Maïs, Haricots, Courge - « trois sœurs » plurimillénaires

Maïs, Haricots, Courge - « trois sœurs » plurimillénaires

En Amérique centrale et en Amérique du Nord, l’association au sein des parcelles cultivées de maïs, haricots et courges est une pratique traditionnelle plurimillénaire. Ce trio de légumes est connue sous le nom des « trois soeurs ».

Nous vous proposons, de découvrir, la symbolique, les fonctions et les variations de cette pratique de cultures associées ainsi que les communautés qui l’ont développé et continuent de la pratiquer.

Les « trois sœurs » sont souvent le cœur d’une famille plus nombreuse qui rassemble aussi d’autres végétaux comme le tournesol, le topinambour…

En Amérique centrale, la culture maya des trois sœurs et de bien d’autres compagnes est une étape d’un cycle agroforestier complexe appelé « Milpa » qui est un mode hautement élaboré de gestion pérenne de la forêt tropicale.

Les trois soeurs amérindiennes

De nombreux peuples premiers d’Amérique centrale et d’Amérique du Nord cultivent en association maïs, haricots et courges. Si l’Amérique centrale, est le berceau et le premier centre de diffusion de ces trois plantes et de leur association culturale, le peuple Haudenosaunee (hah-dee-no-shownee) dont le nom signifie « le peuple des maisons longues » ou « le peuple qui construit » implanté dans la région des Grands Lacs d’Amérique du Nord serait l’inventeur de l’expression « Trois sœurs », « Kionhekwa » en langue haudenosaunee pour désigner cette association de plantes et symboliser leur indissociabilité dans les techniques de cultures.



Le jardin traditionnel des trois soeurs forme un écosystème en créant une communauté de plantes et d’organisme associés. Ce système crée un système de relations bénéfiques ; chacune des plantes aide les autres à croître.

En intercalant des haricots et des courges avec du maïs, le génie des créateurs de cette association culturale est d’avoir utilisé la rigidité des tiges de maïs comme tuteur pour soutenir la croissance des haricots volubiles et le pouvoir couvrant de la courge dont l’ombre des feuilles permet de conserver l’humidité du sol ;
La recherche contemporaine a mis en évidence une autre vertu de cette association : Les colonies bactériennes sur les racines des haricots capturent l’azote de l’air, dont une partie est libérée dans le sol permettant de satisfaire les besoins élevés en azote du maïs.

Par delà ces aspects agronomiques, la symbolique des trois sœurs est profondément ancrée dans le bien-être physique et spirituel des peuples qui la pratiquent.
Les « Iroquois », considèrent le maïs, les haricots et les courges comme des « pourvoyeurs de vie » et des dons spéciaux du Créateur. Ces offrandes sont protégées par de Esprits Sœurs appelés dans leur ensemble « De-o-ha-ko », signifiant « nos bienfaiteurs » ou « ceux qui nous soutiennent ».

Sous des formes variées cette importance symbolique est partagée par l’ensemble des peuples qui pratiquent l’association des trois sœurs.

Les associations pratiquées sur le continent américain ne se limitent pas seulement au triptyque Maïs-Haricots-Courges : tournesols et amarantes sont souvent considérés comme d’autres soeurs. Ces plantes offrent leur ombrages aux autres sœurs pendant les chaleur des après-midi, elles attirent les pollinisateurs, fournissent des tiges-tuteurs supplémentaires pour que les haricots puissent grimper et contribuent à une alimentation riche et équilibrée. Parce qu’elles ont un mode de croissance similaire pastèques et autres cucurbitacées enrichissent la palettes des plantes couvre-sol pouvant être substitués à la courge. Dans le Nord-Est des États-Unis, le topinambour, plante pérenne de la famille du tournesol était cultivé aussi avec les trois sœurs. Dans la Milpa Maya, les trois sœurs sont cultivées avec une multitudes d’autres plantes, comestibles, médicinales, tinctoriales…


Tournesols, Amarantes et Topinambours

Chacun des peuples cultivant les trois soeurs a développé des modalités de cultures spécifiques adaptées à des milieux écologiques et à des climats particuliers : climat humide aux hivers neigeux du Nord des États-Unis et du sud du Canada, climat aride du Sud-ouest des États-Unis, forêts tropicales du sud du Mexique…

La description de ces modalités de culture sera aussi l’occasion de rendre sensible l’interrelation entre techniques culturales, milieux écologiques, organisations sociales, représentations de l’univers… des peuples des trois sœurs.

La légumineuse enrichit le sol en azote, (à partir de la deuxième saison de culture) ;
le maïs sert de tuteur ; les feuilles de la courge gardent l’humidité en couvrant le sol.

Les Haudenosaunee, peuple inventeur de l’expression « Trois soeurs »

Les Haudenosaunee qui furent appelés « Iroquois », par les colons français, sont depuis le XIIe siècle fondèrent avec d’autres nations voisines une confédération connue sous le nom de « Confédération Haudenosaunee ». D’abord constituée de cinq nations habitant la partie plus au nord de l’État de New York : les Sénécas, les Cayugas, les Oneidas, les Onondagas et les Mohawks., la confédération admit une sixième nation lorsque les Tuscaroras la rejoignirent au début du XVIIIe siècle.

