- 4 - Propriétés utiles des plantes pour soigner les troubles diarrhéiques

- 4 - Propriétés utiles des plantes pour soigner les troubles diarrhéiques

Propriétés et principes actifs des plantes antidiarrhéiques

Les préparations antidiarrhéiques à base d’extraits de plantes peuvent :

- avoir des effets antispasmodiques ;

- retarder le transit gastro-intestinal ;

- supprimer la motilité des intestins ;

- stimuler l’absorption de l’eau ou réduire la sécrétion d’électrolytes ;

- réduire l’inflammation des muqueuses intestinales ;

- tonifier les muqueuses intestinales ;

- être antisécrétoires ou proabsorbantes ;

- éliminer les micro-organismes pathogènes ou neutraliser leur prolifération ;

- stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les micro-organismes pathogènes ;

Les analyses phytochimiques des plantes traditionnellement utilisées pour traiter les diarrhées ont révélé la présence de certains composés actifs anti-diarrhéiques comme sont les flavonoïdes, les anthocyanes, les tanins ou les mucilages.

Flavonoïdes :

Les flavonoïdes sont une famille d’antioxydants puissants qui luttent contre les effets du vieillissement cellulaire et du stress oxydatif.

Certains flavonoïdes ont des activités anti-inflammatoires et anti-ulcéreuses au niveau de l’estomac.

Les composés phytochimiques à base de flavonoïdes se trouvent principalement dans les aliments et les boissons, notamment les thés, le miel, les vins, les fruits, les légumes, les noix, l’huile d’olive et le cacao.

Anthocyanes :

Les anthocyanes font partie des plus de 6000 types différents de phytonutriments de polyphénols flavonoïdes. Les flavanols, les flavones, les flavanones, les flavan-3-ols et les isoflavones sont d’autres types aux propriétés similaires aux anthocyanes.

Les anthocyanes sont aussi définies comme des « pigments flavonoïdes » (bleus, violets ou rouges) présents dans les plantes. En ce qui concerne la structure des anthocyanes, les anthocyanes sont des pigments glycosidiques hydrosolubles dont la couleur varie selon leur pH spécifique.

La recherche pharmacologique a montré que les anthocyanes possèdent des propriétés intéressantes pour le traitement des troubles gastro-intestinaux : anti-diarrhéiques, anti-bacillaires, antioxydants.

Bien avant que des études scientifiques aient été menées pour isoler et étudier l’anthocynanine, les médecines traditionnelles les ont utilisées de manière empirique ; l’expérience montrant que les aliments contenant cet antioxydant pouvaient améliorer la santé et lutter contre les maladies. Les cultures traditionnelles ont compris les effets curatifs des aliments riches en anthocyanine pendant des siècles.
Par exemple, historiquement, les aliments rouges, bleus, noirs et violets ont été considérés comme des remèdes pour des maladies comme le dysfonctionnement du foie, l’hypertension, les troubles de la vision, les infections microbiennes, la fatigue, l’anxiété et la diarrhée.

Dans la médecine traditionnelle chinoise, la couleur d’un aliment est considérée comme un indice de ses effets sur la santé. On dit que les aliments noirs réchauffent et sont meilleurs pour l’hiver alors que les aliments rouges refroidissent et sont meilleurs pour l’été. On dit également que les aliments végétaux de couleur foncée, bleus ou violets, aideraient à « briser les schémas de stagnation ». Ils correspondent également à l’élément eau et sont liés à la fraîcheur et à la salinité. On dit qu’ils supportent des organes comme l’estomac, la rate et les reins en améliorant la capacité de stocker de l’énergie, d’équilibrer le métabolisme des fluides et de dissiper les toxines.

Les aliments rouges, quant à eux, sont associés à la chaleur, au feu, à l’été, au bonheur et à l’amertume. On croit que les aliments rouges soutiennent les organes, notamment le cœur et l’intestin grêle. Ils aident à nourrir le sang, à améliorer la circulation et à réduire les symptômes chez les personnes souffrant d’anémie, de palpitations, de membres froids, d’un visage pâle et d’un manque de force ou d’énergie.

Dans la médecine ayurvédique, les aliments rouges, violets et bleus peuvent être considérés comme réchauffant ou refroidissant. Les raisins, les cerises et les oranges produisent de la chaleur, tandis que les baies, la grenade, le chou et les aubergines réduisent la chaleur.

Tous les types de baies sont particulièrement appréciés dans l’Ayurveda, car ils sont considérés comme capables de réduire la chaleur interne, d’apaiser l’enflure, de traiter les tissus enflammés et d’aider à refroidir le sang.

