Phytopratiques traditionnelles pour aujourd’hui et demain

Nous présentons et reprenons ici un article passionnant de Francis Hallé qui met en lumière la richesse des connaissances botaniques et des savoir-faire arboricoles et horticoles des communautés paysannes des zones tropicales.

Phytopratiques traditionnelles pour aujourd’hui et demain

Cet article donne accès à une recherche impulsée par Francis Hallé sur les phytopratiques tropicales traditionnelles, publiée en 1996 dans le deuxième volume de l’ouvrage : L’Alimentation en forêt tropicale interactions bioculturelles et perspectives de développement

Nous reprenons ici cet article passionnant qui met en lumière la richesse des connaissances botaniques et des savoir-faire arboricoles et horticoles des communautés paysannes des zones tropicales.

Ce patrimoine n’a pas été jusque là l’objet de l’attention qu’il mérite. En ignorant et méprisant les savoirs et savoir-faire que l’ont dit traditionnels la suffisance occidentale des prétendus modernes, à longtemps privé la communauté humaine d’un trésor. Francis Hallé, et d’autres chercheurs comme Kees Stiger ont contribué à faire reconnaître la valeur de ses savoir et à enclencher tout un mouvement de recherche sur les « savoirs indigènes ».

Dans ce sillage, l’UNESCO a accompagné un travail de collecte de ces savoirs et permis la publication d’ouvrages qui en présente la teneur. Ainsi, fut publié en 2002, un recueil de pratiques remarquable intitulé Best Practices using Indigenous Knowledge .

Ce patrimoine de pratiques techniques et de phytopratiques entre en résonance avec la sensibilité émergente pour les basses technologies (Lowtech), les techniques inspirées du vivant (biomimétisme), l’agroécologie et la permaculture.

Le lecteur trouvera ci-dessous l’intégralité de l’article de Francis Hallé « La découverte des phytopratiques tropicales traditionnelles » ainsi que les dessins de ce remarquable botaniste.

Nous nous sommes permis d’ajouter quelques notes supplémentaires qui figurent en italique dans des encadrés, d’enrichir le texte de photographies supplémentaires, et d’ajouter à la suite quelques phytopratiques tout à fait remarquables et rebonds contemporains de pratiques immémoriale.

Nous donnons également dans la bibliographie en fin d’article les liens vers les documents pdf des deux volumes de L’Alimentation en forêt tropicale interactions bioculturelles et perspectives de développement. L’article original de Francis Hallé figure dans le deuxième volume, pp. 1061-1680.

La découverte des phytopratiques tropicales traditionnelles

Francis Hallé

Introduction

Une discussion à caractère technique entre un paysan d’une région tropicale forestière et un botaniste tropicaliste peut conduire, si elle a lieu sur la base d’échanges de connaissances, à des résultats inattendus et intéressants. J’ai eu l’occasion d’échanger des phytopratiques avec des paysans de diverses régions tropicales, et je voudrais témoigner ici de l’intérêt de cette méthode d’investigation.

Historique

À partir des années 70, nous avons constitué au laboratoire de Botanique Tropicale de Montpellier II, un recueil de phytopratiques traditionnelles, enrichi par les contacts avec d’autres tropicalistes, parmi lesquels le Professeur Kees Stigter, de l’Université Agronomique de Wageningen, tient une place de premier plan. En 1980, dans le Daily News de Dar es Salaam, Kees Stigter lance un concours, doté d’un prix, dont le gagnant est le lecteur qui lui signalerait la meilleure pratique traditionnelle tanzanienne de manipulation du microclimat, destinée à améliorer le rendement des cultures. Le succès de ce concours a conduit, en 1985, au lancement d’un programme ambitieux de recensement des méthodes traditionnelles d’amélioration du microclimat agricole. Le programme TTMI (Traditional Techniques of Microclimate Improvement) est sous la responsabilité de Kees Stigter.

Au centre le Professeur Kees Stigter sur le terrain avec des paysans en Indonésie. A gauche et à droite, deux de ses ouvrages

En 1987, l’université de Iowa (USA) créait le CIKARD (Center for Indigenous Knowledge for Agriculture and Rural Development), dont le rôle était d’aider les pays du Tiers Monde à accroître leurs rendements agricoles sans dégrader leur environnement, en combinant les pratiques traditionnelles avec les perfectionnements agronomiques les plus récents. La revue « CIKARD News » devient ensuite « Indigenous Knowledge and Development Monitor », qui paraît à partir de 1993.