Dans tout l’Est de l’Amérique du Nord, les nations indiennes avaient formé des confédérations avant l’arrivée des immigrants européens : les Séminoles dans ce qui est aujourd’hui la Floride, les Cherokees et les Choctaws dans les Carolines.

Vers 1500, les Haudenosaunee habitaient des longues habitations ; celles-ci avaient environ sept mètres de largeur et sept mètres de hauteur, mais elles étaient aussi longues qu’il fallait pour abriter toutes les familles qui y résidaient. Chaque famille vivait d’un côté du passage qui longeait le centre de la longue habitation, et partageait un foyer avec la famille qui vivait du côté opposé. Il y avait un foyer environ tous les sept mètres, et la longue habitation typique, qui avait de vingt à vingt-huit mètres de longueur, comportait trois ou quatre foyers et abritait de six à huit familles. Les longues habitations étaient faites de perches recouvertes d’écorce, d’orme généralement. Des bancs qui servaient de sièges et de lits s’étendaient sur les côtés de la longue habitation.


La Confédération Haudenosaunee fut l’entité politique la plus puissante en Amérique du Nord pendant les deux siècles précédant 1492, et les deux siècles suivant. Elle était unie par « Gayanashagowa », mot qui signifie « grande loi qui lie » ou « grande loi de l’Unité » ou « grande loi de paix »). Le prophète Deganawida, appelé le Grand Pacificateur, et son disciple Hiawatha, qui prêchaient la Grande Paix, rassemblèrent les chefs à un congrès chez les Onontagué durant lequel ces lois furent édictées.

Cette ancienne « loi » qui mérite le titre de constitution transmises oralement, depuis le XIIe siècle est actuellement conservées par la Nation Onondaga. Décrite en détail dès 1702 par le Français Louis Armand Delom d’Arce, « la grande loi » fut retranscrite en anglais en 1720 sous forme de 117 paragraphes.

La Gayanashagowa codifie les fonctions du Grand Conseil de la confédération Haudenosaunee et indique comment les cinq, puis six nations doivent s’y prendre pour résoudre leurs différends, équilibrer leurs échanges et coexister pacifiquement. Elle commence ainsi : « Nos ancêtres dans leur sagesse ont établi une union et l’amitié entre les Cinq Nations. Cette décision nous as rendu puissants ; elle nous a donné un grand poids et une grande autorité vis-à-vis des nations voisines. Notre confédération est puissante ; si vous suivez les méthodes adoptées par nos sages, vous disposerez vous aussi de cette force et de ce pouvoir. Ainsi, quoi qu’il arrive, ne rompez jamais votre union. »

Légendes des Trois soeurs


Beaucoup de légendes ont été tissées autour des « Trois Soeurs » qui jamais ne devaient être séparées les unes des autres et requéraient donc d’être plantées, mangées et célébrées ensembles.

En voici trois versions :

I

La terre fut crée quand « la femme du ciel » qui vivait dans le monde supérieur regarda à travers un trou du ciel et tomba dans une mer sans fin. Les animaux la virent venir et prirent le sol du fond de la mer pour l’étendre sur le dos d’une tortue géante afin qu’elle trouve un lieu sûr pour se poser. Cette immense « île-tortue » devint la terre des humains.

La femme du ciel était enceinte avant sa chute. Quand elle atteignit le sol, elle mit au monde une fille. Quand cette fille devint femme, le vent de l’Ouest la féconda. Elle mourut en donnant naissance à deux jumeaux. La femme du ciel enterra sa fille dans la nouvelle terre. Sur sa tombe poussèrent trois plantes sacrées – le maïs, les fèves et la courge. Ces plantes ont nourri ses fils et, plus tard, tous les humains. Ces cadeaux spéciaux ont assuré la survie des peuples Haudenosaunee.

II

Il y avait une famille d’une mère, d’un père et de trois soeurs. Les parents travaillaient dur pour subvenir aux besoins de la famille, mais devaient constamment demander de l’aide aux filles. Ils devaient également les empêcher continuellement de se disputer et de se battre.

Les trois soeurs étaient différentes les unes des autres et chacune était aussi unique à sa manière. L’aînée était grande et mince avec de longs cheveux soyeux et brillants, la plus jeune était petite mais musclée et attirante, et la sœur du milieu était de taille et d’allure moyenne mais était belle dans sa nature.

