Intugurusumu - L’ail

Condiment et alicament précieux

L’ail, un alicament essentiel

Condiment apprécié dans le monde entier, l’ail qui possède aussi des propriétés pharmacologiques importantes est un excellent exemple du rôle que joue l’alimentation en matière de santé.

Bien qu’abusivement attribuée à Hippocrate la maxime « que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture » est particulièrement vérifiée avec l’ail cru dont la consommation régulière renforce le système immunitaire, réduit l’incidence des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, du cancer, de l’hypertension et de la grippe et de bien d’autres maux.

Nom botanique et noms vernaculaires :

L’ail fait partie de la famille des Alliacées. Depuis Linné, le nom botanique de la plant est Allium sativum. L’étymologie du mot Allium est incertaine. Elle peut dérivé du latin olere, « sentir », du grec hallesthai, « surgir », en raison de sa croissance rapide ou encore du grec « aglis » qui désignait le bulbe et de manière plus lointaine du sanskrit « aluh » qui désigne un plante à bulbe. Le qualificatif « sativum » signifie quant à lui « cultivé ».

Les Grecs et les Romains de l’Antiquité appelaient l’ail « scorodon ».

Le nom rwandais Intungurusumu est dérivé du swahili Kitunguu saumu.

Le latin « Allium » est à l’origine du nom français « ail », du provençal « alh, aille, du catalan « all », du castillan « ajo », du portugais « alho », et de l’italien « aglio »

Le nom anglais « garlic » est dérivé de l’ancien anglais « gar » désignant une lance et « leak » désignant le bulbe de la plante.

Histoire de la plante

Originaire des steppes de l’Asie centrale, l’ail a été domestiqué depuis la plus haute antiquité. Tout comme l’oignon (Allium cepa), l’ail a migré par l’Asie Mineure vers l’Egypte. Les anciens Égyptiens systématisèrent la culture de ces deux plantes, qui devinrent ensuite des condiments apprécié dans tout le bassin méditerranéen. L’ail était alors considéré comme sacré, divin et aussi comme aphrodisiaque. Sans l’oignon, l’ail et le raifort, dit-on, il aurait été impossible de construire les pyramides de Guizèh. Les vertus médicinales de ces trois plantes condimentaires auraient permis de protéger des épidémies et de la consomption les masses humaines employées sur les chantiers.

Chez les Romains, le peuple, les soldats, les moissonneurs, se nourrissaient d’ail. Avant de descendre dans l’arène, les gladiateurs en mangeaient quelques gousses pour avoir plus de force et de courage.

Décrite par Hippocrate, Galien et Dioscoride, les usages médicinaux de l’ail sont aussi cités dans les livres de simples du Moyen Âge. Au XVIe siècle, Lonicerus qualifiait l’ail de « thériaque des paysans », c’est-à-dire de panacée. Il le recommandait en cas de « tumeurs du corps », pour ramollir les ulcères, les ouvrir et en extirper le pus. Les indications privilégiées étaient les affections cutanées, les infections, les parasites intestinaux, l’insuffisance rénale, le catarrhe bronchique et les maux de ventre. Selon lui, il fallait planter les gousses, qui se multiplient par division végétative, et non pas semer les graines d’ail car la plante deviendrait toxique au bout de six ans.

Composition

La gousse d’ail renferme des polysaccharides de réserve (des fructanes), des acides aminés, des enzymes (aliinase, peroxydase), du sélénium et surtout des composés soufrés responsables de la majorité des propriétés pharmacologiques.

Un constituant organo-soufré important de l’ail frais est l’aliine. Ce composé est sans odeur, mais dès que l’ail est haché ou écrasé, la libération d’un enzyme, l’aliinase dégrade l’aliine et transforme ce composé en aliicine à l’odeur puissante, qui est elle-même rapidement oxydée à l’air et devient du disulfure de diallyle à l’odeur également marquée caractéristique de l’ail.

L’aliicine peut aussi se condenser, on obtient alors des composés secondaires, les ajoènes, pharmacologiquement moins actifs. La cuisson transforme rapidement, en quelques minutes, tous ces composés soufrés en produits de condensation cyclique ( vinyldithiine ) alors qu’il faut plusieurs heures à température ambiante.

Il est assez difficile de caractériser l’action pharmacologique de chaque composé soufré, on préfère en général parler des propriétés de l’ail sans spécifier les composés en cause (sauf exception : aliicine, ajoènes).

Par voie digestive l’aliine est rapidement absorbée (10 mn) et excrétée en 6 heures environ. L’aliicine et les composés de condensation sont absorbés plus lentement (1/2 H à 2 H) et persistent plus longtemps dans les tissus (2 à 4 jours).
Les études des propriétés de l’ail se sont focalisées sur l’étude de l’allicine, qui est un composé très importante de l’ail, mais plus de 25 autres substances recensées ont aussi une activité thérapeutique.

Propriétés démontrées :

- anti-athéromateuse (anti-artériosclérose),
- anti-hypertensive
- anti-lipidémiante,
- fibrinolytique (contribue à la dissolution des caillots sanguins)
- anti-aggrégante plaquettaire,
- immunostimulante,
- antibiotique,
- antiparasitaire

Propriétés en cours d’étude

- L’ail protège, semble-t-il, de certains cancers digestifs.

Recommandations d’utilisation

- La consommation régulière d’ail cru joue un rôle prophylactique.

- L’ail cru contient le plus de composés actifs.

- Écraser, piler ou râper les gousses d’ail active une réaction qui rend l’allicine plus bio-disponible.

- Râper l’ail frais avec une râpe microplane est le meilleur moyen d’activer les composés de l’ail

- Laisser reposer l’ail râpé à l’air 10 à 15 minutes minutes permet des transformations chimiques des enzymes de l’ail qui sont alors plus actifs.

- L’ail serait encore plus efficace lorsqu’il est mangé à jeun.

- La cuisson altère certaines propriétés médicinale de l’ail notamment ses propriétés antibiotiques. En effet l’enzyme et qui permet la formation de l’allicine et des autres composés sulfurés de l’ail est désactivée par la chaleur. Selon le mode et le temps de cuisson de l’ail, les composés sulfurés formés sont différents et la quantité d’antioxydants peut diminuer. Pour ces raisons, les propriétés de l’ail cru sont supérieures à celles de l’ail cuit. Pour préserver le maximum de composés actifs n’ajouter l’ail aux préparations culinaires seulement en fin de cuisson.

Préparations médicinales

L’ail peut tout simplement être consommé régulièrement, en prévention, même lorsqu’on n’a pas de problèmes de santé particulier. Il régule la flore intestinale, stimule l’immunité, protège les poumons, les artères et participe à la prévention du cancer.

Le mode le plus simple de consommer l’ail est de le hacher, le piler ou râper et de le manger cru après l’avoir laissé reposer à l’air aux moins dix minutes.

L’ail cru peut être ajouté à du fromage frais avec de la ciboulette, ou du fromage de chèvre, mélangé à de l’huile d’olive, du miel, du vinaigre ; associé à de la salade, des légumes cuits... L’ail peut aussi être conservé et consommé confit dans le vinaigre ou l’huile.

