Purifier l’eau avec les ressources du milieux

Outils, techniques traditionnelles et technologies douces (Low-Tech) contemporaines

Toutes les civilisations anciennes ont développé une connaissance des substances végétales et minérales qui ont le pouvoir de purifier l’eau, et des techniques permettant de limiter les risques liés à la consommation d’eau souillée. L’inventaire de ces connaissances et des savoir-faire traditionnels et la revue des recherches contemporaines relatives à leur l’efficacité et à leurs possibles améliorations, montre que tous les milieux recèlent des ressources végétales et minérales permettant d’obtenir une bonne eau de boisson et que diverses technologies douces peuvent être partout facilement mises en oeuvre

Outils, techniques traditionnelles et technologies douces (Low-Tech) contemporaines

Purifier l’eau avec les ressources du milieux

Vivant et cultivant à Nyamata au Rwanda, nous avons la chance de pouvoir nous approvisionner en eau de source, à la fontaine de Rwakibirizi, à quelques kilomètres de notre maison. C’est un peu loin mais cette eau réputée pour ses vertus est si agréable à boire que nous allons chaque semaine remplir les bidons qui serviront à notre consommation. Mais tout le monde n’a pas cette chance de disposer d’une telle source d’approvisionnement en eau pure.

Selon un rapport de l’OMS publié en 2017, quelque 2,1 milliards de personnes, soit 30% de la population mondiale, n’ont pas accès à une eau potable et 60% ne disposent pas d’assainissement géré en toute sécurité.

Maladies d’origine hydriques

Les maladies et par extension les risques sanitaires liés à la qualité de l’eau et à l’accès à l’eau potable comptent parmi les plus fréquentes dans le monde, et sont celles qui tuent le plus (les enfants notamment).

On distingue différents types de maladies transmises par l’eau :

1. Des maladies infectieuses sont induites par une eau contenant des microorganismes, essentiellement des bactéries pathogènes, sources de diarrhées et gastro-entérite souvent épuisantes et pouvant entraîner la mort de personnes vulnérables. Ces maladies comprennent entre autres le choléra, la typhoïde, la polio, la méningite, l’hépatite A et E, et la diarrhée.

2. Des parasitoses peuvent être acquises lors d’activités mettant en contact avec l’eau : baignade, pêche, chasse, travail en zone humide... Ces maladies sont transmises par des organismes qui passe une partie de leur vie dans l’eau et une autre en tant que parasite. Sans être forcément être mortels, ces maladies diminuent fortement les capacités physiques. La plus connue est la schistosomiase, appelée aussi bilharziose.

3. Des pathologies sont liées à la présence de composés chimiques toxiques diffusés par les activités industrielles et agricole contaminant les sols et en conséquence l’eau des nappes phréatiques, des rivières, et aussi les eaux distribuée par les réseaux d’eau traitées au sein de station d’épuration.

Si parmi les composés chimiques d’origine agricole, miniers ou industriel, certains sont considérés sans risque pour la santé en dessous d’une certaine concentration, d’autres sont toxiques même à l’état de trace. Outre leur concentration, le temps, et la régularité d’exposition à ces substances est également un facteur de toxicité très important. Certaines substances, comme les métaux lourds, ne sont pas éliminées par l’organisme. Elles s’y accumulent, et leur ingestion prolongée peut être la cause de maladies graves, même si la teneur dans l’eau est faible. Ingérées en grande quantité lors d’une pollution accidentelle, ces mêmes substances sont rapidement toxiques.

4. Des maladies sont transmises par des vecteurs qui sont plus nombreux là où l’eau est très présente comme les moustiques et les mouches tsé-tsé qui infestent certaines zones aquatiques. Parmi ces maladies, on trouve la fièvre jaune, la dengue, la maladie du sommeil, la filariose et le paludisme ou malaria.

Les maladies à transmission hydrique sont souvent des maladies évitables. Nous nous intéresserons ici aux moyens de limiter les risques liés à la consommation d’eau souillée, contenant des vecteurs d’infections, de parasites, et aux « techniques » qui pourraient être facilement mises en œuvre au Rwanda et plus largement dans les pays tropicaux dans les zones ne disposant de sources d’approvisionnement en eau « saine ».

Techniques traditionnelles d’amélioration de la qualité des eaux destinée à la consommation

Partout dans le monde, les communautés rurales ont développé des techniques de traitement de l’eau pouvant être mises en œuvre au sein des familles ou à l’échelle d’un voisinage. Les techniques de traitement traditionnelle de l’eau vont de la simple filtration à l’aide d’un tamis ou d’un chiffon à la clarification et à la filtration à l’aide de filtres à pierre et de matières végétales disponibles localement. Certaines techniques traditionnelles permettent seulement d’éliminer les impuretés visibles telles que les feuilles, les brindilles et les particules en suspension de l’eau. Mais il existe également des techniques traditionnelles pour obtenir non seulement une eau claire mais aussi pour éliminer les germes pathogènes et certains polluants, qui améliorent considérablement la sécurité d’utilisation de l’eau à des fins de consommation.