Les trois jeunes fille s’aimaient comme des sœurs, mais elles étaient toujours en désaccord pour une raison ou une autre, la moindre petite chose était le prétexte de discorde et leurs querelles incessantes les distrayaient de tout travail. Les parents essayèrent et essayèrent encore d’obtenir que leurs filles les aident dans le jardin et aux corvées. Mais quand elles travaillaient ensemble, elles se chamaillaient sans cesse ; et lorsqu’elles étaient séparées, chacune se plaignaient des autres. Le travail ne finissaient jamais et les parents craignaient que si cela devait continuer, ils ne réussiraient pas à passer un autre hiver. Il était temps de planter et le travail devait être fait, mais comme d’habitude les sœurs étaient trop occupées à se battre.
Les parents avaient besoin d’aide, et le travail devait être fait mais il fut pas accompli comme ils l’imaginaient. Comme les soeurs se disputaient sur le terrain, elles se transformèrent en trois plantes. La première devint une plante longue et haute avec des poils en forme de pompon de soie, la seconde une plante à larges feuilles, et la troisième une liane douce de hauteur moyenne. Les plantes, bien sûr, étaient le maïs, la courge et les haricots : les trois sœurs.


III

Il y a de cela très longtemps, trois soeurs vivaient ensemble dans un champ. Ces trois sœurs étaient très différentes les unes des autres par leur taille et leur façon de se vêtir. La plus cadette vêtue de vert était si jeune qu’elle ne pouvait que ramper. La deuxième qui portait une robe d’un jaune brillant avait une façon bien à elle de se sauver toute seule lorsque le soleil brillait et que la brise lui caressait le visage. L’aînée, très grande se tenait toujours très droite et essayait de protéger ses deux sœurs. Elle portait un châle vert pâle et avait longue chevelure blonde qui se balançaient autour de sa tête au gré du vent. Les trois soeurs ne se ressemblaient que sur un point : elles s’aimaient tendrement, et restaient toujours ensemble. Cette union étaient leur force et elles étaient convaincues qu’elles ne pourraient supporter d’être séparées.

Un jour, un étranger apparut dans le champ des trois soeurs. C’était un garçon mohawk droit comme une flèche et brave comme l’aigle qui tournoyait haut dans le ciel. Il savait parler aux oiseaux et aux petits frères de la terre : la musaraigne, le tamia et les renardeaux. La petite sœur qui ne savait que ramper et celle aux longs cheveux, étaient bien intriguées par le petit Indien. Elles le voyaient porter une flèche à son arc, sculpter un bol avec son couteau en pierre, et se demandait bien où il pouvait aller le soir. À la fin de l’été, la cadette qui pouvait à peine se lever dans le champ sauf lorsqu’elle trouvait un bâton sur lequel s’appuyer, disparut. Ses sœurs la pleurèrent jusqu’à l’automne, mais elle ne revint pas.

Le garçon mohawk revint visiter le champ des trois soeurs. Il cueillit des roseaux près d’un ruisseau voisin pour façonner des flèches. Les deux sœurs qui restaient le surveillèrent la piste de ses mocassins sur le sol où il avait laissé leurs empreintes. Ce soir-là, la sœur vêtue de jaune et qui voulait toujours se sauver, disparut également sans laisser de trace. La sœur aînée resta seule et continua à se tenir debout grande et droite dans son champ, sans jamais s’incliner de chagrin, mais il lui semblait qu’elle ne pourrait jamais vivre seule en cet endroit.

Les jours raccourcirent et les nuits s’allongèrent. Le châle vert perdit sa couleur. Il avait pris de l’âge et semblait tout usé. Le vent avait défait sa belle chevelure blonde de jadis. Jour et nuit elle espérait le retour de ses soeurs, mais en vain. Sa voix lorsqu’elle les appelait était triste et mélancolique comme le vent.

Lorsqu’arriva le temps des récoltes, le garçon mohawk entendit sa plainte. Il vit combien elle regrettait ses sœurs et eut pitié d’elle. Il la prit dans ses bras et l’amena chez ses parents. Un surprise l’y attendait. Ses deux sœurs se trouvaient dans la hutte des parents. Le garçon les avait tellement intriguées qu’elles l’avaient suivi pour voir où et comment il vivait.

Elles avaient tellement aimé la chaleur de son abri qu’elles avaient décidé de passer l’hiver avec lui et elles faisaient leur possible pour lui venir en aide. La petite sœur en vert, qui avait maintenant atteint sa pleine maturité, tenait les casseroles pleines de nourriture. Sa soeur en jaune se laissait sécher sur une étagère en prévision de repas futurs. La troisième sœur se joignit à elles, prête à broyer le grain pour le petit Indien. Jamais plus on ne les sépara.

Tous les enfants connaissent ces trois soeurs et en ont besoin tout autant que la famille du garçon mohawk. La petite soeur en vert est le haricot, sa sœur en jaune est la courge, et l’aînée aux longs cheveux blonds et au châle vert est le maïs.

Portrait des plantes soeurs

Maïs

Cultivateur Aztèque
Source : Historia general de las cosas de nueva España, compilé par Frère Bernardino de Sahagún Codex de Florence livre IV


La majorité des botanistes retient l’hypothèse selon laquelle l’histoire du maïs commence au Mexique, il y a plus de neuf mille ans, avec l’évolution d’une plante appelée téosinte. les premières civilisations amérindiennes cultivaient cette graminée annuelle poussant sous le climat tropical humide meso-américain pour en récolter les grains qui étaient broyés pour obtenir une farine consommée par les populations locales.