À Montpellier, nous avions alors regroupé un nombre suffisant de phytopratiques pour qu’une première mise au point s’avère nécessaire. Yildiz Aumeeruddy et Florence Pinglo ont été chargées de la rédaction d’un premier recueil, publié par l’UNESCO (1989). La recherche sur les phytopratiques tropicales traditionnelles a été poursuivie par Savouré (1988), puis par Hewindati (1991,1995), une scientifique indonésienne dont le travail ouvrait enfin la voie à un dialogue direct entre le scientifique et le paysan, réduisant à l’extrême les problèmes linguistiques et psychologiques. Vingt-cinq années d’investigations par plusieurs groupes de chercheurs, auprès des communautés paysannes d’un grand nombre de régions tropicales, ont permis de regrouper un ensemble de phytopratiques traditionnelles... dont je voudrais donner une idée à l’aide de quelques exemples. Un premier ensemble de pratiques (1 à 5) vise à faciliter l’utilisation des plantes cultivées, et donc à simplifier la vie quotidienne du paysan.

1 - Une greffe destinée à accroître la précocité des arbres fruitiers (Thaïlande, Brésil, Amérique centrale).

Les fruitiers ont souvent une longue période juvénile stérile, qui peut être de nature à décourager le paysan ; mais une pratique adaptée permet d’en réduire la durée. Le durian, un arbre fruitier extrêmement important en Asie, a une période stérile de huit ans ; l’adulte a, en outre, une hauteur de 30 mètres, ce qui complique la récolte.

Durian

La figure 1 montre le type de greffe pratiqué en Thaïlande. Une plantule est greffée sous une branche d’un arbre adulte, déjà abondamment fructifère. Lorsque la greffe est prise, on dispose d’une plantule de structure mixte dont la base est juvénile et dont le sommet est adulte. Conformément aux concepts actuels sur le mouvement morphogénétique chez les plantes pérennes (Nozeran, 1986), l’arbre obtenu fructifie en quatre ans ; il a en outre une hauteur réduite, ce qui facilite la récolte.

Figure 1 : La greffe entre une plantule et la branche d’un arbre adulte accroît la précocité d’un fruitier (Indonésie, Brésil).

Les paysans tropicaux intéressés par les fruitiers ont, à diverses reprises, imaginé la même solution technique au problème de la précocité et il est vraisemblable que les essais ont été effectués de façon indépendante ; la même phytopratique est, en effet, appliquée au mamey en Amérique centrale (Aumeeruddy et Pinglo, 1989) et au castanha do para en Amazonie brésilienne (Jean Dubois, comm. pers., 1982).

2- Un traumatisme racinaire destiné à rendre plus accessibles les fruits du jacquier (Thaïlande)

Le jacquier est un arbre fruitier asiatique dont les énormes fruits – jusqu’à 80 cm de longueur - sont dispersés sur le tronc et à la base des branches, dans des positions souvent peu accessibles (Hewindati, 1995).

Jaquier à Singapour

Une pratique thaïlandaise (Province de Songkhla ; Kheow Vongsri Pramoth, comm. pers., 1991) consiste à planter le jeune jacquier au-dessus d’une pierre plate ou d’un obstacle métallique, de sorte que la croissance du pivot se trouve étroitement limitée. On obtiendrait un jacquier dont les fruits seraient tous situés à la base du tronc , donc à portée de main.

Figure 2 : Empêcher la croissance du pivot peut modifier la position des fleurs chez un arbre cauliflore (Thaïlande)

Il s’agit d’un cas typique de phytopratique pour laquelle n’existe, ni hypothèse explicative, la biologie actuelle n’établissant aucune relation entre la croissance racinaire et la cauliflorie, ni confirmation « scientifique » tant que cette pratique n’aura pas été l’objet d’une vérification expérimentale.

3 - Un traumatisme racinaire destiné à rendre plus accessibles les fruits d’un agrume (Chine)

Aubert (1990) signale qu’à Shan Tou (Province du Guangdong, Chine tropicale), les cultivateurs d’agrumes enroulent délibérément le pivot des jeunes citronniers lors de la plantation.

L’effet serait double : une meilleure utilisation des engrais grâce à un enracinement superficiel, une croissance réduite de l’arbre permettant une récolte plus facile. Détestés par les forestiers, les pivots enroulés constituent ainsi une phytopratique intéressante en agrumiculture.

Figure 3 : Enrouler le pivot réduit la hauteur d’un arbre fruitier, donc facilite la récolte (Chine)

4 - La « césarienne » du bananier (Thaïlande)

Pramoth Kheow Vongsri (comm. pers. 1991) pratique la « césarienne » sur un cultivar thaïlandais de bananier dont la grande hauteur et la fragilité rendent la récolte difficile : il n’est pas possible d’appuyer une échelle sur le tronc pour accéder au régime.

