Accompagnement des fièvres de l’adulte

Le corps humain maintient normalement sa température interne entre 36 °C et 37,2 °C. On parle de fièvre lorsque cette température dépasse 38 °C. Doit-on chercher à réduire les fièvres ? Que faire lorsqu’elles affectent les enfants ou les adultes ? Après avoir exposé le mécanisme et les fonctions des fièvres, nous rassemblons dans une série de trois articles les informations relative aux mécanismes et fonctions des fièvres, à leur possible accompagnement par la phytothérapie et nous passons en revue les éventuels bénéfices des plantes réputées dotées de propriétés utiles en cas de fièvre.
Ce deuxième article pose la question des possibilités d’accompagner les fièvres.

Rappel sur les fièvres

Cet article est le deuxième d’une série de quatre. Dans le premier, nous avons réuni des informations sur le mécanisme et les fonctions des fièvres et distinguer les conditions dans lesquelles les fièvres sont ou non un symptôme alarmant chez l’enfant et l’adulte. La lecture de cet article, est un préalable utile à la compréhension des conseils mentionnés ci-dessous.

Rappelons ici, que la plupart du temps, l’augmentation de la température du corps au-delà de la fourchette standard est provoquée par une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Pour faire face à cette agression, le corps déplace son point d’équilibre thermique vers le haut. On parle de fièvre en général lorsque la température interne dépasse le seuil de 38°C. La fièvre peut aussi être causée par d’autres maladies inflammatoires, tumorales, ou par une hyperthyroïdie.

Rappelons aussi que la fièvre est un signal d’alarme Pour celui qui l’éprouve, elle informe d’un changement de l’homéostasie interne, et qu’il est donc important de consulter pour en identifier l’origine. Consulter est d’autant plus important en cas de fièvre du jeune enfant, ou de personnes affaiblies par le grand âge par exemple.

Notons qu’il ne faut tenir compte du fait que la fièvre est un mécanisme de défense de notre corps, une réaction immunitaire de l’organisme, et qu’en conséquence, il ne faut donc pas nécessairement chercher à systématiquement la réduire au moyen d’anti-inflammatoires.

Insistons enfin sur le fait que l’accompagnement de la fièvre ne saurait être le seul traitement du trouble qu’elle manifeste. Il y aura d’autres mesures à prendre selon le type d’infection en cours, pour l’otite, la bronchite, la grippe, etc.

Modalités d’accompagnement de la fièvre

Par delà tout accompagnement des fièvres, et tout traitement de leurs causes, il essentiel de bien s’hydrater en cas de fièvre et de veiller à bien hydrater les enfants en particulier.

Rappelons aussi que pour l’enfant comme l’adulte, le repos est l’un des meilleurs moyens de défense de l’organisme.

Certaines plantes médicinales peuvent être utilisées pour accompagner le processus de montée plateau et descente en température.

La fonction des plantes sera :

- d’une part de soutenir l’organisme dans sa mobilisation pour neutraliser les agents pathogènes, les éliminer et recouvrer sa vitalité ;

- d’autre part d’aider la personne malade à vivre cette transition vers un nouvel équilibre en minimisant l’inconfort et les douleurs marquant cette transition

Christophe Bernard a établi une liste de différentes plantes pour accompagner les différentes phases de la fièvre. Cet herbaliste, puisqu’il se définit ainsi, exerce en France. Nous essaierons d’adapter la liste des plantes qu’il préconise à notre contexte du Rwanda et de la région des Grands Lacs d’Afrique de l’Est

1. Phase de montée en température et de stimulation du système immunitaire

Comme dit précédemment, la détection de la présence d’un virus ou d’une bactérie pathogène est suivie de réaction de montée en température pour neutraliser le pathogène.

Dans un premier temps, cette réaction se traduit par une fermeture des pores de la peau, et par une vasoconstriction des vaisseaux sanguins aux extrémités du corps afin d’éviter les pertes de chaleur. Le sang est envoyé vers l’intérieur du corps. Du point de vue du ressenti, la personne a froid, elle grelotte, et ressent le besoin de se blottir sous les couvertures.

Pendant cette phase, une recommandation de C. Bernard est d’utiliser des plantes réchauffantes :

Le terme « réchauffant » renvoie à une classification énergétique que l’on retrouve dans plusieurs traditions qui associent à chaque déséquilibre de santé et à chaque plante un caractère principalement chaud, froid, sec, humide.

« Les plantes réchauffantes, explique Christophe Bernard, améliorent la circulation et donc la distribution des nutriments vers les cellules. Les cellules, mieux alimentées, sont capables de mieux produire. D’une manière directe, elles facilitent une meilleure distribution du sang vers les extrémités, et donc améliore la répartition de la chaleur au travers du corps. »

En améliorant la circulation artérielle, les plantes réchauffantes peuvent aider d’autres plantes à être diffusées dans l’organisme.