Miel à l’ail

Ingrédients et matériel : une dizaine de gousses d’ail ; une tasse de miel (env. 335 g) ; un bocal en verre.

- Peler puis piler ou hacher l’ail finement.

- Laisser reposer l’ail pilé à l’air cinq minutes.

- Verser le miel dans le bocal

- Ajouter l’ail et remuer pour homogénéiser sa répartition dans le miel.

- Refermer le bocal et le laisser à l’abri de la lumière à température ambiante pendant au moins 7 jours.

- Une fois ce temps écoulé, il est possible de profiter des bienfaits de cette préparation qui se conserve trois mois. Prendre une cuillère à jeun en cure d’une semaine est l’usage le plus recommandé.

Teinture d’ail

- Couper cent grammes de gousses d’ail en tranches très fines et les mettre dans un bocal.

- Recouvrir avec 200 ml d’alcool fort, 80° minimum.

- Laisser macérer pendant une dizaine de jours

- Agiter souvent puis filtrer au moyen d’un linge fin

- Conserver dans un flacon bien bouché. La teinture se conserve environ un an.

La teinture peut être prise deux à trois fois par jour à raison de 20 à 30 gouttes par jour par cures discontinues de quelques jours

Infusion d’ail

Laisser infuser pendant 20 mn deux cuillerées à soupe d’ail haché dans un 1 :4 de litre d’eau bouillante.

Huile à l’ail

Bien mélanger une partie d’ail écrasé avec deux parties d’huile végétale. Ce mélange peut être conservé au réfrigérateur sinon il doit être utilisé dans la journée. Utiliser ce mélange dans la journée en l’absence de réfrigérateur. Au-delà de cette durée, des bactéries peuvent produire des toxines botuliques dangereuses. Le botulisme alimentaire est une maladie rare, mais potentiellement mortelle s’il n’est pas diagnostiqué rapidement.

Vinaigre d’ail

Faire macérer 3 cuillerées à soupe d’ail haché dans un demi-litre de vinaigre de cidre pendant 10 jours.

Indications et
préparations associées

Utilisations externes

Précautions

L’ail est corrosif et peut être dangereux pour la peau saine particulièrement après une utilisation prolongée. L’application d’ail ne doit pas dépasser la partie à traiter. Prendre la précaution d’enduire la peau saine autour de la zone traitée avec une matière grasse.
Éviter le contact avec les yeux.

Abcès, furoncles et verrues

Écraser l’ail frais et appliquer en compresse changée deux fois par.

Morsures et piqûres d’insectes

Appliquer une tranche d’ail sur la piqûre. L’ail désinfecte la plaie et soulage également la douleur et les démangeaisons.

Cor au pied

Appliquer une gousse écrasée ou une rondelle d’ail sur le cor sans déborder de la zone affectée et la fixer avec une bande, chaque jour jusqu’à la chute du cor (après 8 à 10 jours)

Plaies

Le vinaigre d’ail peut être utilisé pour désinfecter et panser les plaies.

Infections fongiques, y compris le pied d’athlète

Couvrir la zone touchée avec du jus d’ail frais écrasé ou de l’huile d’ail broyée.

Rhumatisme

Masser la zone douloureuse avec l’huile d’olive dans lequel de l’ail pilé a macéré.

Gale

Faire bouillir 8 gousses d’ail pendant 20 minutes dans un litre d’eau. Laver les parties atteintes avec cette décoction. Laisser sécher à l’air sans essuyer. Puis appliquer une pâte faite à base de jus d’ail et d’argile sur les parties affectées.

Douleurs musculaires

Massage avec l’huile d’ail.

Impétigo

L’huile de l’ail serait un remède très efficace contre l’impétigo. En mettant de l’huile d’ail sur les endroits irrités, les démangeaisons disparaîtraient en une demi-heure

Maux de dents

Au premier signe de maux de dents, placer une tranche d’ail sur la zone touchée entre la joue et la dent, ou la maintenir sur le dessus de la dent avec les dents de l’autre mâchoire. L’effet de brûlure sur la joue ou la langue diminuera après quelques minutes. L’ail tue les bactéries responsables de la carie dentaire, car il est capable de pénétrer à la fois dans la chair, l’émail et la dentine de la dent. L’ail est un antibiotique très efficace pour traiter les abcès dentaires.

Usages internes

Stimulation du système immunitaire

La consommation d’ail cru, et miel d’ail de cette préparation soutient le système immunitaire et contribue à la protection contre les virus, les bactéries pathogènes.

Fatigue et stress

Boire un mélange d’ail + jus de citron + miel + lait de coco.

Boire trois fois par jour deux cuillères à soupe de vinaigre d’ail mélangées avec de l’eau tiède et une cuillère de miel.

Toux, rhumes, sinusites et maux de gorge

Le miel à l’ail est bénéfique en cas de toux d’origine virale ou bactérienne. Il a un effet expectorant qui favorise l’élimination du mucus en plus de permettre de calmer la sensation d’irritation dans la gorge. Si on n’a pas de miel à l’ail, préparé selon la recette citée plus haut on peut piler une cuillerée à café de gousses d’ail et mélanger avec la même quantité de sucre ou de miel et l’utiliser immédiatement. Prendre une cuillerée à café de l’une ou l’autre préparation régulièrement dans la journée.

Les composés de cette préparation sont actif contre les virus et de booste l’activité des anticorps dont le rôle est de protéger les voies respiratoires.

On peut prendre une cuillère à café d’huile d’ail six fois par jour ou encore.

On peut aussi mélanger deux cuillère soupe de vinaigre de cidre à l’ail avec de l’eau tiède et boire l’estomac vide, trois fois par jour. Répétez jusqu’à ce que le rhume et la toux disparaissent.

Bronchite

Puissant désinfectant des poumons lors des bronchites, l’ail fluidifie la production de mucus, facilite l’expectoration et détruit les pathogènes au passage. L’haleine aillée vient tout autant des poumons que de la bouche, signe que les substances aromatiques de l’ail sont relâchées au niveau des alvéoles pulmonaires.

Tuberculose pulmonaire

Prendre une demi-tasse de vinaigre d’ail après chaque repas.

Ajouter la consommation d’ail frais écrasé, 3 à 5 gousses après chaque repas. Mâcher et avaler à l’eau tiède.

Diabète

Manger beaucoup et régulièrement de l’ail cru ainsi que de l’oignon. Ces deux alliacées réduisent la glycémie, le cholestérol sanguin et l’hypertension artérielle.

On peut également manger un mélanger d’ail et de persil frais.

Hypertension artérielle, prévention de l’artériosclérose (durcissement des artères)

Les préparations citées pour le traitement du diabète peuvent être également utiles en cas d’hypertension. On trouve également les propositions suivantes :

- Laisser macérer le soir avant de se coucher une gousse d’ail bien écrasée dans un verre qu’on boit le matin à jeun.

- Laisser macérer pendant trois jours de l’ail et du jus de citron. Boire un petit verre, deux fois par jour.