Les épis de cet ancêtre supposé du maïs ne portent que quelques grains. Son évolution en maïs, serait le fruit de mutations génétiques, mais surtout de l’action humaine par sélection massale, c’est-à-dire par le choix de multiplier telle souche plutôt qu’une autre parmi les variétés qui étaient cultivées. En mille ans, les peuples précolombiens auraient ainsi domestiqué et fait évolué la téosinte. La sélection des meilleures souche a conduit à une augmentation de la taille de l’épi et du nombre de grains des souches et finalement produit une espèce végétale distincte. Les gisements archéologiques de la vallée mexicaine de Tehuacan indiquent que la population locale consommait déjà du maïs aux épis de 3 à 4 cm de long.


Nourriture principale des peuples du centre de l’Amérique : Incas, Mayas, Aztèques, le maïs a été diffusé pendant le Mississippien (de - 1450 à - 600 av. J.-C.) dans l’ensemble des continent Nord et Sud américains par le biais d’une série complexe de réseaux d’échanges. En choisissant les graines des meilleures plantes pour les conserver et les semer l’année suivante, les diverses communauté sélectionnèrent les semences les mieux adaptées à leur milieu et développèrent des techniques culturales spécifiques .

Variétés


Le choix des bonnes variétés de maïs adaptées aux conditions locales est essentiel à la réussite du jardin des Trois sœurs. Les variétés à port haut, robustes et patrimoniales fonctionnent mieux parce qu’elles sont capables de supporter les fèves.

La plupart des maïs sont cultivées par les Amérindiens pour la production de farine. Les épis sont laissés sur tiges en plein champ et récolté tardivement lorsque ils sont complètement secs.

Le maïs denté est mieux adapté au climat aride du Sud et ou Midwest des États-Unis. Il se distingue par une fossette sur le dessus du grain lorsqu’il est complètement séché. La variété bleue et blanche de maïs denté du Sud-est Cherokee croît bien à peu près partout aux États-Unis.

Le maïs corné croît mieux dans les régions humides des plaines du Nord. Les grains du maïs corné ne se rétractent pas lorsqu’ils sont secs.

Les maïs farineux possèdent habituellement des grains au péricarpe plus mince remplis d’albumen farineux tendre et blanc. Les maïs farineux ont été développés dans la région aride du Sud-ouest. Ils ont moins de chance de croître dans les régions plus froides du Nord dont la saison de croissance est plus courte et dans les régions humides où ils sont vulnérables à la rouille.

Certaines variétés de maïs doux sont récoltées plus tôt en saison lorsque les grains immatures sont encore au stade laiteux et peuvent être consommés frais. Les maïs farineux ne sont pas généralement consommés au stade laiteux.


Haricots


Avant sa domestication le haricot était une liane, sans doute pérenne, avec des fleurs violettes, des gousses peu charnues, filandreuses et peu comestibles, et avec des graines très petites taille moins.

La domestication du haricot semble avoir eu lieu il y a 8 à 9000 ans. Les plus lointaines attestations de culture du dans des sites archéologiques sont datées de 7000 ans av. J.-C. au Pérou ; de 4000 ans av. J.-C. au Tamaulipas (nord-est du Mexique) et de 3000 ans av. J.-C. À Tehuacán (sud-est de Mexico).

Elle serait intervenue dans trois centres distincts :

- en Amérique centrale (variété vulgaris) - Le nom « haricot » viendrait de l’appellation aztèque « ayacolt »,
- au nord des Andes (Colombie, Vénézuela, Équateur et Pérou)
- au sud des Andes (Bolivie, Nord du Chili et de l’Argentine).

Les variétés méso-américaines se distinguent notamment des variétés andines (aborigineus), par la taille des grains, plus gros chez ces dernières.

Le centre méso-américain, est la zone où la quasi-totalité des espèces de haricots ont été retrouvées à l’état sauvage. Elle semble donc être le centre principal de diffusion des haricots et le centre où s’est formé le complexe haricot-maïs-courge (les "trois sœurs" des peuples amérindiens), qui s’est ensuite diffusé vers le Nord.
Les populations de chacune de ces trois centres ont développés des types cultivés très différents, répondant chacun à des utilisations, des goûts et des méthodes de cultures qui leur sont propres. Une formidable diversité de variétés a donc été créée il y a bien longtemps : naines, à rames, à grains blancs ou colorés, petits ou gros…

Ces différents types ont évolués pendant des siècles de façon indépendante, si bien qu’ils présentent actuellement parfois des difficultés à se reproduire entre eux. Cela pourrait constituer un début de phénomène de spéciation, autrement dit de création de nouvelles espèces par l’activité humaine.

Il est intéressant de noter que les protéines du haricot et du maïs se complètent en matière d’acides aminés soufrés, et que leur association les rends proches des protéines animales. Les haricots jouent également un rôle prépondérant dans la réussite des jardins des Trois sœurs. Par le biais d’une relation symbiotique avec les rhizobactéries, ils aident à capter l’azote de l’air et à le convertir en une forme assimilable pour la culture subséquente.