Nous traiterons dans un prochain article des moyens de créer des milieux naturels permettant d’alimenter les nappes phréatiques et les rivières en eau non contaminée et de disposer de sources d’eau potable.

Ce présent article dresse l’inventaire des techniques traditionnelles de traitement des eaux contaminées. Notre objectif est ici d’identifier les techniques permettant d’obtenir facilement et à moindre coût, la meilleure eau de consommation possible en fonction des savoir-faire et des ressources localement disponibles ou pouvant aisément être acquises et adoptées.

Techniques de filtration

Filtration à l’aide de vans

Lorsque la source d’approvisionnement en eau est souillé par des impuretés portées par le vent, telles que des feuilles sèches, des tiges et des particules grossières, l’utilisation d’un van comme tamis filtrant permet d’éliminer les impuretés grossières. Cette méthode courante en Afrique de l’Ouest, ne peut pas être utilisée lorsque l’eau brute est très trouble ou boueuse, car le tamis ne peut pas filtrer les fines particules en suspension dans l’eau. Elle améliore l’aspect de l’eau destinée à la consommation mais pas ses qualités sanitaires.

Filtration avec des tissus

Une pratique courante, consiste à filtrer à l’aide de tissus généralement en coton, les débris végétaux, insectes, particules grossières de poussière ou de boue. La filtration des particules fines en suspension dans l’eau ne peut en revanche être réalisée que dans une faible mesure avec cette méthode.

Ce type de filtration convient donc parfaitement à la filtration de l’eau de puits ou de l’eau de pluie mais ne convient pas aux eaux très troubles.

En Inde, l’eau de pluie était autrefois recueillie à l’aide d’un morceau de tissu de lin blanc. Le linge qui était suspendu à l’extérieur prenait une forme d’entonnoir avec une pierre placée en son centre afin que l’eau récoltée s’écoule dans un récipient propre placé en dessous.

Filtre en tissu utilisé en Guinée

Filtration avec des récipients d’argile

Des jarres en argile dont les pores ont une taille appropriée sont parfois utilisées pour filtrer les eaux troubles. L’eau turbide est recueillie dans un grand pot en argile et laissée à décanter. L’eau s’écoulant à travers la paroi inférieure poreuse est recueillie dans un second récipient placé au fond de la jarre. Cette méthode de traitement de l’eau est courante en Égypte. La céramique en argile poreuse à la propriété d’éliminer une partie des agents pathogène de l’eau.

Jarre filtrante égyptienne
Gravure extraite de la Description de l’Égypte ou Recueil des observations et recherches faites en Égypte pendant l’expédition française, publié par les ordres de Sa Majesté l’Empereur Napoléon le Grand, 1809}

L’ajout d’une pièce d’argent dans la jarre permet d’augmenter la faculté purificatrice du dispositif. Cette technique a inspiré un nouveau modèle de jarre filtrante par adjonction d’argent colloïdal à l’argile des céramiques.

Jarre en céramique améliorée par adjonction d’argent colloïdal dans un hôpital et modèle domestique

Filtres en pierre poreuse

Les civilisations précolombiennes d’Amérique centrale et du sud utilisaient des roches poreuses d’origine volcaniques comme filtre qui retenait les impuretés et produisait en eau de boisson fraîche et salubre.

Il sculptaient dans ce but un cône creux dans la pierre qui était maintenu en suspension par une structure en bois, appelée « tinajero ». L’eau s’écoulant de la roche filtrante était recueillie dans un récipient placé au-dessous.

Les cônes de pierre étaient utilisés pour filtrer l’eau de pluie, de rivière, d’estuaire ou de retenue d’eau. Ces cônes de pierre présentaient l’intérêt de conserver l’eau fraîche et de la purifier de nombreux pathogènes.

Cône filtrant en pierre poreuse [Couvent de Santa Catalina, Arequipa, Pérou]

Dans certaines régions de l’île de Bali et de Chine où on trouve des roches poreuses, réservoirs filtrant sont taillés dans la roche puis placés dans des bassins de collecte des eaux alimenté par une source d’eau courante grâce un système de trop-plein, ou par un tuyau de bambou.

Le bassin de collecte des eaux est partiellement rempli de sable grossier et de graviers qui servent de premier média filtrant. L’eau passe à travers ce premier filtre avant d’atteindre le réservoir en pierre poreuse. Ce réservoir filtrant a une hauteur moyenne de 60 cm, un diamètre de 50 cm et une épaisseur de paroi de 10 à 12 cm. L’eau boueuse est filtrée lors de son passage à travers la paroi poreuse du réservoir qui recueille une eau qui pourra être puisée et bue.

Un réservoir dont les parois ont de 13 cm d’épaisseur filtre en moyenne presque quatre litres par heure. Cette productivité permet de couvrir les besoins en eau potable d’une famille de cinq personnes.