Dans l’Ayurveda, les aliments correspondent également à certaines émotions. Les aliments rouges soulèvent l’énergie et luttent contre la léthargie et la fatigue tandis que les aliments bleus et noirs apaisent et luttent contre l’anxiété.

Les anthocyanes semblent jouer un rôle dans la lutte contre les dommages causés par les radicaux libres et ont de nombreux autres effets sur la protection des cellules, des tissus et des organes vitaux.

Concernant le sujet qui nous intéresse ici, des recherches suggèrent que les anthocyanes ont des effets positifs sur la santé intestinale lorsqu’elles interagissent avec la microflore, ce qui peut aider à diminuer les marqueurs inflammatoires associés à de nombreuses maladies chroniques et peut soutenir l’équilibre hormonal, les fonctions immunitaires affaiblies.

Les bioflavonoïdes anthocyanes peuvent ont des effets anti-inflammatoires et de stimulent la production de cytokines qui régulent les réponses immunitaires.

Les anthocyanes aident également à réguler la production d’enzymes qui favorise l’absorption des nutriments et renforcent les membranes cellulaires en les rendant moins perméables et fragiles.

Aliments riches en anthocyanes

La meilleure façon d’obtenir une dose d’anthocyanes est de manger des aliments rouges, bleus, violets et oranges (ou une combinaison de ces couleurs). Lorsqu’une molécule d’anthocyanidine est associée à un sucre, cela s’appelle un glycoside, c’est-à-dire que les couleurs / pigments sont exprimés dans les aliments végétaux.

Les principaux aliments riches en anthocyanes comprennent :

- les baies rouge, bleu foncé et noires
- les aubergines à peau violette,
- le chou rouge
- les oignons rouges
- les patates douces violettes
- les fleurs comestibles
- la menthe pourpre, la fleur de la passion pourpre, le basilic pourpre.
...
La quantité exacte d’anthocyanes que l’on trouve dans ces aliments peut varier considérablement en fonction de variables telles que le lieu et la façon dont les aliments sont cultivés, s’ils sont biologiques ou non et leur degré de fraîcheur lorsqu’ils sont consommés.

Tanins :

[Ce chapitre reprend l’article sur les propriétés des tanins rédigé par Christophe Bernard en adaptant les références des plantes au contexte de l’Afrique de l’Est : https://www.altheaprovence.com/blog/les-tanins-partie-1/ & https://www.altheaprovence.com/blog/les-tanins-partie-2/]

Les tanins sont des substances végétales de la famille des polyphénols, le plus souvent hydrosolubles (solubles dans l’eau).

Les tanins ont une propriété bien particulière : ils possèdent la capacité de précipiter les protéines, alcaloïdes et polysaccharides, à partir de leur solution aqueuse.

Les tanins vont d’abord se lier aux fibres de collagène de la peau et des muqueuses. Cette liaison va resserrer, et donner à ces tissus plus de tenue.

Ensuite ils vont s’associer aux protéines présentes dans le mucus qui recouvre les muqueuses.

Dans la bouche les tanins vont déployer leur action grâce à la salive ce qui explique que lorsqu’on prend en bouche une plante riche en tanins, on a aussitôt l’impression d’avoir la bouche râpeuse et sèche, car la salive a perdu sa viscosité et les muqueuses buccales se sont resserrées.

Dans l’estomac et l’intestin, les tanins se lient une sécrétion de mucus qui protège la muqueuse. Les tanins vont s’associer aux protéines contenues dans ce mucus les précipiter. Cette précipitation va former une couche protectrice sur la muqueuse.

Traditionnellement, les artisans tanneurs appliquaient des plantes riches en tanins sur les peaux, les tanins s’associaient aux protéines, et cela resserrait les tissus pour leur donner une certaine solidité et une résistance à l’eau.

En médecine traditionnelle des solution tanniques sont utilisées en bain de bouche, pour traiter les inflammations buccales ou de la gorges (angine par exemple) ou en infusion si l’inflammation est localisée dans le tube digestif les solutions tanniques vont resserrer les tissus, calmer l’inflammation, et stopper également les petits saignements en resserrant les petits capillaires (action qu’on appelle hémostatique).

Les tanins vont aussi bloquer les échanges de fluides et donc ralentir les diarrhées. Ils ont aussi une activité antibactérienne et antifongique utile pour le traitement des diarrhées infectieuses.

Sur une blessure superficielle de la peau, l’application d’une infusion ou une décoction de plante riche en tanin peut être utilisée pour resserrer la plaie.