Lors de la montée du primordium inflorescentiel à l’intérieur du tronc, Pramoth interpose une machette, puis une lame de bambou, dont l’inclinaison a pour effet de dévier l’inflorescence vers l’extérieur. Les limbes foliaires restant intacts, les bananes ont la même taille et le même goût que lorsqu’elles sont en position normale, mais la « césarienne » les place à portée de main (Hewindati, 1995) (figure 4).

Figure 4 : Dévier l’inflorescence, sans blesser les limbes foliaires, permet d’avoir le régime de bananes à portée de main (Thaïlande)

5 - Les bambous carrés (Japon. Philippines)

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une pratique à finalité alimentaire, il m’a paru intéressant
de rappeler qu’on peut obtenir des bambous à section carrée en faisant passer les jeunes pousses en croissance au travers d’un moule fait de quatre planches (figure 5).

Cette pratique, souvent décrite (Austin et Veda, 1977 ; Farrelly, 1984 ; Lapis et aL., 1986 ; Aumeeruddy et Pinglo, 1989), permet d’obtenir des bambous adaptés à la construction d’échafaudages.

Figure 5 : Le moulage des pousses de bambous est destiné à réaliser des chaumes carrés, utilisés dans la construction (Philippines)

6 - Une pratique visant à faciliter la croissance des tubercules d’ignames (Madagascar)

On creuse un trou dans lequel on enterre verticalement un tronc de bananier. En surface, on installe la bouture de tubercule d’igname et l’ensemble est recouvert de terre (figure 6) (Hewindati, 1995). La décomposition du tronc de bananier crée un milieu riche, humide et facile à pénétrer. Les tubercules d’igname y atteignent 1 mètre de longueur. Cette pratique, simple et modeste, m’a été signalée par les élèves du Centre Universitaire Régional de Mahajanga (comm. pers., 1990).

Figure 6 : Enfouir le tronc de bananier dans le sol et y faire pousser l’igname, permet d’accroître les dimensions des tubercules (Madagascar).

7 - Un traumatisme destiné à augmenter la production du palmier sagoutier (Nouvelle Guinée)

Le sagoutier est un palmier des marais forestiers d’Asie et de Mélanésie. La floraison terminale, énorme et létale, correspond à la disparition des réserves d’amidon accumulées dans la moëlle, suivie par la mort du tronc concerné.

Juste avant la floraison, le tronc est abattu et fendu en long ; on en retire 100 à 150 kg d’amidon, sous forme de fécule utilisée dans l’alimentation (cf Ulijaszek et Poraituk, 1996, chapitre 26 du présent ouvrage).

Jacques Barrau (1959, 1962) indique qu’en Papouasie, les habitants suppriment l’inflorescence apicale lorsqu’elle est à l’état d’ébauche. Ne pouvant fleurir, le palmier continue à accumuler de l’amidon et la production peut atteindre 400 à 500 kg par tronc (Aumeeruddy et Pinglo, 1989).

8 - Une pratique visant à augmenter la production du dattier à sucre (Bangladesh)

Ce dattier est exploité pour la sève tirée de ses inflorescences qui sert comme boisson ou comme source de sucre.

Dattier à sucre, Palmier ou Dattier indien (Phoenix sylvestris). La sève est extraite du sommet du palmier peut être bue directement sous forme de jus de palme, mais elle est généralement bouillie pour en faire du sucre ou fermentée et distillée pour produire un alcool fort. Les feuilles sont utilisées pour fabriquer des nattes et des paniers. Les fruits et les graines sont comestibles. Ce palmier est également largement cultivé comme plante ornementale.

Dans le district de Pabna, au Bangladesh, selon Abdul Momin (Torquebiau, comm. pers., 1991), les paysans placent des mottes de terre dans les aisselles foliaires de ce palmier, à partir du moment où son tronc devient visible et jusqu’à ce qu’il devienne adulte (figure 7).

Le poids de ces mottes, en écartant les feuilles, leur permet-il de capter davantage de lumière ? Les nutriments contenus dans la motte peuvent-ils entrer directement dans la plante au niveau des aisselles foliaires, à la faveur des pluies ? Quoi qu’il en soit, la croissance de l’arbre et sa production de sève sont améliorées de 50 à 100 % (Hewindati, 1995).

Figure 7 : On améliore l’alimentation du dattier à sucre en plaçant des mottes de terre aux aisselles de ses feuilles. Le témoin non traité est au centre de cette figure (Bangladesh).

9 - La soudure d’arbres destinée à accélérer la croissance et à accroître la précocité des fruitiers (Thaïlande, Indonésie)

Deux à quatre graines d’une même espèce d’arbre sont mises à germer à moins de 20 cm les unes des autres. Lorsque les jeunes plants ont une hauteur d’environ 80 cm, on les attache entre eux jusqu’à obtenir une complète fusion des tiges ; une légère blessure du cortex permet souvent de faciliter la fusion (figure 8).

