Symphytum officinale (Igitabitabi, Consoude, Comfrey )

Plante multifonctionnelle aux vertus méconnues au Rwanda

La consoude officinale peut rendre d’énormes services comme engrais vert, comme plante mellifère, comme source de préparations phytoprotectrices et aussi de préparations médicinales extrêmement efficace notamment en cas d’arthroses, de douleurs articulaires et musculaires.

Plante médicinale, comestible, mellifère, engrais vert

Symphytum officinale (Igitabitabi, Consoude, Comfrey )

Plante multifonctionnelle aux vertus méconnues au Rwanda

Symphytium officinale

La consoude

Depuis le continent Européen, Symphytum officinale a été introduit et s’est répandu en Amérique du Nord et en Asie. On cultive cette plante dans plusieurs pays méditerranéens et asiatiques. En Afrique, on ne le produit qu’à petite échelle, principalement à Madagascar et en Afrique du Sud. La plante est présente au Rwanda mais ses usages sont agroécologiques et médicinaux y sont méconnus.

Décrite par le botaniste grec Dioscoride au Ier siècle, la consoude est une plante utilisée en phytothérapie depuis l’Antiquité. Pline l’Ancien fait également mention de ses propriétés médicinales, dans le traitement des fractures. A l’époque, la consoude était aussi utilisée en cas de troubles intestinaux, de bronchites ou de pleurésie.

La plante s’est largement propagée, au fil des siècles, grâce aux voyageurs et aux pèlerins.

Au XVIe siècle, elle était l’une des plantes favorites du médecin d’Henri II, Jean Fernel, qui se servait de ses sommités fleuries en sirop pour traiter la toux, les hémorragies ou les diarrhées, mais aussi des racines broyées pour soigner les traumatismes.

Devenue très populaire en Grande-Bretagne puis dans toute l’Europe à partir du XIXe siècle, la consoude s’est imposée comme une plante médicinale de premier ordre.

Nom botanique

Le nom botanique du genre Symphytum, créé par le naturaliste suédois Linné, fondateur de la nomenclature binominale, en 1753. Ce nom est issu du grec ancien σύμφυτον sumphuton qui désignait une plante aux propriétés cicatrisantes, dont le nom lui-même dérive de συμφύω sumphuo « faire grandir ensemble ».

Noms vernaculaires

La plante est généralement appelée consoude en Français. Ce mot apparu vers 1265, vient du bas latin « consolida » est dérivé de consolidare « consolider, affermir » en raison des vertus cicatrisantes et de la capacité à consolider les fractures de la plante.

La plante est également nommée « Oreille d’âne » ou « Langue de vache » en raison de la forme de ses feuilles, ou encore, « Confée », « Grande consoude »...

En Anglais, on trouve les noms « Comfrey », « Common comfrey », « Consound », « Knitbone », « Knitback »

En Kinyarwanda, la plante est appelée « Igitabitabi » par analogie de forme des feuilles de consoude et de tabac (Itabi).

Ainsi, dans plusieurs langues, le nom de cette plante signifie « unifier, souder » (symphytum, consoude, knitback, consuelda, consolida maggiore, etc.), cette récurrence montre que l’indication de la plante pour traiter les fractures et des plaies cutanées à l’aide de cataplasmes était partagées dans la plupart des pays européens.

Description

La consoude est une plante vivace à grande longévité, qui mesure de 30 à 130 cm et peut former de grandes colonies.

La plante développe des rhizome charnus.

Sa tige trapue, ailée, creuse, est souvent ramifiée et recouverte de poils piquants.

Ses grandes feuilles (jusqu’à 40 cm de long sur 15 cm de large) sont alternes, pointues, couvertes de poils raides, se prolongeant sur la tige.

Ses fleurs qui ont une couleur rosée, pourpre clair à foncé, jaune pâle, crème, sont groupées en cymes scorpioïdes unipare au sommet des rameaux. Auto-incompatibles, ses fleurs sont principalement pollinisées par les bourdons. Les nucules, qui sont pourvues d’un appendice charnu, sont disséminées par les fourmis.

Ses fruits sont constitués de 4 nucules ovoïdes de 5–6 mm de long, d’un brun foncé ou noir brillant, renfermées par le calice.

Écologie

La consoude affectionne les prés humides, bords de fossés.

Propriétés

La racine de consoude contient des glucides (fructanes), des terpénoïdes (mono- et bidesmosides triterpéniques) et des alcaloïdes pyrrolizidiniques (0,2-0,4 %) : lycopsamine, intermédine (monoester de la rétronécine) et leurs dérivés acétylés et de la symphytine (un diester).

Elle contient aussi de l’allantoïne, de l’acide rosmarinique et des mucilages (polysaccharides).

Les feuilles renferment aussi des alcaloïdes, mais en quantité bien plus faible : 0,003-0,02 %.

Utilisations

Usage alimentaire

Les feuilles riches en protéines et minéraux peuvent être consommées, mais il est déconseillé d’en manger quotidiennement car elles contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour le foie à haute dose.

À titre occasionnel, on peut donc consommer les très jeunes feuilles, encore tendres, coupées finement et ajoutées aux salades ; les feuilles cuites dans des soupes, en légumes, en beignets...

Recettes

Croquettes de consoude

Ingrédients :

1 bouquet de feuilles, 2 verres de flocons d’avoine, 1/2 verre de levure maltée, basilic sec, sel, 1 cuillerée à soupe d’huile.

Préparation :

- faire cuire les feuilles de consoude pendant 5 mn dans 3 verres d’eau salée ;

- ajouter le basilic, les flocons, la levure et l’huile ;

- laisser reposer 20 mn ;

- formez de petites boulettes et faites-les dorer sur les 2 faces.