Plantes riches en tanins

- Feuilles et surtout écorce d’Umwembe (manguier)
- Feuilles d’Ipera (goyavier)
- feuilles d’Icyayi (thé vert et thé noir) ;
- feuilles de fraisier, de ronce, de framboisier ;
- feuilles d’Ikibatama (plantain). Cette plante est à la fois un peu astringente et mucilagineuse (deux aspects intéressant pour les inflammations) ;

Cette liste n’est pas exhaustive. Il y en beaucoup d’autres plantes tanniques

Précautions d’emploi

Avec une une plante peu astringente comme la feuille de framboisier, ou qui fournit un large spectre d’action comme le plantain (non seulement astringent mais aussi mucilagineux et anti-inflammatoire), en général il est possible de les prendre des préparations de ces plantes pendant de longues périodes.

En revanche des plantes très astringentes par contre, comme le manguier finissent par être mal tolérées et même par irriter les muqueuse et provoquer l’effet inverse de celui qui est recherché.

Un peu de tanin sur une muqueuse enflammée va la resserrer et la calmer, trop de tanin finit par bloquer sa fonction. De toute façon vous allez voir, votre système digestif va réagir si la plante est trop tannique pour vous.

En cas d’inflammation qui n’est pas très aiguë, mieux vaut utiliser des plantes qui contiennent juste un peu de tanins, ou utiliser des plantes qui contiennent des mucilages.

Les plantes à tanin sont donc très intéressantes, mais doivent être prises à bon escient et à des doses pertinentes.

Il faut prendre les plantes riches en tanins loin des repas, car les tanins vont bloquer une partie de l’absorption au travers des muqueuses et vont aussi s’associer aux protéines et à certains minéraux. Donc vous n’allez pas pleinement profiter des nutriments. En particulier si vous avez des carences en minéraux ou si vous êtes dans des états de dénutrition.

Les plantes à tanins sont à prendre loin de toute prise de médicaments, sinon l’absorption du médicament peut être bloquée en partie.

Si elles sont utiles en cas de diarrhée, il faut logiquement en revanche les éviter en situation de constipation les tanins vont bloquer les échanges de fluide à l’intérieur du tube digestif.

Les plantes fortement tanniques, celles très riches en tanins hydrolysables en particulier, doivent être évitées en cas d’ulcérations digestives chroniques.

Mucilages :

[ce chapitre reprend l’article sur les propriétés des Mucilages rédigé par Christophe Bernard en adaptant les références des plantes au contexte de l’Afrique de l’Est https://www.altheaprovence.com/blog/mucilages/]

Les mucilages sont des substances végétales qui agissent comme des éponges et que les plantes utilisent pour garder l’eau dans leurs tissus.

Les molécules de mucilage sont constituées de polysaccharides, qui gonflent au contact de l’eau en prenant une consistance visqueuse.

Ces molécules ont la propriété ne pouvoir être cassés par les enzymes digestives. Autrement dit le système digestif ne peut pas les transformer en sucres.

Pour cette raison ils ne font donc pas monter la glycémie sanguine. Au contraire, parce qu’ils ont tendance à pomper et capturer les liquides digestifs, ils vont entraîner certains sucres alimentaires loin des sites d’absorption dans l’intestin. Ils peuvent donc, au contraire, faire légèrement baisser la glycémie.

Dans le colon, ils vont constituer une nourriture de choix pour votre flore intestinale qui va les métaboliser et les transformer en ce qu’on appelle des “acides gras à chaîne courte“.

Ces acides gras sont très bénéfiques pour la muqueuse du colon. Ils sont aussi absorbés par votre système digestif et seront utilisés comme source d’énergie par votre corps.

Ce qui explique l’utilisation des plantes très mucilagineuses dans le passé chez le convalescent qui avait un système digestif très faible. On laisse la flore intestinale faire tout le travail !

Ces mucilages agissent donc comme prébiotiques, ils permettent de nourrir la flore intestinale, ce qui est très intéressant de nos jours car de nombreuses personnes sont sujettes à des dysbioses (dérèglement du microbiote intestinal,).

Propriétés des plantes mucilagineuses

Les plantes mucilagineuses calment l’inflammation des muqueuses digestives par contact. Ceci n’est pas une action de longue durée. Elles forment un pansement naturel qui adoucit et rafraîchit, qui calme l’inflammation d’une manière temporaire.

Il faut donc les prendre régulièrement, par petite quantité pour tapisser la muqueuse. C’est ce qu’on appelle un effet “émollient” qui s’applique aux inflammations de la gorge, œsophage, estomac, intestin.