Consommer de l’ail et du miel à jeun tous les matins.

L’effet hypotenseur des préparations à base d’ail seul est modeste. Elles peuvent participer à faire baisse une tension artérielle trop haute mais ne sont pas suffisante pour réguler la tension. Pour avoir un effet important, il faut combiner l’ail avec des feuilles d’olivier, de la passiflore ou avec des plantes à action très diurétique.

Troubles circulatoires

La consommation d’ail cru améliore et accroît la circulation sanguine à travers le foie.

La teinture d’ail stimule les contractions du muscle cardiaque et a une action vasodilatatrice sur les artères coronaires.

Toutes les formes testées dans les études – ail frais, ail cuit, ail sec et en poudre - démontrent les propriétés cardiovasculaires et anticancer :.

L’association des composants soufrés de l’ail et les nutriments du miel sont particulièrement bénéfiques pour le système circulatoire. Ils ont tous deux un effet tonifiant et anticoagulant sur les veines, ce qui aide à prévenir l’apparition caillot de sang et de troubles tels que les varices et la thrombose. Ceci est particulièrement important pour les patients qui sont confinés au lit pendant longtemps.

Témoignage : « Lorsque mon grand-père s’est fait opérer du cœur, le médecin lui a prédit encore dix ans de vie maximum. On lui a conseillé de prendre tous les matins une gélule d’ail et à chaque repas pour se protéger du cholestérol et de boire des infusions d’ortie pour fluidifier le sang. Il a vécu 30 ans de plus.

Maladie cardiaque

Boire trois fois par jour l’estomac vide deux cuillères à soupe de vinaigre d’ail mélangé avec de l’eau tiède et buvez-la à jeun 3 fois par jour.

Mettre une serviette sur la poitrine, à l’endroit de la douleur, et versez le vinaigre à l’ail sur le dessus de la serviette pour faire un cataplasme.

Laissez-le pendant une heure, une fois par jour. Vous pouvez combiner avec un massage doux en malaxant la poitrine. En cas d’irritation cutanée, mettez de l’huile d’olive sur la peau.

Digestion difficile

Prendre après le repas une tisane d’ail (deux gousses dans un litre d’eau bouillante).

Dysenterie bacillaire

Prendre une demi-tasse de vinaigre d’ail après chaque repas jusqu’à ce que la maladie disparaisse.

Fibromes

Témoignage : « J’avais depuis 25 ans des douleurs importantes à cause de mes fibromes intramusculaires, et je devais me faire opérer. J’ai suivi un « traitement » consistant à manger cru un peu d’ail à tous les repas ou à prendre une ou deux gélules de poudre d’ail lyophilisé. Après 15 jours mes douleurs étaient là mais l’hémorragie avait diminué, après un mois et demi les douleurs avaient diminué au point de ne plus prendre d’antalgique, après 3 mois plus de migraine au moment des règles. »

Rhume de cerveau

Respirer plusieurs fois par jour de l’ail écrasé ou haché permettrait de soulager voire guérir le rhume. Un médecin affirme que si on met une gousse d’ail dans la bouche aux premiers signes de rhume. de chaque côté, entre les joues et les mâchoires, le rhume disparaît en quelques heures, ou au plus en une journée ; cas, le nez bouché et coulant guérit entre 15 et 20 mn.

Régulation du mauvais cholestérol (LDL)

L’allicine libérée par l’ail aide à la détoxification du sang et à l’élimination du surplus de cholestérol. Le mélange ail/miel permet aussi de contrôler les triglycérides (taux de graisse dans le sang).

Troubles inflammatoires

Consommer de l’ail et du miel permet de réduire les inflammations et de soulager les troubles tels que l’arthrite.

Troubles hépatiques

Prendre une cuillerée à café d’ail haché mélangée à une cuillerée à soupe d’huile d’olive le soir avant le coucher revigore le foie.

Hépatite virale

Prendre une demi-tasse de vinaigre d’ail après chaque repas. En cas de syndrome de fatigue, ajouter 1 cuillère café de miel jusqu’à amélioration des symptômes. Prendre beaucoup de repos pendant la période de récupération.

Infections

L’ail est un médicament efficace contre les virus et autres infections. On écrase 5 gousses dans la salade verte ou on mélange de l’ail pilé avec du beurre que l’on tartine sur du pain. En plus. on boit un verre d’eau chaude dans laquelle on a mélangé 4 cuillerées à soupe de vinaigre de cidre et 2 cuillerées à soupe de miel

Règles douloureuses

Prendre 2 à 3 gousses d’ail pat jour et 4 à 5 pendant les Jours difficiles. L’ail est un emménagogue qui a fait ses preuves et stimule le flux menstruel. Il guérit les crampes dues aux règles .

Hémorroïdes

- Faire une cure de jus d’ail frais pendant une semaine.

Calculs urinaires

Laisser infuser pendant 20 mn deux cuillerées à soupe d’ail haché dans un 1 :4 de litre d’eau bouillante.
Prendre un verre le matin à jeun et un autre le soir avant de se coucher.

Fièvre typhoïde et autres infections

En cas de fièvre typhoïde, de dysenterie bacillaire, de tuberculose, de choléra, de trypanosomiase (maladie du sommeil), ajoutez toujours l’ail au traitement habituel.

Infections

L’ail cru agissant à la fois en interne et en externe en tant que désinfectant, il est utile dans le traitement de toutes les maladies infectieuses ; typhoïde, vers, bilharziose, paludisme, intoxication septique au sang, etc.

Candidose

Prenez une cuillère à café d’ail ou de miel à l’ail toutes les quelques heures. Gardez dans la bouche le plus longtemps possible.

Paresse de la thyroïde

Les aliments permettant la guérison de la thyroïde sont ceux qui la nourrissent et ceux qui purifient le système tout entier. La thyroïde se nourrit de l’iode organique contenu dans certains aliments comme l’ail, la meilleur des sources, l’oignon, le maïs, le sel gris, le citron, le jaune d’œuf et les fruits de mer. Ces aliments dépurent le corps et nourrissent la glande thyroïde. L’iode ne peut être assimilé sans vitamine E, mais cette dernière est présente dans d’autres aliments dépuratifs tels que les salades et les légumes frais à feuilles.

Hémorroïdes

Prendre une demi-tasse de vinaigre d’ail après chaque repas jusqu’à ce que les hémorroïdes s’améliorent. Ensuite, réduisez à la dose d’entretien de 1 c. À thé après chaque repas.

Parasites intestinaux

Prendre une demi-tasse de vinaigre d’ail après chaque repas.

Amibes

Coupez l’ail en très petits morceaux et prenez une grosse cuillerée avec du thé 3 fois par jour (ne pas mâcher, pour éviter la mauvaise haleine). Continuer pendant 7 jours.

Oxyures

Laisser cuire à petits bouillons pendant vingt minutes trois cuillerées à soupe d’ail haché dans du jus de citron. Boire cette potion le matin à jeun et vers le soir, ceci pendant trois à quatre jours. Répéter ce traitement chaque mois pendant 3 mois.