Techniques de réduction de la turbidité de l’eau

Des substances organiques naturelles sont utilisées depuis plus de 2000 ans en Inde, en Afrique et en Chine, et certainement ailleurs également, pour éliminer la turbidité des eaux de boisson et transformer les eaux troubles, boueuses ou eutrophes en eau claires. Mélanger ces substances a pour effet de coaguler les particules troublant l’eau qui pourront dès lors facilement être éliminées par exemple par filtration.

Parmi les nombreuses de substances végétales qui peuvent être utilisées dans ce but on peut citer :

- la poudre de « noix Tamoules » issue du bien nommé Clearing nut tree ou Water purifying fruit (Strychnos potatorum)

- la poudre de graines ou mucilage de Gombo (Abelmoschus sp.)

- la farine de grains de haricot rouge (Phaseolus vulgaris

- la poudre de graines de Moringa (Moringa oleifera)

- la farine de pois chiche (Cicer arietinum)

- la poudre de graines de Prosopis juliflora.

- l’extrait de feuilles de Neem (Azidiratcha indica)

- l’extrait de raquettes de figuier de barbarie (Opuntia ficus-indica) et d’autres cactus comme Cactus latifera

- la farine de maïs grillée (Zea mais)

- la poudre de graines de moutarde (Brassica sp.)

- la poudre de graines de coriandre (Coriandrum sativum)

- la pulpe du fruit du tamarinier (Tamarindus indica)

- la poudre de racine de Vétiver (Vetivera zizanioides)

- la cendre de bois d’arbre de Sal (Shora robura). (Ce procédé est utilisé dans certains villages indiens, quand l’eau brute est boueuse et malodorante : la cendre est mélangée à de l’eau avant d’être filtrée)

Comme cette liste qui est loin d’être exhaustive le suggère, les substances végétales permettant de clarifier les eaux destinées à la consommation humaine ou animale sont, du fait de leur diversité , presque toujours localement accessibles et bon marché, sinon gratuites, dans la plupart des pays tropicaux et au-delà.

Au Rwanda, ou nous habitons, nous pouvons par exemple facilement disposer d’arachide, de Moringa, de vétiver, de haricots, de maïs, de figuier de Barbarie

Nombre de ces substances ne se contentent pas d’avoir pour effet diminuer la turbidité de l’eau mais éliminent également, et parfois dans des proportions très importantes, les bactéries pathogènes contenues dans l’eau. L’huile extraites de feuilles de neem, peut ainsi contrôler jusqu’à 99% de l’activité bactérienne de l’eau ; la poudre de graines de Moringa la réduit de 96 % et parfois plus. La poudre d’arachide a la capacité d’éliminer 61% des coliformes fécaux ; l’extrait foliaire de Neem les éliminent à 81%.

Si leur utilisation ne garantit pas l’éradication de toutes les bactéries ni de divers polluants qui peuvent contaminer l’eau, les techniques de traitement des eaux utilisant des agents coagulant naturels améliorent significativement la qualité des eaux de boisson et en conséquence la possibilité d’accéder à une eau potable.

Comparativement aux polymère de synthèse, les polymères organiques naturels qui floculent les colloïdes à l’origine de la turbidité de l’eau présentent l’avantage de ne présenter aucun risque de toxicité, d’être entièrement biodégradable, et d’être soit gratuits, soit d’un bien moindre coût que les produits chimiques classiques utilisés dans les traitement des eaux conventionnelles, du fait de leur disponibilité dans la plupart des régions rurales.

Exemple de purification de l’eau au moyen de végétaux

Eaux purifiée par les graines de Moringa

Informations issues des recherches de l’ONG Echo https://www.echocommunity.org/, et du site Moringa-News https://miracletrees.org/larbremoringa.html

Les propriétés purificatrices du Moringa sont connues depuis des siècles en Chine, en Inde et au Moyen Orient. Le nom arabe de cet arbre, « shajarat al rauwaq », qui signifie « arbre purificateur » ferait référence à une antique pratique de traitement de l’eau, qui consistait à déposer quelques feuilles de moringa sur de l’eau saumâtre pour la rendre claire. Toutes les parties de l’arbre sont dotées de ce potentiel clarificateur l’eau mais dans des proportions différentes. Les graines contenues dans les longues gousses concentre plus particulièrement cette propriété. Mélangée à de l’eau trouble, les graines coagulent les particules en suspension responsables la turbidité et éliminent aussi la plupart des bactéries de l’eau. En éliminant jusqu’à 98 voire 99% des matières colloïdales, ce procédé très simple à mettre en œuvre produit une eau d’une qualité équivalente à celle d’une eau potable de ville.

Cette propriété est due à la présence d’un type de protéines, particulièrement concentrées dans les graines. Ces protéines sont des polyélectrolytes cationiques actifs qui neutralisent les matières colloïdales des eaux boueuses ou sales, parce que la majorité de ces matières ont une charge électrique négative. Les protéines des graines de moringa agissent de la même manière que certains coagulants industriels qu’elles égalent en matière de résultat et surpassent du point de vue de leur innocuité de leur coût très faible et de la simplicité de leur utilisation.

L’Agence de coopération internationale allemande pour le développement GTZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit) a mené une évaluation du potentiel purificateur de des graines de moringa.