Les haricots volubile ou « à rames » sont les mieux adaptés pour grimper directement sur la tige du maïs au lieu de développer des stolons qui rampent sur le sol.

Pour les Amérindiens, le haricot constituait une des bases de l’alimentation. Ils ne consommaient alors que les grains qu’ils récoltaient en sec. Dans certaines régions Andines, les haricots de quelques variétés, si elles étaient cultivées suffisamment en altitude, pouvaient être soufflées sur des pierres chaudes, à la manière du maïs pour faire des pop-corn. Les grains de haricots servaient aussi de monnaie d’échange chez les Aztèques et les Incas lors du paiement de tributs.

Variétés traditionnelles nord américaines

La variété Scarlet Runner est une variété patrimoniale de haricots à rames populaire réputée pour ses larges grappes de fleurs d’un rouge vif. La variété Genuine Cornfield croît de façon soutenue dans la chaleur des étés du Sud. True Canberry, une variété de fèves brun-rouge avec une texture charnue et une saveur de châtaigne, pousse bien dans le Sud et le Nord-est. Cornfield, sans rapport avec Genuine Cornfield , pousse bien dans les états du Nord-ouest bordés par le Pacifique parce qu’elle devient mature avant les pluies d’automne. Hopi Purple, une fève pourpre avec des stries noires en forme de croissant de lune, est une variété populaire de la région aride du Sud-ouest .

Au Mexique les variétés de haricot les plus appréciées sont le frijol Azufrado, Mayocoba, Negro Jamapa, Peruano, Flor de Mayo y Flor de Junio ;preferentes son las variedades Garbancillo, Manzano, Negro San Luis, Negro Querétaro y Pinto, Alubia Blanca, BayoBlanco, Negro Zacatecas, Ojo de Cabra y Bayo Berrendo.

Le Frijol amarillo, asufrado ou mayocoba considéré comme le « caviar » du haricot a été l’objet de biopiraterie par un ressortissant Américain, qui après en avoir acheté des semences sur un marché mexicain déposé un brevet sur ce haricot cultivé traditionnellement par les paysans mexicain et péruvien.

Courges

Calebasse grimpant sur un pin - Gravure de 1621 [site de l’université de Glasgow]

Les courges sont originaires d’Amérique Centrale où les fruits et surtout les graines étaient consommés. Les courges contenaient alors peu de chair et servaient principalement d’ustensile de cuisine, d’instruments de musique et même de gourdes pour le transport des boissons.

Quand les européens ont colonisé le continent américain, la courge étaient cultivée sur l’ensemble du continent. Christophe Colomb a découvert les courges à Cuba en 1492 et Jacques Cartier les a découverts dans les jardins de certains peuples iroquois en 1535 près de Québec.


Variétés traditionnelles

Les observations du naturaliste explorateur finlandais Pehr Kalm, consignées dans son ouvrage de en 1749 From Finland to Niagara Falls donne un aperçu des modes de culture et de consommation des courges au Canada au XVIIe siècle :

« Des citrouilles, longues, oblongues, rondes, plates ou comprimées, à col de cygne, petites, etc., sont plantées dans toutes les colonies anglaises et françaises. Au Canada, elles remplissent la partie principale des jardins potagers des fermiers, bien que les oignons soient proches. Chaque fermier dans les plantations anglaises a un grand champ planté de citrouilles, et les Allemands, les Suédois, les Hollandais et les autres Européens installés dans leurs colonies les plantent. Elles constituent une partie considérable de la nourriture indienne ; Cependant, les indigènes plantent plus de courges que de citrouilles communes. Ils déclarent qu’ils les cultivaient longtemps avant que les Européens ne découvrent l’Amérique, ce qui semble confirmé par les récits des premiers Européens venus dans ces régions.

Les citrouilles sont préparées de diverses manières. Les Indiens les font cuire entières, ou les font rôtir dans la cendre et les mangent, ou les vendent ainsi préparés dans la ville. Elles ont, en effet, une saveur très fine lorsqu’elles sont rôties. Les Français et les Anglais les tranchent et mettent les tranches devant le feu pour les faire rôtir ; quand ils ont fini, ils mettent généralement du sucre sur la pulpe. Une autre façon de les rôtir est de les couper au milieu, de retirer toutes les graines, de les ré-assembler et de les rôtir dans un four. On ajoute du beurre quand elles sont cuite, ce qui les rend très appétissants.

Pour conserver longtemps les citrouilles, les Indiens les coupent en longues tranches qu’ils attachent ou tordent ensemble et sèchent soit au soleil, soit au feu dans une pièce. Quand elles sont ainsi séchées, elles se conservent pendant des années et lorsqu’elles sont bouillis, elles ont un très bon goût. Parfois, ils ne prennent pas le temps de faire bouillir la citrouille, mais la mangent sèche avec du bœuf séché et je reconnais qu’elles sont comestibles dans cet état, et bienvenue pour un estomac affamé. »

Si la courge est originaire d’Amérique, l’évolution des formes a surtout eut lieu en Europe. Une fois rapportée sur le « vieux continent », les médecins, les botanistes, les jardiniers et les cultivateurs vont transformer ces plantes en patrimoine végétal européen.