Ascaris

Laisser macérer pendant douze heures deux cuillerées à soupe d’ail haché dans six cuillerées à soupe de jus de citron. Prendre 2 cuillerées à soupe 3 fois par jour 2 heures avant les repas.

Ténia

L’ail haché, décocté dans du jus de citron est efficace dans ce traitement. Prendre 2 cuillerées à soupe 3 fois par jour 2 heures avant les repas.

Résultats de recherche

Action sur les lipides sanguins, l’athérome, la pression artérielle.

Chez l’animal (études sur le rat, le poulet, le lapin ) la consommation d’ail fait chuter de façon significative le taux de cholestérol et des triglycérides.

Chez l’homme, même si les protocoles expérimentaux sont parfois critiqués, on observe en général une diminution de 9 à 12% du taux de cholestérol sanguin au bout d’un mois de traitement (600 à 900 mg de poudre d’ail standardisée à 1,3% d’aliine, par jour) et surtout au bout de 4 mois de prise régulière. Cette baisse n’est pas une énorme, mais est loin d’être négligeable

On observe une modification favorable du rapport LDL/HDL (lipoprotéines qui transportent le cholestérol dans le sang) , avec augmentation des "bonnes" lipoprotéines (HDL) et diminution des autres.

Une hypothèse intéressante formulée par des chercheurs est que ses résultats seraient obtenus non au travers d’un effet où l’ail bloque la production de cholestérol au niveau du foie et empêche notre corps de faire son travail, mais plutôt au travers d’un effet antioxydant et protecteur.

L’ail bloquerait en particulier l’oxydation du LDL, et permettrait une meilleure utilisation du cholestérol en circulation. De ce fait, le corps aurait besoin de moins en fabriquer. L’ail aurait ainsi t un effet régulateur du métabolisme du cholestérol.

Parallèlement les plaques d’athérome semblent se réduire en surface (10 à 20%) et en épaisseur (3%). Néanmoins cette chute du cholestérol sanguin ne s’observe que dans les hypercholestérolémies modérées et pas dans les cas de maladies familiales ou congénitales. L’effet sur la pression artérielle est faible à modéré : 5 à 7% de diminution.

Action fibrinolytique et anti-thrombotique

Plusieurs actions se conjuguent pour améliorer la circulation sanguine, limiter la formation de caillots et le développement de la plaque athéromateuse.

Des études montrent que l’ail est contribue à la prévention de la plaque artérielle qui s’accumule sur la paroi des artères, leur font perdre leur élasticité. Au long terme, ceci peut entraîner une obstruction, ou provoquer un détachement d’un morceau de plaque et entraîner un infarctus du myocarde ou un AVC.

L’ail permet de réduire la perte d’élasticité liée au vieillissement des artères. Une étude menée sur 4 ans montre que grâce à l’ail, le volume de plaque dans l’artère carotide et fémorale progressent moins vite chez les personnes prenant de l’ail et parfois va même régresser.

L’agrégation plaquettaire induite est nettement diminuée (jusqu’à 30%) quand la cholestérolémie est normale ou faiblement augmentée (étude sur 10 mois). L’effet plasmatique est rapide : on note 6 à 8 heure après absorption de 900mg de poudre d’ail (standardisée à 1,3% d’aliine) une amélioration de la viscosité plasmatique et du débit capillaire ; il y a rapidement diminution de l’agrégation des plaquettes et augmentation de la fibrinolyse (jusqu’à 70%) pendant une 12 d’heures environ.

Action hypotensive

L’ail a un effet hypotenseur modeste. Selon les études l’ail induit diminution de 0,46 à 1,6 la pression systolique et de 0,9 pour la pression diastolique.

Action immunostimulante et antibiotique

In vitro, l’aliine et aliicine augmentent l’activité phagocytaire et la cytotoxicité des "cellules tueuses", lymphocytes NK et K. On observe une action synergique avec l’interleukine 2 (IL2).

L’aliicine possède un pouvoir antimicrobien sur les entérobactéries, certains streptococoques et staphylocoques mais apparemment pas sur Helicobacter pylori qui est responsable de nombreux ulcères gastriques.

L’ail a un effet stimulant du système immunitaire. Les cellules immunitaires sont mieux armées, plus actives face à tout type d’infection lorsqu’on prend de l’ail. Les études montrent que le système immunitaire est aussi plus apte à faire face aux cellules cancéreuses.

L’ail contient aussi des substances prébiotiques qui permettent un bon développement de la flore intestinale qui a une influence majeure la qualité des défenses immunitaires.

L’ail a un effet antibactérien, antiviral et antifongique puissant par contact. Il agit aux endroits où il a accès, sur les infections entériques résistantes par exemple.

Une étude montre qu’une crème contenant 1% d’ajoene (l’une des substances actives de l’ail) est efficace pour éliminer l’infection fongique appelée pied d’athlète.

Pouvoir antiviral

L’ail a un pouvoir antifongique assez marqué sur Candida albicans, Cryptococcus et Histoplasma.

Les ajoènes sont également antifongiques.

Protection contre la dégénérescence cancéreuse

Plusieurs études nord américaines suggèrent qu’une alimentation riche en ail est associée à un risque moindre de survenue de cancer digestif (gastrique ou colique). L’effet observé serait plutôt préventif que curatif.

Par ailleurs, l’ail est riche en sélénium, métabolite au pouvoir antioxydant dont des études laissent à penser qu’il aide à prévenir la dégénérescence cancéreuse.

Aquarelle de Danièle Fraboulet

Document

Pline, Histoire naturelle

LIVRE XX, Traitant des remèdes fournis par les plantes de jardin

L’ail a beaucoup d’énergie ; il est d’une grande utilité quand on change d’eaux et de lieux. II chasse les serpents et les scorpions par son odeur ; et, comme quelques-uns l’ont rapporté, c’est, contre les blessures faites par toutes les bêtes, un remède soit en boisson, soit en aliment, soit en topique. En particulier il est utile contre le serpent hémorrhoïs : pour cela il faut le prendre avec du vin, et le rendre par le vomissement. Nous ne serons pas surpris qu’il ait de la vertu contre la morsure venimeuse de la musaraigne, puisqu’il neutralise l’aconit (XXVII, 2), autrement dit pardallanches. Il neutralise la jusquiame ; il guérit les morsures des chiens, quand on l’applique avec du miel sur les plaies. 

Contre les morsures des serpents on le prend en breuvage, et l’on fait avec les feuilles, dans de l’huile, un topique très efficace. Il est bon pour les meurtrissures , même quand II s’y est formé des ampoules. Hippocrate (De morb mul, I, 74) a pensé que les fumigations faites avec l’ail provoquaient la sortie de l’arrière-faix. Il en a employé la cendre dans de l’huile pour guérir les ulcérations humides de la tête. On a prescrit aux asthmatiques l’ail cuit, on a prescrit aussi l’ail cru et pilé. Dioclès le donne aux hydropiques avec la centaurée, ou dans une figue fendue en deux, pour procurer des évacuations alvines ; l’ail bu frais dans du vin pur avec la coriandre procure ce résultat avec plus d’efficacité. Quelques-uns l’ont donné pilé dans du lait aux asthmatiques.