Pour Samia Jahn, une chercheuse allemande qui a travaillé pendant de nombreuses années pour cette agence :

« Lorsque la turbidité est élevée, l’action du moringa est presque aussi rapide que celle de l’alun mais à turbidité moyenne ou faible, son action est plus lente. Les concentrations de poudre de graine requises ne dépassent pas 250 mg/l. L’élimination par coagulation de la matière solide en suspension dans l’eau enlève en même temps une bonne partie des bactéries. Au site d’échantillonnage de la GTZ, le nombre total de coliformes était de 1 600 à 18 000 par 100 ml. Après une heure de traitement avec de la poudre de graines de moringa, le nombre de coliformes avait diminué à de 1 à 200 par 100 ml. On obtient de bons résultats en faisant tournoyer dans l’eau trouble un petit sac de tissu rempli de poudre de graines de moringa. [...]

Les graines séchées sont d’abord débarrassées de leurs ailes, puis broyées pour obtenir une poudre que l’on mélange avec de l’eau. On agite le mélange pendant cinq minutes, puis on le laisse reposer pendant une heure avant de le filtrer sur un tissu pour obtenir de l’eau pure. Une autre méthode consiste à suspendre dans l’eau une poche en tissu contentant la poudre de graines, généralement pendant une nuit, pour faire coaguler les impuretés. On enlève ensuite la poche de poudre, et l’eau purifiée est décantée pour laisser les particules coagulées au fond du récipient. »

L’expert et consultant internationalement reconnu en matière d’usage du moringa, Lowell Fuglie, suggère la règle empirique générale suivante pour déterminer la quantité de poudre requise : « la poudre d’une graine de moringa par 2 litres d’eau lorsque l’eau est légèrement trouble et la même quantité par litre d’eau lorsque l’eau est très trouble. Mais la revue des études publiées sur cette propriété purificatrice de moringa montre l’existence de préconisations divergentes quant à la quantité de graines nécessaires pour obtenir une eau consommable. Selon les sources, la quantité indiquée est de 3 graines, 50 graines, ou 30 à 200 mg de graines par litre d’eau. Les recommandations quant à la une durée d’immersion nécessaire des graines varie également de 30 minutes à quelques heures.

Il semble en fait que la capacité de clarification/floculation des graines de M. oleifera varie selon la saison. Le potentiel purificateur des graine est plus élevé en saison sèche. Durant la saison des pluies, le niveau de polyélectrolytes présents dans les graines est considérablement moins élevé. Les graines et la poudre peuvent être entreposées, la récolte de graines en vue d’être utilisées pour purifier l’eau doit donc être uniquement effectué en saison sèche.

Eau de vétiver

Les racines de vétiver (Vetivera zizanioides) qui ont une grande capacité d’absorption d’une variété de composés chimiques sont utilisées pour assainir les sols et les eaux pluviales.

Utilisées pour purifier l’eau de boisson, ces racines ont en outre la propriété remarquable de donner à l’eau de boisson une fraîcheur un arôme et une saveur très agréable.

Laisser tremper quelques racines dans l’eau destinée à la boisson est une pratique courante dans le sud de l’Inde. Traditionnellement, les racines sont mises dans un pot d’argile dans lequel est versée de l’eau préalablement bouillie.

Une autre pratique consiste à ajouter quelques grammes de poudre de racine de vétiver à l’eau de boisson. Au bout de 2 à 3 heures cette eau est filtrée et prête à être bue. Celle-ci doit être utilisée dans les 10 à 12 heures qui suivent. Chaque jour, l’eau et le vétiver doivent donc être renouvelée.

Dans le sud du Kerala et du Tamil Nadu, des racines de vétiver (Veriveria zizanoides) sont placées dans une jarre en argile, dont le fond est percé de trous minuscules. L’eau versée dans la jarre s’écoule lentement par le fond. Filtrée de cette manière l’eau est très claire, dégage une odeur plaisante et à une saveur fraîche très agréable.

Les propriétés combinées de l’argile du récipient servant de filtre et du vétiver produisent une eau tout à fait saine et bonne à boire.

Eaux de fleurs

Le traité de médecine ayurvédique « Sushruta Samhita », dont les versions successives rédigées entre - 1000 et le IIe siècle compilent les connaissances médicale de l’ayurvéda, indique que l’eau peut être purifiée en y plongeant certaines fleurs.

- « Utpala », la fleur du Lotus sacré - (Nelumbo nucifera)

- « Naga », la fleur de l’Ironwood tree (Mesua ferrea)

- « Champaka », la fleur du magnolia (Magnolia champaca) and

- « Patala », la fleur du Rose Flower Fragrant (Stereospermum suaveolens)

Méthode de traitement utilisant plusieurs matières purifiantes

Jarre en argile Vétiver, Coriandre et Moringa

Certaines familles indiennes combinent plusieurs substances naturelles et technique pour s’assurer que l’eau potable qu’elles consomment est purifiée.