Les plantes réchauffantes appartiennent notamment à la catégories des épices, des aromatiques ou des plantes riches en résines. La dose à utiliser est liée à l’appétence de la personne pour le goût épicé, résineux et à celui des aromatiques et au but souhaité à savoir créer une douce sensation de chaleur.

Épices

Parmi les épices qu’il est possible d’utiliser on peut citer :

le gingembre / tangawizi / Ginger (Zingiber officinale)

Culture et infusion de gingembre

Le gingembre est cultivé au Rwanda et dans toute l’Afrique tropicale. Outre son caractère réchauffant, le rhizome de gingembre présente l’intérêt de stimuler le système immunitaire, d’être anti-inflammatoire et antiviral, de soulager la douleur, de diminuer les spasmes digestifs et les nausées, ballonnements, gaz, douleurs, de tonifier, stimuler et fortifier l’organisme et enfin d’avoir de fortes propriétés antioxydantes.

Préparation : Utiliser une racine fraîche coupée en petits morceaux sans la peau, 1 cuillère à café bien remplie par tasse. Racine sèche en poudre, 1/2 cuillère à café par tasse. Multipliez par 5 pour faire un litre. Rajoutez un peu de miel et du jus de citron.

le piment / urusenda / pepper (Capsicum spp.)

Capsicumm annum

Le piment est communément cultivé au Rwanda
Parmi les différentes vertus du piment, on peut citer ses propriétés antibactériennes, immunostimulantes, apéritives, toniques ; antioxydantes.

Préparation : mettre une pincée de piment en poudre dans une tasse de citron chaud.

la cannelle de Ceylan / Ceylon cinnamon (Cinnamomum zeilandicum)

La cannelle n’est pas produite au Rwanda mais peut être trouvée dans des commerces. En plus d’être réchauffante, la cannelle possède des propriétés stimulante, diaphorétiques, anti-inflammatoire, antibactériennes, anti-virus, anti parasitaires et antiseptiques.

Préparation : Infusion de l’écorce, 10 à 15 g d’écorce par litre. Rajoutez un peu de miel et du jus de citron.

D’autres épices intéressantes sont le poivre, la cardamome, etc.

Plantes aromatiques

Parmi les aromatiques réchauffantes on peut citer :

le romarin / rosemary (Rosmarinus officinalis)

Couramment cultivé au Rwanda ou il pousse très bien, le Romarin est tonique, stimulant améliore la circulation, tonifie la digestion

Préparation : Infusion ou décoction d’une cuillère à soupe de plante récemment séchée par grande tasse, ou une branchette de plante fraiche ;

le thym / thyme (Thymus vulgaris)

Si cette plante n’est pas originaire de la région, elle y pousse facilement et y est cultivée. Le thym est un stimulant général, qui peut soutenir un système affaibli et le relancer pendant la convalescence. C’est aussi une plante antibactérienne et digestive.

Préparation : Infusion des feuilles, environ 15g par litre selon la puissance aromatique.

Plantes immunostimulantes

Dans la première phase, des plantes adaptogènes, immunostimulantes peuvent aussi être utilisées pour stimuler les défenses de l’organisme.

Les plantes classifiés comme « adaptogènes » augmentent la capacité de l’organisme à s’adapter au stress et à rétablir un équilibre physiologique.

Comme leur nom l’indique, les plantes immunostimulantes sont capables de stimuler notre système immunitaire et de le rendre plus résistant aux infections.

Parmi les plantes adaptogènes et / ou immunostimulante de la flore locale on pourra utiliser

Umuhire « Le bienheureux » / Ginseng indien / Indian ginseng / Ashwagandha Withania somnifera

Withania somnifera est une plante adaptogène, réchauffante, analgésique et stimulante qui sera également utile en phase de convalescence. Elle est utilisée pour se reconstruire après des périodes de burnout

Préparation : Racine séchée et pulvérisée ; mélangée dans du lait entier et sucré au miel (méthode ayurvédique) ; Mélangée dans du ghee (méthode ayurvédique) ; diluée dans un verre d’eau ; en décoction

Umwenya / Basilic africain / African basil Ocimum gratissimum ou le Tulsi / Holy basil Ocimum sanctum

Ces basilics vivaces classifiés comme « adaptogènes » sont très utilisés en médecine ayurvédiques. Umwenya est endémique au Rwanda, le Tulsi y est cultivé avec succès. Ces deux plantes sont stimulantes, analgésiques, fébrifuges, digestives, antispasmodiques, antiseptiques qui seront également utile en phase de convalescence. Elles sont utilisées pour se reconstruire après des périodes de burnout.