Praxagore le fait prendre dans du vin contre la jaunisse, et dans de l’huile et de la bouillie contre l’iléus ; Il en fait aussi un topique contre les écrouelles. Les anciens le donnaient cru aux fous. Dioclès l’a donné bouilli aux phrénétiques. Contre les angines il est bon, pilé en application et en gargarisme. Trois gousses d’ail pilées dans du vinaigre diminuent la douleur des dents ; on obtient le même résultat en se lavant la bouche avec une décoction d’ail, et en mettant l’ail lui-même dans les dents creuses. 

On en distille le suc avec de la graisse d’oie (XXIX, 39) dans les oreilles. Il arrête la maladie pédiculaire et le porrigo, bu ou pilé avec du vinaigre et du nitre ; les catarrhes, avec du lait, ou broyé et mêlé avec du fromage mou. De cette façon Il est bon pour l’enrouement et pour la phtisie , pris avec un bouillon de fèves. En général il vaut mieux cuit que cru, bouilli que rôti, et de celte façon il est utile à la voix. Il expulse les ténias et les autres vers Intestinaux, cuit dans de l’oxymel dans une bouillie, il guérit le ténesme. Bouilli et en topique, il guérit les douleurs des tempes. Cuit avec du miel, puis pilé, il est bon contre les pustules. II est bon contre la toux, cuit avec de la vieille graisse ou avec du lait ; contre le crachement de sang ou le crachement de pus, cuit sous la cendre et pris avec une quantité égale de miel ;contre les convulsions et les ruptures, avec du sel et de l’huile. Avec la graisse, il guérit les tumeurs suspectes ; avec du soufre et de la résine, il attire en dehors l’humeur des fistules ; avec de la poix, il fait sortir les flèches. 

Il déterge la lèpre, le lichen, le lentigo, et il guérit, avec l’origan, ou réduit en cendres et appliqué en liniment avec l’huile et le garum. Il s’emploie de la même façon contre l’érysipèle. Brûlé et incorporé au miel, il rend aux parties contuses ou livides leur couleur naturelle. Pris dans les aliments et dans les boissons, il passe pour guérir l’épilepsie. Une gousse avalée avec une obole (0 gr., 75) de silphion (XIX, 15), dans du vin astringent, passe pour dissiper la fièvre quarte. II guérit la toux et les suppurations de poitrine, quelque grandes quelles soient : on le fait cuire avec de la fève concassée, et on use de cet aliment jusqu’à ce que la santé soit recouvrée. 

Il est soporifique, et en général il donne au corps une couleur plus vive. II est aphrodisiaque, pilé avec de la coriandre fraîche et bu dans du vin pur. Les inconvénients de l’ail sont d’affaiblir la vue, de causer des flatuosités, de faire, pris en trop grande quantité, mal à l’estomac, et de donner de la suif. Du reste, mêlé avec le blé, et donné en aliment aux poules et à la volaille, il les préserve de la pépie (C, 78 ). On dit que les bêtes de somme urinent facilement et sans douleur si on leur frotte avec l’ail pilé les parties sexuelles.

Aquarelle de Françoise Tolbiac

Document :

Cazin_François-Joseph
Traité des pratique et raisonné des plantes indigènes

AIL. Allium sativum. L.
Allium hortense. FRICHS.
LILIACEES.— HYACINTHINÉES. Fam. nat. — HEXANDRIE MONOGYNIE. L.

L’ail croît spontanément en Sicile, en Espagne, en Egypte. Il est cultivé dans les jardins pour l’art culinaire. Il est un objet de grande culture dans le Midi, où des champs entiers en sont annuellement couverts.

Description. — Racines fibreuses, bulbe composé de plusieurs petits cayeux nommés gousses, couverts de tuniques très-minces portées sur une sorte de plateau charnu qui jette de nombreux filaments, des espèces de chevelus, qui sont la seule véritable racine. — Tige de 30 centimètres et plus de haut, cylindrique. — Feuilles aplaties, linéaires. —Fleurs blanches ou rougeâtres, à six pétales oblongs, étroits, concaves, droits, sortant d’une spathe ovale, réunis en ombelle arrondie [entremêlées souvent de bulbilles charnus et écailleux.]— Etamines trifides (juin et juillet). Semences sous-orbiculaires.

[Culture, récolte. — L’ail est cultivé dans tous les jardins potagers ; on peut le propager par graines, mais mieux par cayeux.] En Provence, en Languedoc, on plante l’ail à la fin de novembre ou au commencement de décembre ; dans le Nord, on plante en mars. Une tête d’ail contient seize cayeux ; chaque cayeux fait sa plante dans l’année même. L’ail des provinces méridionales est beaucoup moins acre que celui qu’on cultive dans le Nord. On le récolte en novembre, en lui conservant un peu de tige, pour en faire de petites bottes après dessiccation, qu’on conserve dans un lieu sec.

Parties usitées.— Les bulbes.

Propriétés physiques et chimiques.— L’ail, d’une saveur piquante et chaude, d’une odeur forte, pénétrante, qui imprègne les appartements, passe dans nos humeurs et se communique à nos sécrétions, contient, d’après Bouillon-Lagrange et Cadet, une huile essentielle volatile très-âcre, pesante, de couleur jaune, de l’albumine, du soufre, une matière sucrée et de la fécule. « L’huile de l’ail, dit Berzélius, extraite de la tige et de la bulbe de cette plante, est très-volatile, passe avec les premières portions d’eau, et tombe ensuite au fond de celle-ci. Sa couleur est jaune, son odeur pénétrante, sa saveur forte et acre. Appliquée sur la peau, elle produit une douleur violente ; elle brûle en donnant beaucoup de suie et répandant une odeur d’acide sulfureux Elle est très-soluble dans l’alcool.

Cette huile est tellement diffusible et pénétrante, qu’on a vu l’odeur de l’ail transpirer par la surface des plaies ou des cautères quatre heures après l’ingestion de ce bulbe. Si l’on frotte la surface extérieure du corps avec de l’ail, on ne tarde pas à être qui ont mangé des plantes alliacées est imprégné de l’odeur de ces végétaux. Desséché au point de perdre plus de la moitié de son poids, l’ail, dit Bodard, ne perd presque rien de sa saveur et de son odeur ; mais cuit dans l’eau ou dans le vinaigre, il perd l’une et l’autre et se réduit en un mucilage très-visqueux, qui peut rendre les plus grands services comme émollient, et remplacer les gommes arabique et adragant.

[L’ail peut être excitant, rubéfiant ou émollient ; il doit les deux premières propriétés à l’huile essentielle, la dernière au mucilage ; l’essence dérive du sulfocyanure de sulfure d’allyl ou essence de moutarde ; celle-ci traitée par le potassium est transformée en sulfure d’allyl ou essence d’ail. En effet :
Le radical hypothétique ou allyl est représenté par C6 H3
L’oxyde d’allyl C6 H5 O
L’essence d’ail ou sulfure d’allyl , C6 H5 S
Et l’essence de moutarde ou sulfocyanure de sulfure d’allyl. C8 H5 Az S2
(Essence d’ail et Sulfocyanogène) C6 H5S -F C2 Az S

L’essence d’ail existe dans l’assa foetida.

PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.

A L’INTÉRIEUR. — Décoction, 4 à 15 gr. par 500 gr. d’eau ou de lait.
Sirop (1 sur 2 d’eau et 2 de sucre), 30 à 60 gr. en potion.
Huile par simple digestion des bulbes ; l’ail rend l’huile très siccative.
Suc, 25 à 60 centigr. en potion, bols ou pilules.
[Sirop d’ail (pharmacopée des États-Unis).— Bulbes d’ail frais et nettoyés, 180 gr. ; acide acétique dilué, 500 gr. ; sucre en poudre grossière, 750 gr. Faites macérer l’ail dans 250 gr. d’acide pendant quatre jours. Passez et exprimez. Mettez le marc avec le reste de l’acide. Exprimez de nouveau pour obtenir un demi-litre de liquide. Filtrez et jetez le liquide sur le sucre renfermé dans une bouteille d’un litre, et agitez jusqu’à dissolution. Dose, 20 à 40 gr.]
Teinture alcoolique, 10 à 15 gr.
Oxymel (1 de vinaigre d’ail sur 2 de miel), 30 à 60 gr. en potion.
Vinaigre. (1 sur 12 de vinaigre), 5 à 20 gr. dans 30 à 100 gr. de tisane.

A L’EXTÉRIEUR. — En substance comme épithème rubéfiant et vésicant. Le vinaigre d’ail pour lotions, fumigations, etc.
L’ail entre dans le vinaigre aromatique dit des Quatre-Voleurs.

L’ail a été employé de temps immémorial comme aliment et comme assaisonnement, bien qu’il ait été tour à tour un objet d’estime et de mépris chez les anciens peuples. Les Athéniens étaient grands mangeurs d’ail.
Avant de descendre dans l’arène, les lutteurs en mangeaient quelques gousses pour avoir plus de force et de courage. Chez les Romains, le peuple, les soldats, les moissonneurs, se nourrissaient d’ail. Les esprits faibles croyaient même qu’il avait la vertu d’éloigner les maléfices, comme aujourd’hui le peuple lui attribue la propriété de préserver des maladies épidémiques et même de la peste. Cependant l’ail était rarement admis dans la cuisine raffinée de Rome. Horace l’a comparé aux plus affreux poisons. De nos jours, les habitants des provinces méridionales en mettent presque tous dans leurs ragoûts. Dans ces pays, où la chaleur rend les fonctions digestives moins actives, on sent le besoin de ranimer l’estomac par l’usage des stimulants. Les habitants robustes de la haute Auvergne, des Alpes et des Pyrénées, qui vivent d’aliments grossiers, de pain mal fermenté, de viandes presque crues, font aussi beaucoup usage de l’ail, et s’en trouvent bien.

Quelle est l’action physiologique de l’ail ? De tout temps, ce bulbe a été considéré comme stimulant ; mais aujourd’hui on révoqué en doute cette propriété. « On le regarde comme un excitant, parce qu’il pique sur la langue et sur la muqueuse en général. N’est-ce pas là un effet chimique dépendant
du contact immédiat de l’huile alliacée, et qui ne décide rien sur la véritable action dynamique de ce végétal ? Cette action dépend de l’impression du principe en question sur l’organisme entier, après qu’il a passé dans le torrent de la circulation. Or, qu’observons-nous chez les campagnards, par exemple, qui font habituellement usage de l’ail dans leurs aliments grossiers ? Rien, si ce n’est que l’ail facilite la digestion ; mais on ne peut dire, pour cela, qu’il soit excitant ; car le vinaigre qu’on met dans la salade, et qui est, certes, loin d’être excitant, facilite également la digestion....

Un fait qui semble démentir la présomption de l’action excitante de l’ail, c’est que les buveurs préviennent l’ivresse en faisant infuser quelques gousses d’ail dans le vin qu’ils boivent, ou bien en mangeant de l’ail sur leur pain (Merat et Delens). »

On peut opposer à cette manière de voir l’action fébrigène de l’ail, que tout le monde connaît. On sait que les prisonniers, les conscrits, se procurent momentanément la fièvre en se servant de l’ail en suppositoire. J’ai fréquemment constaté ce fait chez des militaires qui désiraient obtenir leur entrée à l’hôpital. Ici, l’action primitive, instantanée et excitante de l’ail sur le système sanguin, par suite de son action locale irritante, ne laisse point de doute. Mais une action spéciale, simultanée ou secondaire de l’ail pris à trop grande dose, et due à la diffusibilité de son huile essentielle, peut s’exercer sur le système nerveux. « Verùm usus ejus frequentior molesfus est et noxius, partim ob fcetorem intolerabilem proecipuè verà quia dolorem capitis infert, sitim excitât, oculis nocet, sensuumque omnium instruments (Ray). » Haller, cité par Bulliard, regarde l’ail comme suspect, et dit qu’il n’a pas de peine à croire Spigélius, lorsqu’il assure que cette plante trouble l’esprit. L’ail, pris à dose ordinaire, augmente l’appétit et favorise les digestions. Il est généralement considéré comme un excitant énergique, d’une action momentanée sur tout l’organisme, mais se prononçant plus particulièrement et d’une manière plus soutenue sur l’appareil génito-urinaire, sur la peau et les organes respiratoires. Il augmente manifestement l’action des vaisseaux absorbants et les sécrétions.

On l’emploie dans diverses maladies chroniques sans phlegmasie, les fièvres intermittentes, les hydropisies, l’asthme humide, les catarrhes chroniques, la coqueluche, le scorbut, les affections vermineuses. On l’a proposé aussi contre les fièvres typhoïdes, le typhus, la pourriture d’hôpital, le choléra.

L’emploi de l’ail comme préservatif du mauvais air est tout à fait populaire. Son odeur forte, extrêmement volatile et très-pénétrante, semble justifier son usage pendant le règne des épidémies. Je ne pense pas qu’il agisse ici seulement comme tonique stimulant. Son arôme imprégnant l’atmosphère et pénétrant dans nos humeurs, peut les modifier et s’opposer à l’intoxication qui produit les fièvres de mauvais caractère, le typhus et la peste. J’ai connu des paysans qui ont pu se préserver de fièvres intermittentes sévissant dans les marais du Calaisis, en mangeant de l’ail matin et soir. II. serait à désirer qu’on en fît un usage habituel dans les lieux aquatiques.

La vertu fébrifuge de l’ail, reconnue par Celse et constatée par Bergius et. par Boerhaave, ne m’a laissé aucun doute depuis que je l’ai moi-même employé dans des cas de fièvres invétérées et accompagnées d’un état cachectique voisin de l’hydropisie. Comme les célèbres médecins que je viens de citer, je fais prendre matin et soir une gousse d’ail, que le malade mange ; j’augmente jusqu’au nombre de six. Quand la fièvre est passée, je fais diminuer jusqu’au nombre de deux, et le malade continue ce nombre pendant plusieurs semaines.