Les mucilages sont à la fois utiles pour la constipation chronique et les diarrhées, chroniques ou passagères. Dans les cas de constipation, les mucilages capturent l’eau et humidifient les selles. S’il y a diarrhée, c’est qu’il y a inflammation et les mucilages peuvent calmer l’inflammation par contact.

On peut utiliser les mucilages comme prébiotiques afin de travailler sur des problèmes de flore intestinale déséquilibrée, souvent en accompagnement de probiotiques.

Principales plantes mucilagineuses

- Gombo (Abelmoschus Esculentus ou Hibiscus Esculentus)
- Ruberwa, la Rose trémière (Alcea Rosea)
- Urudega, la Mauve crépue (Malva Verticellata)
- Imbatabata, le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) ou le grand plantain (Plantago major). Le grand plantain est plus mucilagineux que le lancéolé.

Précautions

Comme pour les tanins, les mucilages sont à prendre loin des repas et loin de la prise de médicaments, de compléments alimentaires, etc. En effet, ils vont capturer ces substances et bloquer leur absorption.

Composés actifs de quelques plantes utilisées comme antidiarrhéiques en médecine traditionnelle rwandaise

L’Erlangea cordifolia (Idoma) contient des flavonoïdes, saponosides et des stérols,

Les feuilles d’Erythrina abyssinica (Umuko) contiennent des alcaloïdes.

Les feuilles et tiges de Chenopodium opulifolium (Umugombe) sont riches en alcaloïdes, flavonoïdes, et saponosides.

Les feuilles de Tragia brevipes (Umususa, Isusa) contiennent, elles, des saponosides.

Les feuilles de Myrica kandtiana (Isubyo) regorgent de flavonoïdes, de leucoanthocyanes, de saponosides, de stérols et de tanins.

Les écorces de tiges et racines de cette dernière contiennent des leucoanthocyanes, des saponosides, des stérols, des tanins et des flavonoïdes.

Les feuilles et tiges de Cyathula uncinulata (Igifashi) contiennent des flavonoïdes, des saponosides et des alcaloïdes.

Des flavonoïdes, leucoanthocyanes, saponosides, stérols et tanins sont retrouvés dans les feuilles de Bridelia micrantha (Umugimbu), dont les écorces de tiges contiennent des flavonoïdes, des saponosides, des leucoanthocyanes et des tanins.

On retrouve également dans les feuilles de Psidium guajava (Ipera) des leucoanthocyanes, des saponosides, des stérols et des tanins.

Les feuilles de Clematis hirsuta (Umunkamba) contiennent des antraquinones, des flavonoïdes et des tanins

La présence de ces composés actifs peut expliquer les propriété antidiarrhéiques de ces plantes particulières utilisées traditionnellement au Rwanda pour traiter les diarrhées .

Mis en ligne par La vie re-belle
 24/06/2019
 https://lavierebelle.org/4-proprietes-utiles-des-plantes-pour-soigner-les-troubles-diarrheiques

Affections gastro-intestinales

Maux de ventre, trouble de la digestion, infections intestinales, ulcères gastroduodénaux

Les articles 14

IMG: - 8 - Pharmacopée végétale antiamibienne Plantes antiamibiennes des pharmacopées d’Afrique de l’EstDifférentes plantes présentes en Afrique de l’Est sont réputées dotées de propriétés antiamibiennes. (...)
IMG: -15- Traitement « naturel » des ulcères internes De nombreuses recherches rendent compte du potentiel de plantes et d’autres substances d’origine naturelle en matière de prévention et de traitement des (...)
IMG: - 14 - Brûlures d'estomac et ulcères gastroduodénaux Brûlures d’estomac et ulcères gastroduodénauxDans son sens général l’ulcère désigne une lésion et une inflammation de la peau ou d’une muqueuse, prenant la forme (...)
Tisanes de purgeLa prise de traitements anthelminthiques contre les vers intestinaux doit toujours être suivie d’une purge des intestins.En général, (...)
IMG: - 12 - Plantes pour le traitement des vers plats Sélection de plantes pour le traitement des vers platsCucurbita pepo Cucurbita maximaCucucurbita pepo Kinyarwanda : Igihaza, Uruyzi Français : Courge, (...)
Sélection de plantes pour le traitement des vers rondsAllium sativumKinyarwanda : Intungurusumu Français : Ail Anglais : GarlicDans de nombreuses (...)
 La Vie Re-Belle | 2018 · 2021