 800 patients. L’étude a comparé l’efficacité curative de l’Artemisia annua ou afra versus Prazicantel sur la schistosomiase au Maniema, Congo (RDC). Sous Artemisia le taux de guérison parasitaire est de 90%. Il est de 65% sous Prazicantel.

« Effect of Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions on schistosomiasis in a large clinical trial. » Jérôme Munyangi, Lucile Cornet-Vernet, Michel Idumbo, Chen Lu, Pierre Lutgen , Christian Perronne, Nadège Ngombe, Jacques Bianga, Bavon Mupenda, Paula Lalukala, Guy Mergeai, Dieudonné Mumba, Melissa Towler, Pamela Weathers. Phytomedicine 2018.10.014

Résumé :

Contexte et objectif :

La schistosomiase (bilharziose), une maladie tropicale grave négligée touchant des millions de personnes, comporte peu de traitements effeicace. Deux espèces d’Artemisia, Artemisia annua et Artemisia afra, ont donc été comparées au traitement standard actuel au praziquantel (PZQ) chez 800 patients procès, août-novembre 2015.

Méthodes :

L’essai clinique à double insu, randomisé et de supériorité comportait trois groupes de traitement : 400 pour PZQ, 200 pour A. annua et 200 pour A. afra. Les patients traités par PZQ ont suivi la posologie du fabricant. Les patients traités par Artemisia ont reçu 1 litre par jour d’infusions de feuilles et tiges sèches divisées en 3 aliquotes par jour, pendant 7 jours avec un suivi de 28 jours.

Résultats :

Sur 800 patients inscrits ayant en moyenne plus de 700 œufs de Schistosoma mansoni par échantillon de matières fécales, 780 ont terminé l’essai. Dans les 14 jours suivant le traitement, tous les patients traités par Artemisia ne présentaient aucun œuf décelable dans les frottis de selles, résultat obtenu 28 jours après le traitement. Les œufs dans les frottis fécaux des patients traités au PZQ étaient indétectables après le vingt et unième jour. Le méléna était plus présent chez les hommes que les femmes qui avaient participé à l’essai, mais les deux sexes répondaient également au traitement ; le vingt-huitième jour, la méléna a disparu chez tous les patients. Dans tous les bras, les taux d’éosinophiles ont diminué d’environ 27% entre le premier et le vingt-huitième jour. Entre le premier et le vingt-huitième jour, les augmentations d’hémoglobine étaient plus importantes chez les patients traités par PZQ et Artemisia afra que par ceux traités par Artemisia annua. Les augmentations d’hématocrite ont été plus importantes entre le premier et le vingt-huitième jour chez les patients traités avec PZQ ou Artemisia annua par rapport à ceux traités avec Artemisia afra. La comparaison entre les sexes a montré que les hommes traités par Artemisia afra présentaient des augmentations de l’hémoglobine et de l’hématocrite significativement plus importantes au vingt-huitième jour que les hommes traités avec PZQ ou Artemisia annua. En revanche, les femmes à PZQ et à Artemisia afra présentaient des augmentations d’hémoglobine et d’hématocrite plus importantes que celles de Artemisia annua. Les patients adultes et enfants traités avec Artemisia annua ont mieux répondu que ceux traités avec PZQ.

Conclusion :

Artemisia annua et Artemisia afra ont toutes deux fourni un traitement efficace plus rapide de la schistosomiase et devraient être envisagées pour une mise en œuvre à l’échelle mondiale.

2018

« Dried leaf Artemisia annua efficacy against non-small cell lung cancer », Dina J. Rassiasa, Pamela J. Weathers. Phytomedicine 52 (2019) 247–253

Résumé :

Contexte :

Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est un sous-type majeur de cancer du poumon de mauvais pronostic. L’artémisinine (AN), produite naturellement dans Artemisia annua L., a une activité anticancéreuse. L’artémisinine administrée sous forme de feuille séchée Artemisia a montré une efficacité contre le paludisme chez les rongeurs et les humains.

Hypothèse / Objectif :

Les feuilles séchées d’Artemisia est considérée comme étant au moins aussi efficace que l’artésunate dans sa capacité à induire une cytotoxicité dans les cellules CPNPC et à inhiber la croissance tumorale dans un modèle murin de xénogreffe CPNPC.

Conception des études :

Trois lignées cellulaires CPNPC ont été utilisées, une lignée de fibroblastes humains non cancéreuses et des modèles murins de xénogreffe pour comparer l’efficacité de l’artémisinine délivrée par voie orale. via les extraits de feuilles séchées d’Artemisia et l’artésunate.

Méthodes :

L’extrait de feuilles séchées d’Artemisia a été comparé à l’artésunate en utilisant les lignées cellulaires du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) A549, H1299 et PC9, ainsi que la lignée de fibroblastes du derme humain (HDF) non cancéreux (HDF) CCD-1108Sk. La viabilité cellulaire, la migration cellulaire et le cycle cellulaire ont été comparés pour AS et DLAe. Les Western ont mesuré les caspases-3, -8 et -9 activées pour déterminer l’implication de voies d’apoptose intrinsèques et / ou extrinsèques. Des modèles murins de xénogreffe de cellules A549 et PC9 ont été utilisés pour mesurer l’inhibition de la croissance tumorale par AS ou DLA, le volume tumoral étant le critère d’évaluation principal.

Résultats :

L’extrait de feuilles séchées d’Artemisia et l’artésunate ont tous deux supprimé la viabilité des cellules A549, H1299 et PC9 sans inhibition des cellules HDF CCD-1108Sk non cancéreuses. Les caspases 3, 8 et 9 ont été activées, ce qui suggère que la mort cellulaire a été stimulée par des voies apoptotiques intrinsèques et / ou extrinsèques. Les deux médicaments ont induit un arrêt G2 / M ou mitotique dans les cellules PC9 et H1299, et un arrêt G1 induit par l’extrait de feuilles séchées d’Artemisia dans les cellules A549. L’artésunate et l’extrait de feuilles séchées d’Artemisia ont induit des lésions de l’ADN sous forme de cassures double brin mises en évidence par la phosphorylation de l’histone H2AX. L’extrait de feuilles séchées d’Artemisia a inhibé la migration des cellules PC9 et A549. Dans A549 animaux xénogreffés, p.o. l’artésunate et les feuilles séchées d’Artemisia ont inhibé la croissance relative de la tumeur de 40% et 50%, respectivement, par rapport aux témoins. Le SA n’a pas réussi à inhiber la croissance tumorale induite par la PC9, mais les feuilles séchées d’Artemisia ont inhibé la croissance relative de la tumeur d’environ 50% par rapport aux témoins.

Conclusion :

Il s’agit de la première étude démontrant l’efficacité des feuilles séchées d’Artemisia et les différences mécanistiques entre l’extrait de feuilles séchées d’Artemisia et l’artésunate, par rapport aux cellules du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Comparé à l’artésunate, les feuilles séchées d’Artemisia possèdent les qualités d’un nouveau traitement pour les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC).

Etude au format Pdf ci-dessous :

Commentaire de l’étude :

Réponse des auteurs :

Mis en ligne par La vie re-belle
 8/08/2019
 http://lavierebelle.org/?artemisias-revue-des-recherches-recentes

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 communique-19-fevrier-2019.pdf

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 2018-comment_on_effect_of_a._annua___a._afra_infusions_o (...)

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 2019_-_response_to_argemi_et_al._2019.pdf