J’emploie souvent comme fébrifuge et vermifuge, chez les sujets pauvres, lymphatiques, détériorés par la misère, un vin d’ail et d’absinthe, que j’administre par cuillerées plus ou moins rapprochées, suivant l’âge et le but que je me propose. Rlokow (2) a recommandé la. teinture de bulbes d’ail, contre les fièvres intermittentes, à la dose de 15 gr. à prendre à l’approche du stade de froid, et autant à sa cessation. Il fait continuer ce remède à la même dose, matin et soir, pendant quinze’
jours après la cessation de la fièvre.

La propriété anthelmintique de l’ail est connue depuis des siècles, et son usage comme tel est devenu populaire. Hippocrate, Galien, Dioscoride, en font mention. Rosenstein et Tissot ont réussi à faire rendre des taenias en continuant l’usage de l’ail. Le premier cite une femme qui, après avoir mangé pendant six mois une gousse d’ail tous les matins, rendit enfin un taenia de 16 brasses de long. Goelis employait, contre les ascarides vermiculaires, des lavements de décoction d’ail. Le suc d’ail, à la dose de 15 gr. dans 180 gr. de lait sucré, et dont on prend une tasse matin et soir, est la meilleure préparation contre les ascarides lombricoïdes et les oxyures vermiculaires.

Alibert a souvent employé avec succès des lavements prépaies avec une décoction d’ail contre les ascarides qui tourmentent les enfants du premier âge. La médecine domestique, dit Roques, prescrit aux enfants tourmentés par les vers deux ou trois bulbes d’ail infusés dans du bouillon, dans du lait ou dans une tasse d’eau sucrée. Ce remède simple fait périr ou met en fuite les vers lombrics et les vers ascarides. Les paysannes se contentent de faire manger à leurs enfants quelques morceaux de pain bien frottés d’ail. On peut aussi leur appliquer sur le ventre une espèce de liniment préparé avec deux ou trois cuillerées d’huile d’olive et deux gousses d’ail écrasées.

Cependant, on ne doit employer ce bulbe qu’avec précaution chez les enfants dont les voies digestives sont irritables, et s’en abstenir dans les cas d’irritation gastro-intestinale qu’on observe fréquemment pendant la dentition. J’ai vu de graves accidents résulter de son administration - en lavements chez les enfants à la mamelle. Outre l’action immédiate de ce médicament sur la muqueuse intestinale, plus ou moins irritable, il y a action dynamique sur tout l’organisme de l’enfant par l’absorption du principe actif de l’ail. (Coster (3) emploie en lavements, contre les oxyures, une décoction de fruits d’ail.)

L’ail a été recommandé comme diurétique dans les hydropisies. Petrus Forestus cite deux cas d’hydropisies très-graves dont la guérison fut opérée par le fréquent usage de l’ail cru. Bartholin, Cullen, Sydenham, ont également observé les bons effets de l’ail dans l’hydropisie. Vitet recommande contre l’hydrothorax le suc d’ail mêlé avec une infusion plus ou moins forte de racine d’aunée ou de feuilles d’hyssope, de marrube blanc ou de marrube noir. Le suc de ce bulbe, mêlé dans un verre de vin blanc et pris à jeun, m’a réussi pour dissiper en peu de temps l’anasarque essentielle, suite de suppression de transpiration ou de fièvres intermittentes. Le mélange de suc d’ail avec celui de citron, à parties égales dans l’infusion de raifort, m’a été aussi très-utile comme diurétique dans l’albuminurie chronique, les hydropisies, les fièvres intermittentes anciennes avec infiltration cachectique, etc.

Les anciens employaient l’ail comme atténuant et discussif contre « la pituite accumulée et épaissie dans l’organe de la respiration ». Dans ces cas son action est analogue à celle de la scille. Dioscoride en préconise l’usage « quand la toux est vieille ». Mead a confirmé cette opinion. Rosenstein administrait l’ail cuit dans du lait comme expectorant. Miller l’employait dans le catarrhe pulmonaire, l’asthme, la dyspnée. J’ai souvent retiré de grands avantages, dans ma pratique rurale, de l’oxymel et du sirop alliacés contre ces affections, surtout chez les sujets lymphatiques, lorsque l’expectoration était abondante et qu’il n’y avait ni irritation vive des bronches, ni fièvre. Dans un cas d’abcès du poumon, suite d’une pneumonie négligée, chez un cultivateur âgé de 26 ans, arrivé au dernier degré d’épuisement, expectorant un pus fétide en abondance et comme par régurgitation, ayant des sueurs nocturnes, etc., l’emploi simultané du sirop d’ail (six à dix cuillerées à bouche par jour), de la poudre de charbon à grande dose (quatre à six cuillerées abouche dans les vingt-quatre heures) et d’une forte décoction d’écorce de saule pour boisson, ont amené la guérison en deux mois.
Dewees (4) vante l’ail dans le traitement de la coqueluche. Il fait donner, matin, midi et soir, aux enfants de six à sept ans, le tiers, et aux enfants de onze ans la moitié d’une gousse d’ail, en augmentant graduellement la dose ; il fait -frictionner en même temps toute la colonne vertébrale avec un liniment préparé avec du suc d’ail. Il est à remarquer que ce médecin ne le prescrit pas aux enfants du premier âge, auxquels d’ailleurs le sirop d’ail, administré avec prudence, conviendrait mieux. « Le liniment d’ail, dit Buchan, est un remède très-connu en Ecosse contre la coqueluche. On le prépare-en pilant de l’ail dans un mortier, avec partie égale de saindoux : on en frotte la plante des pieds deux ou trois fois par jour. Mais la meilleure manière de l’employer est de l’étendre sur du linge et de l’appliquer sous forme d’emplâtre. On le renouvelle soir et matin, parce que l’ail perd promptement sa vertu. C’est un excellent remède contre la coqueluche et contre les toux opiniâtres. Cependant il faut prendre garde de l’employer quand le malade est échauffé ou qu’il y a de la disposition à la fièvre, parce qu’il augmente ces symptômes. » Cette dernière remarque vient à l’appui de ce que nous avons dit plus haut sur les précautions qu’exige l’emploi de l’ail chez les enfants.

J’ai fréquemment appliqué à la plante des pieds, contre la coqueluche, un mélange d’axonge, de feuilles de jusquiame et d’ail, réduit en pommade. Une légère rubéfaction avait lieu, et l’action de la jusquiame se faisait remarquer par une diminution marquée dans la fréquence des quintes. Cette diminution était moins prononcée par le simple mélange de l’ail et de Paxonge, employé comme révulsif, bien que la rubéfaction fût plus promptement produite.