Figure 8 : La soudure de plantules permet d’obtenir des arbres à plusieurs systèmes racinaires et à croissance accélérée (Thaïlande).

Il reste alors à éliminer les sommets les plus faibles, en gardant celui qui semble le plus prometteur. L’arbre obtenu dispose de plusieurs systèmes racinaires et il a, de ce fait, une croissance très rapide, avantageuse dans le cas d’un arbre à bois.

S’il s’agit d’un arbre fruitier, sa maturité sexuelle est rapidement atteinte, et sa vigueur le met à l’abri des pathogènes. Les aspects quantitatifs font défaut pour l’instant ; ils sont à l’étude en Côte d’Ivoire (Atindehou Kagoyiré, comm. Pers., 1993).

On peut acheter sur le marché de Bangkok des plants d’arbres fruitiers traités de cette manière : agrumes, durians, caramboliers, manguiers, jacquiers, tamariniers. D’après Aumeeruddy et al. (1989), il est probable que la plupart des dicotylédones ligneuses pourraient faire l’objet de fusion de jeunes plants.

NB. Pour que la technique réussisse il est important de n’ôter l’écorce de la tige qu’au niveau de la zone de contact des trois plants, sinon ils mourront.

10 - Une pratique destinée à augmenter le nombre des tubercules chez le manioc (Indonésie)

Tubercules de manioc
Tubercules de manioc

Les paysans de la région de Batu, Malang (Java Est) possèdent la phytopratique suivante : le plant de manioc fait l’objet d’une incision annulaire située à la base de son tronc, 10 cm environ au-dessus de la surface du sol (figure 9). La base du plant est ensuite recouverte de terre riche et meuble.

Figure 9 : Une incision à la base du tronc, recouverte de terre, permet d’augmenter le nombre des tubercules de manioc (Java).

La plante réagit en émettant, à partir de la lèvre supérieure de l’incision, des racines qui se changent en tubercules. Un deuxième groupe de tubercules se met en place au-dessus du premier. D’après Hewindati (1995) qui a noté cette technique à Java, le deuxième groupe de tubercules est plus gros que le premier, probablement à cause d’une meilleure aération du sol.

11 - La tour à pomme de terre (origine non précisée)

La « tour » est construite en grillage métallique, comme celui qu’on utilise pour les poulaillers. Elle a un mètre de hauteur et un mètre de diamètre ; un tubercule de pomme de terre est enfoui dans le sol, au centre de sa base circulaire. À mesure que la plante pousse, on remplit la tour avec de la terre fertile et légère, sans enterrer le sommet en croissance. La plante réagit en continuant son élongation vers le haut, et l’agriculteur continue à remplir la tour, en ayant soin de ne jamais enfouir les jeunes feuilles.

L’enfouissement de chacune des aisselles foliaires déclenche la croissance de stolons axillaires porteurs de tubercules (figure 10). À la fin de la saison de croissance, la tour est pleine ; on peut y récolter jusqu’à 100 kg de pommes de terre (Robert Morez, comm. pers., 1991 ; Hewindati, 1995).

Cette phytopratique trouverait son origine en Syrie ou en Israël ; aucune certitude n’a pu être acquise à ce sujet. Elle a été testée avec succès au CIEPAD (Carrefour International d’Échanges de Pratiques Appliquées au Développement ; 34380 Viols-le-Fort, France).

Figure 10 : La tour à pomme de terre : en enfouissant les méristèmes axillaires de la plante, on déclenche la production de tubercules supplémentaires.

12 - La technique Mukibat (Indonésie)

L’invention de cette remarquable phytopratique est attribuée à Bapak Mukibat, un paysan du village de Ngadiloyo, à Est-Java, en 1952 (De Bruijn et Dharmaputra, 1974).

Elle consiste à associer par greffage deux espèces de manioc dont l’une est un arbre et l’autre, un arbuste tubéreux. L’individu mixte que l’on réalise tire sa vigueur de l’un des partenaires er, de l’autre, sa capacité à tubériser (Hallé, 1993).

Figure 11 : La greffe du manioc arborescent sur une bouture de manioc ordinaire donne des tubercules géants (Java).

La figure 11 montre cette association du manioc arborescent avec le manioc habituel ; contrairement à ce que l’on observe dans la plupart de ces associations, c’est le porte-greffe et non le greffon qui se trouve modifié : le résultat est un arbre à tubercules géants, dont la durée de vie est allongée à 18 mois, et dont le rendement atteint 96 tonnes de tubercules par hectare et par an, soit dix fois le rendement habituel. Le maximum observé est de 195 kg pour un pied ; les tubercules obtenus par la technique Mukibat sont propres à la consommation et leurs qualités organoleptiques sont normales.