Dans l’association des trois sœurs, les courges et les citrouilles croissant à ras le sol sont utilisées comme paillis vivant. Les feuilles larges bloquent la plupart des rayons solaires, réduisant la germination des graines de mauvaises herbes. L’allélopathie, autrement dit, les sécrétions chimiques des racines de courge peut aussi jouer un rôle dans la suppression herbes adventices du fait de leur effet phytotoxique sur certaines espèces.

Modèles de culture et de plantation traditionnels du continent nord américain

Les styles de jardin accueillant « les trois sœurs » varient en fonction de considérations d’ordre pratique, tels l’humidité ambiante, le climat et la longueur de la saison de croissance. Le style Wampanoag s’applique bien à l’est du Mississippi. Les jardins Hidatsa ont été conçus pour réussir à cultiver sous le climat des plaines du Nord, alors que le jardin Zuñi en gaufre a été conçu pour conserver l’eau sous le climat aride du Sud-ouest.

Le jardin Wanpanoag

Le peuple Wampanoag vivait jusqu’au XVIIIe siècle dans la région qui deviendra les États du Massachusetts et du Rhode Island. Les premiers colons anglais doivent leur survie à ce peuple qui contribua à les sauver de la famine en leur offrant de la nourriture, ainsi qu’en leur apprenant à pêcher, chasser et cultiver maïs haricots et courge. La célébration de la première récolte en 1621 donna lieu à un repas commun entre Amérindiens et pèlerins de Plymouth, événement commémoré depuis chaque année aux États-Unis par la fête de Thanksgiving, même si de nombreux Américains ont oublié la signification de cette fête populaire.

L’histoire raconte que le Sachem et Shaman wampanoag Squanto enseigna aux nouveaux arrivants à planter le maïs en petites buttes et à fertiliser chaque monticule avec le gaspareau, une espèce de poisson. Grâce à cette technique efficace et intensive de jardinage, chaque famille pouvait subvenir à ses besoins avec environ un acre de terre. Plusieurs peuples premiers de la côte atlantique du continent utilisaient le modèle de jardin Wanpanoag.

L’hospitalité des Wampanoag ne fut pas payé de retour, les conflits avec les nouveaux venus et les épidémies qu’ils colportèrent, décima le peuple autochtone, entraîna la disparition de près de 90 % du peuple Wampanoag pour atteindre 12 000 membres à l’époque de l’arrivée des Pères pèlerins en 1620 dans la future colonie de Plymouth. Les premiers échanges ne furent toutefois pas exclusivement belliqueux. Certains colons intégrèrent l’influence Wampanoag. Jill Lepore, auteur du livre Le nom de la guerre. La guerre du roi Philip et les origines de l’identité américaine, (Anacharsis, 2015) sur la guerre qui opposa en 1675-1676 les Wampanoags aux colons, décrit une mosaïque « de sociétés entremêlées, d’Indiens pour partie christianisés et alphabétisés côtoyant des puritains craignant leur propre ensauvagement. Une indistinction inquiétante pour beaucoup, que la guerre aura pour fonction et pour résultat de clarifier, dans le sang ».

Les colons contraignirent les Wampanoag survivants à renoncer à leur religion, à leur langue et à une grande part de leurs traditions. L’acculturation forcée par les immigrants européens mena à une disparition rapide de la langue, des Wampanoags qui parlaient à l’origine le wôpanâak, ou massachusett , une langue de la famille des langues algonquienne. À partir du milieu du XIXe siècle, cette langue n’était plus du tout parlée.

En 1994, une femme Wampanoag nommée Jessie Baird (de son nom tribal « Little Doe ») déclara avoir reçu en rêve des messages de ses ancêtres en wôpanâak et se lança dans un projet de reconstruction de la langue traditionnelle. En liaison avec les linguistes du MIT Kenneth Hale et Norvin Richards, et grâce à des archives écrites rédigées en wôpanâak (dont une Bible), un dictionnaire de 11 000 mots fut produit pour lancer le réapprentissage de la langue. Le projet fut couronné d’un certain succès puisque de nombreux membres de la communauté apprirent la langue. La fille de Jessie Baird fut élevée en wôpanâak, ce qui en fit la première locutrice native depuis sept générations.

Techniques de culture Wanpanoag

La région de la côte Est où étaient établis les Wampanoag est caractérisée par un climat continental humide alternant des étés chauds et longs et des hivers rudes et pleins de neige.

Ce jardin inclue traditionnellement maïs, fèves, courge et tournesol ; maïs et fèves sont plantés sur buttes, les courges étant plantées entre les buttes. L’érection de butte à pour fonction de faciliter le drainage.