Préparation : infusion

l’armoise annuelle Artemisia annua ou l’armoise africaine / African wormwood Artemisia afra

C’est deux plantes ont des propriétés immunostimulantes et immunomodulatrices

Plantes toniques

Les plantes déjà cités le gingembre, le romarin, le thym sont des plantes « toniques », c’est-à-dire une plante que l’on utilise pendant un certain temps, souvent plusieurs semaines, tous les jours, pendant les périodes où l’on se sent particulièrement fatigué, particulièrement faible.
Les toniques vont peu à peu raviver la flamme, rétablir les fonctions, remonter le métabolisme. Les plantes toniques, elles, travaillent beaucoup plus dans la bonne direction, mais elles sont longues à agir.

En plus des plantes déjà mentionnées on peut également citer

• l’origan / oregano Origanum vulgare

Préparation : infusion

Ibobere / le murier / White Mulberry Morus alba var indica

Préparation : infusion Fruit frais ; infusion, décoction, macération de feuilles et d’écorce

Intugurusumu / ail / garlic Allium sativum

Préparation : infusion Réduire le bulbe en pâte. Diluer 1 verre dans 250 ml de miel. ajouter éventuellement du citron. Prendre 2 c à s 3 x/j

Citrus limon
- Kinyarwanda : Indimu

Préparation : infusion ajouter aux infusions une fois légèrement refroidies pour conserver la vitamine C

2. la phase de plateau, où le corps atteint la température nécessaire à l’élimination des agents pathogènes et phase de baisse de température.

Dans la deuxième et troisième phase, où le sang est renvoyé vers la surface pour faciliter les pertes et faire descendre la température. Des plantes diaphorétiques sont utiles pour favoriser une meilleure transpiration et une bonne descente en température.

Christophe Bernard recommande en particulier

• l’infusion de fleurs de sureau (Sambucus nigra), la plus intéressante chez l’adulte à raison de 30 g par litre

• l’infusion de fleurs de matricaire (Matricaria recutita) à choisir chez l’enfant à raison de 30 g par litre

Pour accompagner la descente de fièvre, on pourra utiliser l’une ou l’autre des lamiacées aromatiques sous forme d’infusion laissée à refroidir à couvert pour en boire une tasse d’infusion tiède ou froide régulièrement :

• Le basilic vivace endémique au Rwanda, Umwenya / basilic africain (Ocimum gratissimum) et d’autres basilics cultivés Ocimum sanctum, Ocimum basilicum, Ocimum canum.
Les basilics ont des propriétés diaphorétiques et stimulantes. Les basilics sacrés vivaces ont également des propriétés adaptogènes.

• les coléus Igicunshu, Coleus d’Inde (Plectranthus barbatus) et origan cubain (Plectranthus amboinicus)

• Le faux patchouli Umuravumba (Iboza riparia)

• la mélisse

• les menthes

On pourra aussi utiliser en infusion

• la coriandre Coriandrum sativum L., Apiaceae réputée diaphorétique, diurétique, stimulante....

• les verveines : verveine officinale (Verbena officinalis), verveine citronnelle (Aloysia citriodora).

• la nigelle Nigella sativa réputée diaphorétique, antipyrétique, diurétique, stimulante et tonique, expectorante...

• les citronnelles : itete (Cymbopogon citratus, Cymbopogon nardus... )

La citronnelle a un effet diaphorétique marqué. On peut la boire en infusion boire tout au long de la journée pour faciliter ce processus. Infusion chaude si on est dans la phase froid et frissons ; infusion tiède ou froide si on est dans la phase transpiration abondante et qu’on a envie de se découvrir.

La citronnelle présente d’autres vertus intéressantes : elle a un effet antioxydant ; elle décongestionne en particulier la région du bas-ventre ; elle est digestive et calmante.

On peut bien évidemment faire de bonnes associations avec d’autres plantes diaphorétiques

4. la phase de convalescence

Dans la quatrième phase, des plantes pourront accompagner le corps convalescent dans la récupération de son potentiel vital.

Pour stimuler l’immunité on pourra boit du jus d’ananas mûr

Articles du dossier Fièvre :

1. Fonction des fièvres

2. Accompagnement des fièvres de l’adulte

3. Accompagnement de la fièvre de l’enfant

4. Plantes de l’Afrique des Grands Lacs utilisées en cas de fièvres

Mis en ligne par La vie re-belle
 17/11/2020
 https://lavierebelle.org/accompagnement-des-fievres-269

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