La technique Mukibat a été testée avec succès en Côte-d’Ivoire (Dizes, 1977). Elle a eu des précédents en Europe avec un greffage de pivoine en arbre sur pivoine herbacée (Jacques, 1834) et elle est pratiquée en Indonésie sur la patate douce (Boimau, 1982).

Manihot glaziovii et Manihot esculenta

13 - Une pratique visant à obtenir, chez la gourde-serpent, des fruits lourds et rectilignes (Sri Lanka, Indonésie)

La liane connue sous le nom anglais de « Snake Gourd » est originaire d’Asie tropicale et elle y est communément plantée pour sa croissance rapide et pour ses très longs fruits utilisés dans l’alimentation.

Patole ou Gourde serpent (Trichosanthes cucumerina)

À Sri Lanka, la liane est installée sur une sorte de tonnelle, sur laquelle elle s’étale à environ deux mètres du sol (figure 12). Les paysans cinghalais attachent une pierre à l’extrémité du jeune fruit en croissance et Mac Millan (1991) pense que cette pratique vise à obtenir des fruits rectilignes, au lieu des fruits spiralés ou contournés que l’on trouve à l’état sauvage.

Figure 12 : En soumettant le jeune fruit à une tension régulièrement croissante, on obtient des « gourdes serpent » qui atteignent deux mètres de longueur (Sri Lanka).

Il semble que cette pratique soit plus ambitieuse que ne le pense Mac Millan et qu’elle vise aussi à augmenter la production (Kotalawala, comm.pers., 1987). Le jeune fruit, sous l’effet du poids, réagirait en accumulant une plus grande quantité d’eau et de nutriments ; les fruits traités de cette manière atteignent deux mètres de longueur. Hewindati (1995) signale la même pratique à Java.

14 - Une pratique visant à augmenter la taille des courges (Sri Lanka)

Dans la zone sèche de Sri Lanka, il arrive que les courges ne puissent se développer normalement sans un apport d’eau. Plutôt que d’arroser la plante, les paysans jugent plus efficace de placer un récipient plein d’eau à proximité de chaque fruit, et d’installer une mèche en tissu entre ce récipient et le pédoncule du fruit (figure 13). D’après Kotalawala (comm. Pers., 1987), l’eau monte par capillarité et le fruit manifeste une croissance très rapide (Hewindati, 1995).

Figure 13 : Plutôt que d’arroser la plante, il est plus efficace de favoriser la croissance d’une cucurbite à l’aide d’une mèche qui traverse le pédoncule (Sri Lanka).

Enfin, trois pratiques diverses (15 à 17) ont été ajoutées dans le but de faire ressortir la variété et la richesse du domaine d’application des connaissances traditionnelles.

15 - Les arbres fontaines (Iles du Cap Vert, Iles Canaries, Sultanat d’Oman, Pérou, Chili)

Le garoé de l’île de Hierro - arbre qui figure dans les armoiries de cette île a fait l’objet d’une étude par Gioda et al. (1992). Cet arbre pousse dans une région où la pluie est rare, mais où les brouillards abondent, poussés par un très fort alizé : « S’il est poussé par un vent violent, le brouillard précipite sur tout objet interposé » (Gioda et al.). Un garoé isolé constitue ainsi un obstacle sur lequel le brouillard précipite ; l’eau ruisselle et, à la base du tronc, on la recueille dans une citerne ; ainsi s’alimentent en eau les voyageurs de passage ou les villages de la région.

Il s’agit d’un phénomène purement physique, et la nature de l’arbre importe peu ; aux Îles du Cap Vert, les capteurs de brouillard sont des fourcroyas, qui fournissent jusqu’à 20 litres d’eau par jour (Acosta Baladon, 1973 ; Savouré, 1988). À Oman, où les arbres fontaines sont des oliviers, la production quotidienne est de 60 litres par arbre.

L’un des arbres fontaine de l’île d’El Hierro de l’archipel des Canaries figure dans les armoiries locales. Les arbres fontaine ont été qualifié d’arbres saint par Bartolomé de Las Casas. On trouve une représentation du Saint arbre fontaine dans le tome 3 de la Description de l’Univers, publié à Paris en 1683. Son auteur, Manesson Mallet, qui n’avait jamais de tels arbres, s’est inspiré des récits et de l’imaginaire généré par l’arbre fontaine pour en faire exécuter la gravure ci-dessus.