Dans le jardin Wampanoag, des buttes surélevées de maïs et de fèves sont érigées en premier. Les monticules sont alignés en rangs avec une distance d’environ variant d’un mètre vingt à un mètre quarante entre les centre des buttes adjacentes.
Chaque butte d’environ 45 centimètres de diamètre qui se rétrécit en un sommet plat d’une largeur de 25 cm et d’une mesure une quinzaine de centimètres de hauteur


Reconstitution d’un jardin Wampanoag

Pour conserver l’humidité, une dépression avec un rebord doit être formée sur le dessus de chaque butte. Une fois complétées, les buttes ressemblent à de petits cratères. Lorsque les buttes sont prêtes, 4 graines de maïs sont plantée à 15 cm d’écart et à 7 cm de profondeur sur la surface supérieure de la butte.

Des tournesols sont plantés le long du côté nord du jardin, afin qu’ils n’ombragent pas les autres cultures. Les graines de tournesol sont plantées en même temps que le maïs. Le tournesol commun à plus petites fleurs, Helianthus annus, est traditionnellement cultivé dans le jardin des Trois sœurs Wampanoag. Les buttes de tournesol sont situées sur le côté nord du jardin. Les buttes sont espacées d’environ 90 cm depuis le centre, trois graines étant plantées – une semence par trou – sur le dessus de chaque butte. Les graines de tournesol sont traditionnellement récoltées après la première gelée.

Une fois que le maïs atteint une hauteur de 10 à 15 cm, 4 graines de fèves sont plantées à mi-hauteur des côtés descendants de chaque butte. Les tiges volubiles des fèves s’enrouleront autour des tiges du maïs qui servira de tuteurs. Les tige de fèves peuvent être taillés quand elles deviennent trop envahissantes et agressives.

Les semis de courge sont effectués en même temps que celui des fèves. Mais sur des buttes différentes. Des buttes rondes de 7 à 8 cm de haut et d’environ 30 cm à la base sont disposées entre les buttes de maïs et de fèves. Traditionnellement, quatre graines sont plantés sur le dessus de chaque butte. Les semis sont disposés pour représenter chacune des quatre directions sacrées. Les variétés d’hiver et d’été sont plantées, incluant la citrouille, la courge poivrée et la courge torticolis d’été.


Les jardins Hidatsa

« Nous, les Hiraacá, croyons que notre tribu vivait autrefois sous les eaux du lac Devils. Certains chasseurs découvrirent la racine d’une liane qui poussait sous les eaux et en l’escaladant, ils se retrouvèrent à la surface de la terre. D’autres les suivirent jusqu’à ce que la moitié de la tribu se soit échappée des eaux, mais la liane se brisa sous le poids d’une femme enceinte, laissant les autres prisonniers du lac. Une partie de notre tribu est donc encore sous les eaux ».

Les Hidatsa fédèrent trois groupes, aux histoires et aux dialectes différents qui vivaient près de la rivière Awáati renommée Missouri par les colons : les Awaxawi « Village sur la Colline » ou Amahami « Terre Brisée, Pays Montagneux » ; les Awatixa « Village des Loges Dispersées » ou Awadixá « Haut Village » et les Hidatsa proprement dit ou Hiraacá / Hiratsa « le peuple des saules ». Ce dernier, le plus grand des trois, était lui-même une confédération de nombreux groupes nomades. Pendant des siècles, la région de Knife River, située dans l’actuel État du Dakota du Nord, fut la terre des Hidatsa. Les premiers villages remontent au XIIIe siècle. Leur territoire s’étendait le long du Missouri, et dans les régions à l’ouest du fleuve.

Technique culturale Hidatsa

Dans les plaines du Nord, des États-Unis aux étés chauds, orageux et humides et aux hivers très froids, secs et parfois venteux (des températures de - 20 °C sont fréquentes) et aux automnes et printemps marqués par de sévères chutes de neige (blizzard), les Amérindiens Hidatsa, Mandan et Arikara jardinaient le long des plaines inondables de la rivière Missouri.

La plupart des tribus de cette région utilisaient un modèle de jardin comportant des rangs de maïs et de fèves ou haricots disposés en alternance, les tournesols étant cultivés le long du côté nord du jardin. Les courges étaient plantées après chaque quatrième rang de maïs et de fèves et autour des côtés est, sud et ouest du jardin.
Les tournesols sont plantés dès que la menace de gel est levée. Comme dans le jardin Wampanoag, trois graines de tournesol étaient plantées sur des petites buttes distantes de 90 cm le long du côté nord du jardin.

Le jardin Hidatsa diffère du modèle Wampanoag au niveau de la disposition des graines – les trois graines y étant ensemencées dans un seul trou. Les variétés de tournesol Hidatsa produisent des graines noires, rouges, blanches et rayées.
Les courges sont semées à l’intérieur dans les pots de tourbe ou des planches de culture lorsque les tournesols sont semés dans le jardin.

Avant la plantation dans le jardin, les buttes pour les courges distante de 1,20 m entre chaque centres sont préparées (leur base mesurant environ 40 cm). Les buttes de courges sont situées le long des côtés est, ouest et sud du jardin et alignées avec les rangs de fèves.