Le filtre qu’elles utilisent est fabriqué à partir des matériaux disponibles.

- un pot en terre avec une ouverture vers le bas (matka / matki),

- trois tamis de même taille,

- des capsules de coton ou quelques chiffons de coton pour remplir le premier tamis du dessus,

- des racines de vétiver pour remplir la deuxième couche / tamis et quelques graines de Moringa et coriandre.

1. Les fibres de coton agissent comme filtre primaire

2. La deuxième couche de racines de vétiver (Chrysopogon zizanoides) conserve l’eau fraîche, purifie l’eau d’une partie des pathogènes et élimine également toute mauvaise odeur.

3. La couche de graines de Moringa oleifera, élimine 95% des microbes et des sédiments pathogènes, grâce aux protéines de Moringa chargées positivement qui aident à détruire les microbes nuisibles.

Les graines de coriandre contribuent à éliminer les contaminants en métaux lourds comme le plomb et le nickel.

Outre leurs propriétés purificatrices, les graines et la racine ont également des propriétés médicinales.

La céramique elle-même a des propriétés purificatrices.

Le processus de purification prend beaucoup de temps,mais il s’agit d’une méthode peu coûteuse et très efficace.

Purification par la chaleur

Purification par ébullition

L’ébullition permet d’obtenir une eau salubre à défaut de solution alternative. Elle a pour avantage d’être une méthode de décontamination simple à mettre en œuvre. Elle permet d’éliminer tous les germes et bactéries présents dans l’eau et son efficacité décontaminatrice reste identique que l’eau soit trouble ou claire, pure ou contaminée par des matières organiques.

Il est conseillé de laisser refroidir l’eau dans le récipient où elle a bouilli pour éviter les risques de recontamination lors du passage d’un contenant à un autre.

Cette méthode présente deux inconvénients majeurs :

- elle nécessite du combustible en abondance et ne peut donc pas être promue dans les zones où le bois est rare et où aucune autre option de chauffage n’est disponible à un coût abordable pour les familles

- l’ébullition modifie le goût de l’eau et la rend fade par modification de sa composition et de sa structure.

Purification par exposition au rayonnement solaires

L’exposition de l’eau au soleil est utilisée comme technique de « purification » de l’eau depuis quatre mille ans. Les textes de médecine ayurvédique, la mentionne et y ajoute la prescription d’exposer également l’eau au rayonnement lunaire.

Le rayonnement solaire détruit la plupart des germes pathogènes et entraîne notamment l’inactivation des organismes causant la diarrhée. Cette propriété est notamment liée à la capacité des rayons ultraviolets à « casser » de nombreux composés organiques en suspension dans l’eau et à détruire les agents pathogènes.

- Les UV-A interfèrent avec le métabolisme et détruisent la structure de la cellule de la bactérie.

- Les UV-A de longueur d’onde 320-400 nm réagissent avec l’oxygène dissous dans l’eau et produisent une forme très réactive d’oxygène – le radical d’oxygène libre – et des peroxydes d’hydrogène qui détruisent les germes pathogènes.

- Les radiations infrarouges chauffent l’eau.

La purification par exposition au rayonnement solaire est une méthode simple de traitement de l’eau : il suffit d’exposer au soleil des bouteilles d’eau en plastique ou en verre.

Dans les régions tropicales, une période d’exposition de 6 heures environ en mi journée suffit à purifier l’eau.

Lorsque l’eau est trouble, le temps d’exposition de la bouteille au soleil doit être doublé. il prend alors deux jours au lieu d’un. Le temps d’exposition doit également être augmenté par temps nuageux en saison des pluies.

L’utilisation de bouteilles en plastique ou en verre transparent augmente la température de l’eau en l’exposant à la lumière directe du soleil. Pour plus d’efficacité, les bouteilles peuvent être exposées sur un toit en tôle ondulée. L’utilisation de bouteille en verre est préférable, mais à défaut de bouteilles la méthode peut être mise en œuvre avec des sacs en plastique propre et transparent.

La désinfection solaire élimine la plupart des germes pathogènes si l’exposition au soleil est suffisamment longue. En revanche elle n’élimine pas les substances non biologiques comme les composés chimiques toxiques et les métaux lourds.

Un stockage inapproprié ou trop long pouvant conduire à une nouvelle contamination, l’eau traitée par cette méthode doit être utilisée dans les jours suivant son traitement par rayonnement.

En 2012, des chercheurs ont démontré qu’ajouter du jus de citron à de l’eau exposée au soleil, permettait de raccourcir le processus pour obtenir une eau purifiée en 30 minutes au lieu de plusieurs heures.

Purification à l’aide charbon de bois actif

Au Japon, depuis l’époque d’Edo (XVIIe siècle), le charbon de bois blanc, dit Binchotan, est utilisé pour purifier l’eau et lui apporter des minéraux, et aussi la désodoriser si nécessaire.

Le charbon est obtenu après carbonisation à petit feu (400°c) du bois pendant plusieurs jours. Vient ensuite la phase d’activation : la porte du four est ouverte et avec l’appel d’air, le bois devenu charbon, entre en combustion (1200°C).