W. Turnbull, au rapport de Buchan, employait avec avantage dans le croup la décoction suivante : ail et vinaigre, de chaque 20 gr. ; eau d’hyssope, un double décilitre. Broyez l’ail dans le vinaigre, versez peu à peu l’eau d’hyssope, et ajoutez : miel 90 gr. ; faites bouillir sur un feu doux ; passez. A prendre par cuillerées plus ou moins répétées suivant l’âge et les forces du malade. Le croup n’était pas alors considéré en Ecosse comme franchement inflammatoire. Les travaux de Bretonneau sur la diphtérite ont confirmé cette opinion après un demi-siècle d’incertitude et de tâtonnement.

Dans une lettre adressée par Michel, médecin à Avignon, au Bulletin de thérapeutique (année 1849), nous trouvons les passages suivants relatifs à l’emploi de l’ail dans le choléra épidémique : « Assurément, ce n’est point par amour d’innovation que nous exhumons de l’oubli un médicament aussi prosaïque que l’ail, mais parce que, en vérité, nous lui avons reconnu des propriétés que nul remède ne possède à un plus haut degré que lui. C’est ainsi que dans plusieurs affections adynamiques, léthargiques, dans la paralysie, l’atrophie des membres, divers cas cacochimiques et comateux, il relève les forces contractiles, met en jeu la circulation, et excite cette fièvre salutaire qui est souvent le sûr garant et le triomphe de la nature dans les crises qui vont s’effectuer.

Dans la période algide du choléra, alors que tout l’organisme est stupéfié, et que la vie anéantie va s’éteindre, maintes fois, à notre grand étonnement, nous avons vu la réaction s’opérer, et le malade marcher sans entrave vers la guérison. Malgré la figure décomposée et livide, le pouls insensible, les ongles violets, les extrémités froides, le hoquet, les crampes, la stupeur et l’asphyxie cholérique, présages d’une mort certaine, nous avons vu, sous l’influence de l’ail, les ressorts de la vie se mettre en mouvement sur des cholériques pour ainsi dire agonisants.

Pour produire cet heureux phénomène, il ne faut que piler quelques bulbes d’ail dans un mortier, avec addition de 50 à 75 cent, d’encens, qui se réduisent facilement en pommade, et l’employer en frictions et en cataplasmes sur plusieurs parties du corps, principalement sur les régions thoracique et abdominale, pendant que d’un autre, côté on administre quelques tasses d’une infusion chaude préparée avec quelques gousses de cet asphodèle. Bientôt un sentiment de chaleur, suivi de sueur, se déclare avec une forte odeur alliacée. C’est le prélude de la réaction qui doit sauver le malade.

Certainement nous ne voulons point signaler Vallium sativum comme un spécifique contre le choléra ; mais à l’aide de cet agent nous avons obtenu, nous le répétons, de si beaux résultats, que nous croyons utile de l’indiquer à nos confrères, faute jusqu’ici de médicament plus énergique contre cette maladie régnante. » -

Lange, de Porancy (Marne) (5), se fondant sur les propriétés fébrigènes de l’ail, a aussi employé ce bulbe contre le choléra. Plusieurs de ses malades moururent ; quelques-uns qui semblaient très - gravement atteints résistèrent, et Lange crut pouvoir attribuer la guérison à la réaction déterminée
par l’emploi de l’ail. Comme cette réaction peut arriver spontanément, ainsi qu’on l’a observé chez des cholériques qui n’avaient été soumis à aucun traitement, des faits répétés et bien appréciés peuvent seuls donner une certitude thérapeutique. Voici, du reste, le mode administratif employé par Lange : en boisson, 3 ou 4 gousses d’ail crues, écrasées et lavées dans un verre d’eau froide. En topique, l’ail cru, écrasé et réduit en pulpe, appliqué par plaques sur la peau, et contenu par une compresse de papier grossier, la matière gluante de l’ail le faisant d’ailleurs adhérer à la peau : ces topiques restent en place 12 heures et plus, et, en général, on ne les relève que lorsque la réaction est déclarée. En lavement, eau tiède et même froide provenant du lavage des gousses écrasées ; enfin, en suppositoire, une gousse d’ail d’un volume approprié, légèrement entamée.

A l’extérieur, l’ail agit comme rubéfiant et excite même des phlyctènes, comme la semence de moutarde. Je l’ai souvent employé dans mes tournées à la campagne, faute d’autres substances, pour remplacer la moutarde ou les cantharides. Il peut produire la vésication au bout d’une ou deux heures.

C’est surtout pendant l’hiver que je me servais de ce moyen. Pendant l’été, des plantes acres et vésicantes s’offrent en foule pour produire le même effet. A Sumatra, une feuille stimulante frottée d’ail sert de vésicatoire. On a employé l’ail en substance avec avantage contre l’ophthalmie catarrhale chronique.

On touche momentanément la conjonctive avec un quartier d’ail ; la muqueuse blanchit comme lorsqu’on la touche avec la pierre infernale.

L’ail est un antiseptique populaire. Le vinaigre d’ail convient en lotions dans la pourriture d’hôpital, la gangrène, les ulcères vermineux. On a aussi employé ce bulbe en topique contre les cors aux pieds, en instillation (le suc plus ou moins délayé dans l’eau), contre certaines surdités ; en frictions,
mêlé avec l’axonge, contre la gale. J’ai vu un garçon de ferme se débarrasser de cette dernière affection par des frictions faites pendant huit jours avec un mélange de suc d’ail et de beurre salé. La pommade d’ail pourrait être employée comme résolutive sur les engorgements lymphatiques, les tumeurs scrofuleuses, etc., si son odeur désagréable ne lui faisait préférer d’autres résolutifs tout aussi efficaces.

D’après Landerer, d’Athènes, l’huile essentielle d’ail est employée en Orient par le peuple en frictions contre les rhumatismes. Son action est très-rubéfiante : elle détermine souvent la production d’ampoules (6).)

Célérier, de Brannes (1) ; a traité six cas de scarlatine angineuse exclusivement par le vinaigre antiseptique. Il a cru remarquer qu’à mesure qu’il agissait sur l’angine et la modifiait par l’action de cet agent thérapeutique, la fièvre diminuait, ainsi que la rougeur de la peau. J’ai appliqué avec avantage, dans les mêmes cas, et dans l’angine couenneuse, sur les fausses membranes, le mélange, à parties égales, des sucs d’ail et de citron. (Voyez l’art. CITRON.)

[Les autres espèces d’allium telles que YA.porrum ou poireau, l’A. Cepa oignon, l’A. schenoprasium ou civette, et l’A. scoroprasium ou rocambolle, renferment une huile essentielle analogue à celle d’ail, mais elle est moins abondante ; elles jouissent des mêmes propriétés, mais elles sont moins énergiques.]

(1) Écho médical, décembre 1858.
(2) Gazette médicale de Paris, 1830, p. 84
(3) (1) Journal de médecine de Gand, janvier 1863
(4) (1) A trealise on the phys. and med. treat. of children. London, 1826.
(5) (1) Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, 1853.
(6) (2) Écho médical, 1860.

Mis en ligne par La vie re-belle
 15/10/2019
 http://lavierebelle.org/?intugurusumu-l-ail