Sur l’île d’El Hierro, un ancien chef des gardes forestiers, Don Zósimo Hernández, à entrepris au milieu du XXe siècle de reprendre la technique des les premiers habitants de l’île, les Guanches d’origine berbère et de replanter des arbres fontaine, après une grande période sécheresse qui accabla l’île et resta dans la mémoire locale comme « año de la seca ».

Le Garoé, dont le nom signifie « rivière » ou « lagune » en langue amaziq est un laurier endémique de l’archipel des Canaries que les botanistes appelle Ocotea foetens. Ce laurier de Madère n’est pas la seule espèce d’arbres fontaines aux Canaries, dans les îles du Cap-Vert ou encore ailleurs dans les déserts côtiers du Pérou et du Chili, d’Érythrée par exemple. Le genévrier de mer Jupinerus canariensis, le Laurier des Canaries Laurus azorica, la Bruyère arborescente Erica arborea, l’Olivier (Olea europaea), l’Henequen (Agave fourcroydes) et d’autres arbres encore peuvent être des arbres fontaines

Plus qu’une espèce précise, la bonne capture de l’eau du brouillard dépend de la localisation des arbres. Les cols des chaînes côtières face à la mer qu’ils dominent, tels un balcon, sont les meilleurs sites. Au Cap-Vert, les Henequen (Agave fourcroydes) peuvent capter 20 litres d’eau par jour lorsqu’ils sont utilisés comme « arbres fontaines ». À Oman, les oliviers peuvent produire 60 litres d’eau par arbre et par jour.

Olivier devenu arbre fontaine. Santiago du Chili

Au Chili, les arbres fontaines sont remplacés par des capteurs inertes (moustiquaires) qui alimentent en eau les villages (Gioda et al., 1992). Cela confirme qu’il ne s’agit pas d’un mécanisme biologique.

16 - Une méthode de lutte contre les fourmis coupeuses de feuilles (Brésil)

Les fourmis coupeuses de feuilles (Atta) représentent un handicap très lourd pour l’agriculture vivrière des pays forestiers d’Amérique tropicale. Une parcelle de culture peut être entièrement défeuillée en quelques heures, et vouée à une mort inéluctable. D’où l’intérêt des méthodes de contrôle des fourmis Atta développées par les Indiens Kayapó d’Amazonie ; ils introduisent dans leurs parcelles de culture les nids d’autres espèces de fourmis, inoffensives pour les plantes, mais qui éloignent les fourmis coupeuses de feuilles (voir Altieri, 1990, pour une révision de l’ensemble des pratiques traditionnelles de contrôle des prédateurs et parasites).

17- Le macrobouturage d’arbres utiles (Pantropical)

Répandu parmi les communautés paysannes d’Afrique, d’Amérique et d’Asie tropicales, le macrobouturage permet de multiplier les arbres avec un fort taux de succès, tout en leur assurant une croissance rapide.

Les macroboutures sont des poteaux de 2 à 5 mètres de hauteur et 10 à 30 cm de diamètre. Ils sont prélevés, comme le montre la figure 68.15, dans des zones particulières de l’arbre que l’on désire multiplier.

L’utilisation d’une substance de croissance destinée à faciliter la rhizogénèse peut être à conseiller. Placée verticalement dans un sol fertile, la macrobouture produit, grâce à la grande quantité d’eau et de réserves qu’elle contient, un vigoureux rejet, qui se transforme ensuite en un arbre à croissance rapide. L’entretien est quasiment nul et le désherbage est inutile.

Figure 15 : Les macroboutures (dont les meilleurs sites de prélèvement sont figurés à gauche) représentent un moyen simple et rapide de multiplier les arbres, sans que la végétation adventive (hachurée) ne gène leur croissance (Pantropical).

Beaucoup d’arbres tropicaux peuvent être multipliés par la technique du microbouturage, une euphorbe africaine utilisée pour le bois de feu (Anonyme, 1985), le pochote du Costa Rica (Jolin, 1985) ; les érythrines (Budowski et Russo, 1986) ; l’amvut ou « raisin des Pahouins » du Gabon, ainsi que d’autres arbres fruitiers de la forêt gabonaise (Bourobou-Bourobou, 1994), le narra des Philippines (Dalmacio et al., 1977), le teck, le padouk, le balsa, les figuiers, le dragonnier, le prunier mombin, le kapokier, l’anacardier, etc.

Les macroboutures se développent spontanément lorsque les poteaux des cases sont plantés rapidement après la coupe. On observe fréquemment le départ de la végétation sur les poteaux utilisés dans les constructions des régions forestières tropicales.

Ces macroboutures spontanées marquent l’emplacement des anciens villages car elles se développent dès que les constructions sont renouvelées et les arbres issus de ces plantations involontaires peuvent constituer une grande partie de la végétation des villages anciens.