La chaleur intense entraîne la volatilisation les goudrons crées dans les pores du charbon lors de la phase de carbonisation et ce sont ces pores vides qui vont donner au Binchotan ses capacités d’adsorption.

Le charbon Binchotan est criblé de petits trous et poreux. Ces cavités, une fois dans l’eau, absorbent les contaminants en attirant les ions de ces derniers ainsi que les toxines comme la chlorine ou certains métaux lourds (mercure, plomb, cadmium, cuivre).

En plus, tout en absorbant ces impuretés, le charbon relâche des minéraux essentiels à notre bonne santé et forme (calcium, magnésium ou le fer).

Pour purifier l’eau au charbon actif, il suffit de plonger un morceau de charbon actif dans une bouteille ou un pichet et de le laissez au fond entre 6 et 8 heures. Le charbon est efficace pendant trois mois. Passé ce délais, il faut le faire bouillir dix minutes avant de le laisser sécher au soleil. Après ce traitement il est de nouveau utilisable pendant trois mois. Après six mois, le charbon de bois doit être changé.

Le morceau qui a été utilisé jusque là peut être recyclé en fertilisant des cultures ou en désodorisant de poubelle, de litière ou encore de chaussures.

Purification et amélioration de l’eau par l’argent ou le cuivre

Les textes indiens anciens de l’Ayurveda indique que la qualité et les vertus de l’eau sont améliorées lorsque l’eau est conservée dans des récipients en cuivre (tamba) ou en argent (chaandi) L’eau versé dans de tel récipients aurait la capacité d’équilibrer les trois doshas du corps en chargeant positivement l’eau. [pour la médecine ayurvédique, les doshas sont trois énergies vitales ou « humeurs » combinant un ou plusieurs des « cinq éléments » (eau, air, feu, terre, akasha ou éther) et responsables des processus physiologiques et psychologiques. Leur déséquilibre est considéré comme la cause des maladies.]

Les qualité d’amélioration des liquide par l’argent était connus des Phéniciens, des Grecs et des Romains qui utilisaient de grandes vasques appelée « cratères » en argent pour conserver l’eau, le vin et le vinaigre.

Cette connaissance a perduré jusqu’à très récemment en Europe, où on plaçait une pièce d’argent au fond des pot-au-lait et d’autres récipients qui contenaient des aliments pour en préserver la fraîcheur. Dans les milieux suffisamment aisés, il était coutumier d’offrir une timbale ainsi qu’une cuillère en argent aux nouveaux-nés à leur baptême. Disposer de couvert en argent était également courant. Cher, fragile, ternissant rapidement, et exigeant un entretien régulier, l’utilisation de ce métal ne s’explique que par sa vertu de protéger contre certaines infections.

Amphore romaine en argent, fin IVe début Ve siècle

Des historiens ont émis l’hypothèse que la tradition britannique de servir le thé dans des théières en argent aurait permis aux officiers de l’armée coloniale de la couronne d’Angleterre de résister aux miasmes tant en Afrique, en Inde, à Hong-Kong et partout ailleurs.

L’argent empêche les bactéries de former des liaisons chimiques essentielles à leur survie. C’est pourquoi on utilise des bandages chargés en ions d’argent pour favoriser la guérison des plaies, en particulier en cas de brûlure. L’ion Argent présente un large spectre d’action anti-microbienne, contre les bactéries Gram négatif et Gram positif, certaines moisissures et levures. Le fabricant de pansement Urgo propose des pansements imprégnés de sels d’argent.

Avant la découverte des antibiotiques, l’argent colloïdal fut utilisé en médecine conventionnelle. Il ne fut retiré des manuels de médecine qu’en 1975.

Selon, le Dr Akhilesh le cuivre possèderait de nombreux antioxydants et propriétés antibactériennes qui aident à renforcer le système immunitaire du corps. Il a également des propriétés anticancéreuses.

Traitement par l’argile

Le traitement de l’eau prélevée dans le Nil pour être bue est une pratique traditionnelle au. Soudan.

L’argile peut être utilisée pour décontaminer l’eau ou pour prévenir le risque d’infections liés à la consommation d’eau douteuse.

Pour montrer les usage potentiels de l’argile en matière de prévention des risques liés à la consommation d’eau potentiellement vectrice d’infection, nous nous appuyons sur les recherche de Jade Allègre qui a rédigé une thèse de fin d’étude de médecine sur ce sujet : Les silicates d’alumine (argiles) en thérapeutique. Une pratique coutumière ancienne relayée dans la médecine moderne, Thèse de Doctorat en Médecine, 2012.

« Le tourisme de masse se développe à travers le monde : nous voyageons de plus en plus. Qui ne saute sur l’occasion de passer quelques jours au soleil à l’autre bout du monde ? Or ces opportunités nous mettent en contact avec des germes vis-à-vis desquels nous n’avons aucune immunité personnelle, et le voyage sera bien trop souvent gâché, voire interrompu par un rapatriement.