Les semis de courges sont habituellement transplantés quand ils atteignent environ 10 cm de haut et ont produit leurs premières vraies feuilles (environ deux semaines après la plantation du maïs). Pour les protéger des fortes pluies du printemps, quatre semis sont plantés sur les côtés de la butte par paires, séparées par une distance de 30 cm.

Dans le jardin Hidatsa, il y a normalement quatre buttes de maïs par rang de maïs. Notez que les rangs de maïs sont alignés, mais échelonnés entre les rangs de fèves. Les buttes de maïs Hidatsa sont érigées de la même manière que les buttes de maïs et de fèves du modèle Wampanoag. Toutefois, seul du maïs est planté sur les buttes du modèle Hidatsa et huit graines, et non quatre (comme dans les jardins Wampanoag), sont plantées sur le dessus de chaque butte. La culture du maïs en bouquets protège contre les dommages causés par le vent et la pluie.

Le maïs corné Hidatsa est planté en mai dans le Dakota du Nord quand les feuilles des arbustes de la groseille à maquereau émergent et sont pleinement formées.
Le maïs est planté une semaine ou deux après le tournesol. Ce maïs corné est une variété semi-aride dont la saison de croissance est de 70 jours.
Le choix de variétés de maïs adapté au sols et aux conditions climatiques ou elles sont cultivées est essentiel.

Les fèves ou haricots sont plantées en même temps que le maïs. Dans le jardin Hidatsa, les graines de légumineuses sont plantées sur leurs propres buttes séparément du maïs. Ces buttes sont situées entre les rangs de maïs suivant un modèle séquencé, alterné.

Les buttes sont des ovales arrondis, d’environ 10 cm hauteur, 20 cm de large et 35 cm de longueur.

Traditionnellement, deux personnes travaillent ensemble pour planter les fèves. La première faisant six trous sur la pente de la butte de fèves faisant face au sud, par un mouvement rapide en insérant les deux mains dans le sol avec les pouces et les deux premiers doigts écartés pour faire deux ensembles de trois trous espacés de 15 cm. La deuxième personne suit et plante une graine dans chaque trou. Un total de six graines est planté sur chaque butte de fèves.

Jardin Zuñi en gaufre

Les Zuñi proviennent seraient les descendant du peuple Anasazi qui vivait dans l’actuel Nouveau Mexique, il y a plus de 1 000 ans, avant la venue des Européens. Ce peuple, les Anasazis, était une grande civilisation précolombienne qui détenait de larges territoires et de nombreuses richesses, et rassemblait des civilisations et des cultures distinctes.

Les Zuñi ont réussi à résister à l’influence extérieure et revendiquent depuis toujours le même territoire, sur lequel ils vivent depuis des siècles. Comme les Hopi, le Zuñi vivent principalement dans le « pueblo » Zuñi dans la région des Four Corners dont le climat aride à des altitudes de plus de 2000 mètre fait du jardinage un défi particulier.

Les modèles de jardins Wampanoag et Hidatsa utilisaient des buttes pour empêcher que les racines soient noyées. Dans les jardins Zuñi, l’accent est mis sur la conservation de l’eau. Des carré de culture mesurant environ 60 cm par 60 cm pieds sont délimités. Chaque carré individuel de 60 cm² est entouré d’un large rebord. Ces murets en adobe mesurent de 20 à 30 cm de haut. Les dépressions captent et retiennent l’eau près des racines de la plante. En ralentissant l’évaporation et en les protégeant du vent, les murets d’adobe aident à protéger les semis. Chaque carré accueille, une culture ou une combinaison de cultures. Cette technique est adaptée aux zones à saisons sèches ou arides.

Traditionnellement, les cultures sont plantées densément : de cinq à huit graines de maïs sont semées dans chaque trou pour créer des bouquets de maïs similaires à ceux du jardin Hidatsa.


Jardins Zuñi

Les graines de maïs sont plantées profondément : de quinze à vingt de centimètres dans les sols légère et sableux et à une profondeur d’une dizaine de cm dans les sols argileux plus lourds. Les fèves ou haricots et les courges sont semés aux mêmes profondeurs et suivant les mêmes espacements que le maïs. Le même nombre de fèves ou haricots (4-8 graines) est planté autour de chaque bouquet de maïs, une graine par trou. Les variétés sélectionnées ont la capacité de développer des racines pivots et à germer à des profondeurs allant jusqu’à quarante cm.

Une ou deux plantations de courges (4-8 graines par trou) sont ajoutées à chaque gaufre.

Comme dans les jardins Wampanoag et Hidatsa, les tournesols peuvent aussi être plantés le long des côtés du jardin Zuñi en gaufre. Helianthus maximilianii, un petit tournesol avec des fleurs d’environ 7 cm de diamètre, est le plus couramment cultivé dans le Sud-ouest.

Les Tewa et autres peuples du sud-ouest ajoutent une quatrième sœur connue sous le nom de Rocky Mountain Beeweed » (Cleome serrulata), attirant les abeilles pour favoriser la pollinisation des haricots et des potirons.

Mis en ligne par La vie re-belle
 10/12/2018
 http://lavierebelle.org/?mais-haricots-courge-trois-soeurs-plurimillenaires