Idéal pour la reforestation rapide, le macroboururage a retenu l’attention des compagnies d’exploitation forestières et pétrolières (Ericsson et Michaloud, 1994), ainsi que de la presse destinée au grand public (Bruyère, 1994).

Le macrobouturage de branches est également couramment utilisé pour réaliser des clôtures-vives comme le montre les photographies ci-dessous.

Clôtures vives de Gliciridia Saule et Nono (Morinda citrifolia)

Discussion et conclusion

La discussion ne portera pas seulement sur les dix-sept phytopratiques présentées ici, mais sur l’ensemble de celles qui sont actuellement recensées. En dépit de la dispersion géographique (Afrique, Amérique, Asie), les phytopratiques tropicales traditionnelles présentent un certain nombre de points en commun.

Elles sont simples et ne nécessitent qu’un matériel d’accès facile (machette, ficelle, pierre plate, planche ou grillage). Par contre, du fait qu’elles se traduisent par des traitements individuels de chaque plante, elles requièrent une main d’oeuvre abondante.

Elles nécessitent une très bonne connaissance de la plante et de sa croissance ; elles donnent des résultats rapides, souvent spectaculaires. Elles doivent être mises en œuvre à nouveau, à chaque saison de culture.

Elles se rattachent à la tradition, encore solide dans beaucoup de pays tropicaux, des cultures associées et de l’agroforesterie. Beaucoup d’entre elles (1,2,8,9, 11, 15) sont d’ailleurs originaires des agroforêts asiatiques.

Elles sont en adéquation avec la mentalité des paysans tropicaux, ainsi qu’avec leurs possibilités socio-économiques. Certaines pratiques (1, 14, 15, 16) semblent avoir été inventées de façon indépendante dans différentes régions du monde tropical, ce qui traduit l’adéquation avec la mentalité paysanne aux basses latitudes et laisse présager de la facilité des transferts d’un continent à l’autre.

Les phytopratiques ne sont que l’un des éléments d’un vaste savoir-faire qui concerne aussi la chasse et la pêche, l’artisanat, les techniques de construction, d’irrigation, de navigation, la musique et la médecine, etc. .. Ce capital technologique représente la plus précieuse des ressources pour les pays tropicaux.

Sauvegarder les savoir-faire locaux, les réhabiliter aux yeux mêmes de ceux qui les utilisent, les promouvoir, les décrire et les publier, les transférer d’un continent tropical à l’autre, voilà ce qu’une coopération éclairée pourrait inclure dans ses priorités.

Postface
autres phytopratiques remarquables

Daisugi, pratique forestière dérivée de l’art du bonsaï

La phytopratique appelée Daisugi a été élaborée au XIVe siècle par les habitants de la région de Kitayama au Japon. Cette technique dérivée de l’art du Bonsaï qui permet de produire du bois sans avoir à couper des arbres aurait été utilisée pour résoudre le problème de la pénurie de plants. En effet dans un pays essentiellement montagneux, Il y a très peu de terres planes propice à la culture de bois d’oeuvre et la plantation d’arbres sur les pentes abruptes est extrêmement difficile. Le daisugi a permis aux arboriculteurs de réduire le nombre de plantations, mais aussi d’accélérer le cycle de récolte et de produire du bois plus dense.

Daisugi est composé des mots « cèdre » (« sugi ») et « table » (« dai »). Daisugi signifie ainsi littéralement « cèdre de table ». Comme on le voit sur la photographie ci-dessus cette technique arboricole donne l’impression que l’on a posé des cèdres élancés sur une table basse de cèdres plus petits.

Dans le daisugi, le cèdre est taillé de façon très particulière, de sorte qu’il forme un bonsaï géant qui génère des branches verticale droites. Sur un seul cèdre “daisugi” peuvent pousser plusieurs dizaines de branches de ce type, dont le bois est plus flexible que celui du cèdre enraciné tout en étant est deux fois plus résistant et plus dense. Le cèdre souche peut quant à lui vivre plusieurs siècle.

Les techniques d’étêtage, celles des trognes et du taillis répandues en Europe depuis la plus haute antiquité s’apparentent à la pratique du Daisugi.

Avec la technique du taillis les rejets des souches de feuillus sont régulièrement émondés. Après avoir été coupée, la souche de l’arbre génère des brins qui sont coupés à blanc lorsqu’ils ont atteint des dimensions acceptables. De nouveaux brins apparaîtront à nouveau après cette coupe et ce cycle peut être utilisé jusqu’à épuisement de la souche.