Depuis vingt ans je vis dans les endroits les plus insalubres de la planète : avec les populations locales en contact direct (immersion), je mange le maïs avarié, je bois l’eau polluée. Et pourtant, pas de problème sanitaire… sauf si j’oublie d’ingérer plusieurs fois par jour de la poudre d’argile.

L’argile offre un double bénéfice : d’abord elle rend l’eau locale potable. Puis ses milliards de particules s’incluent dans le mucus intestinal, où elles piègent à mesure les contaminants dangereux présents dans la nourriture que je consomme par ailleurs. Pas moyen de tomber malade. En revanche, lorsque je me déplace avec un groupe de touristes, pourtant suréquipés en antiseptiques et antibiotiques, je suis régulièrement sollicitée par mes compagnons, en proie à la turista ou pire…

Protocole envisageable dans ce cas :

En cas de turista déclarée, 300 milligrammes de poudre d’argile « verte » par kilo de poids du patient (voir mesure anthropométrique), parsemés en pluie à la surface d’un verre d’eau : laisser la poudre tomber au fond, sans remuer, et attendre 10 minutes. Passé ce délai, mélanger avec un instrument en plastique alimentaire ou bois naturel (pas de métal, ni de bois peint, traité, et/ou vernis), et boire le tout. Cette posologie est à renouveler si la diarrhée reprend. A défaut d’instrument de mesure, voir mesure anthropométrique.

Avec les spécialités : Smecta 3 sachets 3 fois par jour. Suspendre dès résolution du symptôme.

4. En situation d’urgence sanitaire avec risque d’épidémie : d’accidents collectifs
En cas de catastrophe, l’approvisionnement en eau potable est un problème urgent et crucial pour les populations, qu’il s’agisse de situations de conflits, d’accidents climatiques, d’épidémies, ou même de contaminations nucléaires.

Les distributions de bouteilles et la mise à disposition de réservoirs et camions citerne peinent souvent à se mettre en place, d’autant que les routes peuvent avoir été endommagées.

Il est essentiel désormais que chaque pays prévoie de pouvoir répondre dans l’urgence aux besoins d’eau salubre de sa population, et les argiles peuvent répondre massivement à ces besoins.

a. Eau

Dans le cas de déplacement de population et de risque d’épidémie : traitement systématique des eaux disponibles, au niveau individuel d’abord (protocole ci-dessous), puis relayé par de petites unités mobiles qui nécessiteraient d’être étudiées : l’ingénierie de tels systèmes devrait faire l’objet de recherches en vue de solutions adaptées pouvant être mises en place en urgence. Des stocks d’argiles « trois couches » devraient être constitués par les autorités gouvernementales.

A titre individuel :

En prévision de situations d’urgence, se procurer une gourde dont l’intérieur est en vitrocéramique (le contact des silicates d’alumine avec le métal est à éviter). Remplir avec l’eau disponible, en filtrant à travers plusieurs épaisseurs de tissus s’il y a des particules en suspension ou si l’on suspecte des parasites (oeufs), puis ajouter un bloc d’argile verte (argile en « cailloux », ou « concassée ») de la taille du goulot. Laisser reposer 10 minutes avant la première ingestion, et par la suite remuer systématiquement avant de boire. Prendre soin d’emmener cette gourde avec soi en cours de journée, afin de pouvoir « ré-ensemencer » régulièrement le tractus digestif avec la préparation. Faire une nouvelle préparation une fois par 24 heures.
A défaut de gourde, prendre une bouteille en plastique, et mettre un caillou d’argile de la taille du goulot pour 1 litre d’eau locale, ou 4 cuillères à soupe d’argile « trois couches ». (smectites, illites).

i. Épidémies

Prévention du choléra, et autres infestations et intoxications intestinales. Pour un adulte, 1 cuillère à café de poudre d’ « argile verte » (ou un sachet de spécialités à base de smectites) quatre fois par jour, mise en suspension 10 minutes, puis ingérée après mélange. Pour un enfant ½ cuillère à café.

Si l’on ne dispose que d’ « argile blanche » ou kaolinite : multiplier les doses par quatre.

A Mopti, au Mali, ce protocole préventif a été diffusé par mes correspondants infirmiers pendant les périodes d’épidémie de choléra, et aucune des personnes traitées ainsi n’a été atteinte par la maladie. [...]

ii. Pénurie alimentaire

Comme nous l’avons vu :

- l’ingestion d’argiles ne nourrit pas, mais elle permet une assimilation accrue des nutriments, en particulier de leurs composants lipidiques (voir études vétérinaires) ;
- les silicates d’alumine ingérés en grande quantité ralentissent le transit, ce qui favorise également l’assimilation ;

- si l’on est amené à consommer des aliments auxquels notre flore intestinale n’est pas accoutumée, ou des aliments de mauvaise qualité, contenant des germes, toxines, mycobactéries, ou composés secondaires toxiques, les milliers de particules de silicates d’alumine pourront contribuer à la décontamination de la ration.

iii. Décontamination

Dans le cas de risque nucléaire, la décontamination radioactive par chélation des radionucléides - déjà largement pratiquée dans les élevages - doit être mise à disposition des populations civiles. Les argiles captent facilement le césium radioactif, et peuvent aussi aider vis-à-vis du strontium radioactif, l’efficacité vis à vis de l’iode radioactive (électronégative) étant moindre.

Trois expériences notables sur ce dernier sujet :

- des rats à qui l’on a donné du césium134 par injection et par voie orale (10% de la ration) ont pu doubler l’élimination du contaminant par les selles grâce à des argiles [147].

- des vaches, moutons et rennes, bénéficiant de l’ajout de 500 mg de bentonite par kilo de poids de leur ration alimentaire, ont montré une réduction de 50% du césium dans leur lait et viande. L’ajout de 2 grammes par kilo de poids amenait une réduction de 80% [78].

- des brebis, à qui l’on a fait ingérer un sol contaminé artificiellement avec du césium radioactif, pour reproduire les conditions d’un accident nucléaire, ont pu montrer que le césium consommé restait lié aux argiles inclues naturellement dans le sol, puis ressortait sans encombre avec les selles [76].

L’application à l’humain doit faire l’objet d’études en vue de potentielles - et malheureusement de plus en plus probables - situations d’urgence et accidents contaminants (cf. Japon). C’est un domaine qu’il parait impératif et urgent de développer.

Comme nous venons de le voir, les argiles peuvent apporter une réponse efficace et reproductible dans ces domaines, dont l’enjeu est vital. Elles présentent encore, dans ces contextes, un avantage supplémentaire : elles n’ont pas de date de péremption, et restent actives pendant de nombreuses années, à condition d’avoir été stockées sous forme sèche, à l’abri de l’humidité. »

Autres recherche sur sur la purification de l’eau par l’argile

EbbaLund BirteNissen, « Low technology water purification by bentonite clay flocculation as performed in Sudanese villages. Virological examinations », Water Research Volume 20, Issue 1, January 1986, Pages 37-43

« Viruses were removed from various types of water by flocculation with natural bentonite clays from the banks of the Nile as well as with pure bentonite. The flocculation technique employed corresponds to that used to clarify Nile water in Sudanese villages. If proper flocculation occurred 3 to 4 log10 units of virus could be removed. »

Traduction

Les virus ont été éliminés de divers types d’eau par floculation avec des argiles naturelles à base de bentonite des rives du Nil et avec de la bentonite pure. La technique de floculation utilisée correspond à celle utilisée pour clarifier l’eau du Nil dans les villages soudanais. Si une floculation adéquate se produisait, 3 à 4 log10 unités de virus pourraient être éliminées.

H.R.Cripps, N.P. Isaias A. Jowett, « The use of clays as an aid to water purification », Hydrometallurgy, Volume 1, Issue 4, April 1976, Pages 373-387

« The conditions under which cationic species will adsorb intensely onto silicate surfaces have been investigated with a view to specifying basic requirements for successful operation of a water purification process based on silicate/cation interactions. Zeta-potential measurements have been related to effectiveness of cation precipitation. It is shown that clay additions enhance ferric iron removal, optimum pH range being pH 9 to 10. Coal measures shale addition increases the rate of settling of precipitates several-fold. Electro-kinetic measurements show that clay additions also remove uncharged particles efficiently. The precipitation/clay adsorption process is reversible with respect to pH. »

Traduction :

Les conditions dans lesquelles les espèces cationiques s’adsorbent intensément sur les surfaces de silicate ont été étudiées en vue de spécifier les exigences de base pour le bon fonctionnement d’un procédé de purification de l’eau basé sur des interactions silicate / cation. Les mesures du potentiel zêta ont été associées à l’efficacité de la précipitation de cations. Il est démontré que les additions d’argile améliorent l’élimination du fer ferrique, la plage de pH optimale étant de 9 à 10. Le charbon mesure que l’addition de schiste augmente plusieurs fois le taux de sédimentation des précipités. Les mesures électrocinétiques montrent que les additions d’argile éliminent aussi efficacement les particules non chargées. Le processus de précipitation / adsorption d’argile est réversible en ce qui concerne le pH.

Conclusion

L’inventaire des connaissances des substances naturelles et des procédé permettant de traiter l’eau brute pour la transformer en eau apte à être bue montre la diversité des matières végétales et minérale, et celle des techniques utilisables.
Du fait de cette diversité, chaque milieu possède les ressources permettant de mettre en œuvre des techniques relativement simples et peu onéreuses voire gratuites pour obtenir une eau de boisson de qualité.
La diffusion du patrimoine mondial des savoirs et savoir-faire concernant le traitement des eaux pourrait permettre que le droit de disposer d’une eau « potable » ne soit simplement théorique mais devienne effectif.

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Traitement de l’eau avec du Gombo

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Traitement de l’eau avec des feuilles de Neem

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Traitement de l’eau avec la pulpe de fruit du tamarinier

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Traitement de l’eau avec des racines de Vétiver

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Mis en ligne par La vie re-belle
 26/12/2018
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