Domestication des ignames

À l’état sauvage, les tubercules de l’igname se développent à une profondeur allant jusqu’à 1 à 2 m rendant ainsi très difficile leur récolte. Pour résoudre ce problème, les cultivateurs malgaches enterrent des matériaux végétaux facilement dégradables tels qu’un tronc de bananes, une botte de pailles de maïs, des résidus de récolte, disposés suivant une position horizontale, puis plantent dessus l’apex des tubercule d’ignames sauvages. Ainsi l’axe de croissance de la tubercule sera guidé vers la position horizontal, ce qui facilitera la récolte. Il est possible de « domestiquer » par cette technique la majorité des variétés d’ignames du genre Dioscorea (D. maciba, D. antaly, D. bemandry, …).

Ignames

Produire de meilleurs Mangues, Jacques et citrons

À Madagascar, certains arboriculteurs font des entailles à coup de machette au niveau du tronc de l’arbre pour permettre aux manguiers (et à d’autres arbres fruitiers comme le jacquier (Arthocarpus integrifolia) et citronnier (Citrus limonium L.) de produire de meilleurs fruits.

Mangues

Selon les communautés qui pratiquent cette technique :

- la mangue portées par le manguier ainsi traité ne présenteraient plus cette sève irritante qui entraîne habituellement des plaies sur la joue des enfants ;

- le jacque n’aurait plus cette gomme désagréable qui colle partout sur la main

- le citron serait plus juteux tout en étant bien calibré.

L’explication des paysans est la suivante : « en octobre, on blesse la plante pour qu’elle s’évide de ses sèves et gommes qui ne sont pas bons pour la qualité des fruits ».

Faciliter le mûrissement des bananiers

À Madagascar, le jeune plant de bananier, arraché d’une souche mère, est placé pendant une ou deux nuits (avec ses racines nues) dans un endroit ombragé avant de le transplanter. Sans cela, selon les cultivateurs, les bananes mûrissent difficilement par les procédés artificiels de maturation. Les paysans expliquent qu’il faut d’abord aider le jeune bananier à éliminer les « eaux sales » (rano ratsy) de la plante mère avant sa mise en terre.

Les paysans malgaches accélèrent également la maturation du régime de banane en supprimant à temps utile le restant du cône d’inflorescence mâle, qui consomment les substances nutritives qui doivent commander le mûrissement des fruits".

Régime avec et sans fleur mâle

Conservation de l’eau dans les Baobabs

Dans certaines régions ou le baobab est endémique, les populations locales utilisent les très gros et vieux baobabs qui sont creux comme réserve et citernes d’eau de pluies lors des saisons sèches. Une fenêtre est alors creusée à 4 mètres de haut et cette citerne est remplie par l’Homme durant la saison de pluie. Ceux-ci bénéficient alors de 9 m³ d’eau durant la longue saison sèche.

Purification des eaux troubles

Au nord du Soudan, ou les crues du Nil rendent parfois son eau impropre à la consommation à cause de la boue et des bactéries fécales, on utilisent les graines de Moringa broyées et mélangées à l’eau, pour celle-ci claire et propre à la consommation. Les graines broyées ont un pouvoir floculant qui coagulent les impuretés tandis qu’une substance antibiotique dans l’huile supprime 98 % des bactéries. Cet usage est économique, et au plan sanitaire il s’avère plus efficace que le sulfate d’aluminium utilisé en Europe.

Pour une revue des pratiques traditionnelles de purification de l’eau lire l’article « Purifier l’eau avec les ressources du milieu »

Les phytopratiques décrites ici ne sont qu’une petites partie des savoir-faire et des connaissances élaborées au fil des siècles par les communautés paysannes de tous les continents.

Pour aller plus loin le lecteur pourra se référer à la rubrique Relier savoirs traditionnels et contemporains appelée à devenir une bibliothèque des pratiques traditionnelle remarquables où figurent les articles suivants :

- Purifier l’eau avec les ressources du milieux

- Sels végétaux traditionnels

- Apiculture et ruches rwandaises

On trouvera également sur le site de la Vie rebelle la description d’autres techniques remarquables :

- Jardins flottants du Bangladesh

- Milpa et forêts-jardins maya

- Irrigation avec des jarres enterrées

L’ouvrage coordonné par Éric Mollard et Annie Walter Agricultures singulières offre une revue remarquable de système agricoles traditionnels élaborées pour répondre aux contraintes des contextes agricoles dans le monde.

L’aouvrage de Boven (Nuffic) et Karin, Morohashi Jun (UNESCO/MOST) Best Practices using Indigenous Knowledge dresse un panorama de techniques remarquables

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Mis en ligne par La vie re-belle
 10/09/2020
 http://lavierebelle.org/phytopratiques-traditionnelles

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