Beignets de consoude

Préparation :

- faire une pâte à frire liquide.

- tremper le feuilles de consoude dans la pâte

- frire dans l’huile chaude

- déguster avec grains de sel et un filet de citron.

Usage fourrager

En Australie, la consoude est considérée par certains éleveurs comme un très bon complément alimentaire pour le bétail. Sa culture est facile et très bon marché puisqu’elle n’a pas besoin de soins particuliers excepté en eau pour prospérer.

Mais selon Jean Bruneton, ce fourrage rendrait le lait toxique.

Engrais végétal

La consoude est utilisée comme engrais végétal en agriculture biologique.

En Europe, ainsi qu’à Madagascar, Symphytum officinale se plante dans des cultures comme la tomate et la pomme de terre pour empêcher les maladies bactériennes (surtout le flétrissement bactérien dû à Ralstonia solanacearum) et les insectes ravageurs.

La consoude peut être récolté plusieurs fois par an, procurant une quantité appréciable de matériaux verts riches en matières minérales utilisables de diverses manières (purin, mulch, compost) pour accroître la fertilité du sol et la croissance des plantes.

Plante mellifère

Les consoudes sont des plantes à haut potentiel nectarifère. Les fleurs sont systématiquement visitées par les bourdons en raison de leur haute attractivité. Ceux-ci percent généralement un trou à la base de la corolle afin d’accéder plus rapidement au nectar. Les abeilles peuvent ensuite en profiter. Sans ce trou, leur langue est trop courte et ne permet pas d’accéder au nectar.

Témoignage

Source : Le jardin de Jenny

Utilisation de la consoude au jardin

La consoude utilisée comme activateur de compost.

Je n’utilise jamais d’engrais chimique. Mes plantes ont néanmoins besoin d’être nourries. Je suis donc une fan de compost. Je fabrique mon compost à partir de déchets végétaux et je l’enrichis systématiquement avec soit des feuilles de consoude soit avec du purin de consoude.

En plaine saison quand j’ai une grande production de feuilles de consoude je les rajoute à mon compost. En hiver j’enrichis mon compost avec du purin de consoude filtré (pour la conservation).

Je recommande à tous les jardiniers amateurs et particulièrement à tous les jardiniers bio de planter 10 pieds de consoude dans leur jardin. Ils peuvent acheter les boutures à B-actif.

Chaque pied, s’il est bien nourri peut produire 10 kilos de feuilles fraîches par an. Avec simplement 10 plants de consoude un jardinier peut produire le purin dont il a besoin et garder des feuilles pour fertiliser directement le sol.

L’utilisation de la consoude pour fertiliser le jardin.

Une des plantes qui adore la consoude c’est la pomme de terre. C’est normal la pomme de terre exige beaucoup de potasse. Lors de la plantation, je mets dans le sillon soit des feuilles de consoude séchées soit des bouchons de consoude.

Grâce à cette technique j’ai un excellent rendement en pommes de terre mais surtout je récolte les pommes de terre primeurs 15 jours avant mes voisins. La consoude agit comme accélérateur de végétation.

J’utilise du purin de consoude ou du tonique de consoude B-actif pour toutes mes cultures de tomates, poivrons, aubergines, concombre, cornichons. Le purin de consoude est vraiment l’engrais bio idéal pour toutes les cucurbitacées et les solanacées.

Pour les cultures de légumineuses, lors du travail du sol, j’enrichis ma terre soit avec du compost activé avec de la consoude soit avec des feuilles de consoude si j’ai des excédents soit avec de l’alfalfa plus. Par la suite j’arrose mes plantes, en général 3 fois avec du purin de consoude.

La consoude et les fleurs.

Un des principaux mérites de la consoude est d’accélérer la floraison et la fructification.

J’utilise systématiquement du purin de consoude pour la fertilisation des fleurs de mon jardin. En ce qui concerne mes plantes d’intérieur j’utilise le tonique de consoude de B-actif qui a l’avantage de ne pas dégager d’odeur désagréable.

Je ne conçois pas le purin de consoude simplement comme le remplacement d’un engrais chimique.

La consoude fertilise la terre mais grâce en particulier à l’allantoïne et autres hormones naturelles qu’elle contient la consoude sert aussi de catalyseur pour faciliter l’accès des plantes aux éléments fertilisants déjà présents dans le sol.

Grâce aux très nombreux oligo-éléments contenus dans la consoude (zinc, bore, fer …) vous éviterez aussi de nombreuses carences pour vos cultures.

Utilisation de la consoude dans la culture de la tomate ?

La tomate est un fruit. En utilisant la consoude vous produirez plus de tomates par pied. J’en ai fait l’expérience depuis plus de 20 ans. Il y a plusieurs années, j’ai même comparé la production de pieds de tomates recevant de la consoude et des pieds privés de cet aliment exceptionnel.

Les résultats étaient très parlants.

Le facteur déterminant dans cette multiplication de fruits c’est l’allantoïne que l’on retrouve dans la composition de la consoude. Ce n’est pas le seul élément déterminant, la consoude contient aussi de la potasse, de la vitamine B12 ou encore du bore. Le bore a ce même pouvoir favorisant la floraison des plantes.

La consoude favorise la santé des plantes.

En apportant de la consoude, vos plants de tomates se porteront mieux et de ce fait seront plus résistants aux maladies.

L’utilisation de la consoude rend les tomates plus juteuses et plus sucrées.
Ici je suis obligée de dire que je ne sais pas pourquoi j’obtiens ce résultat. Je fais régulièrement des dégustations à l’aveugle et très souvent le résultat est probant. Au même temps je ne sais pas ni comment ni pourquoi cela se produit. Si vous avez l’occasion de faire la comparaison ou si vous avez une explication, ou même un début d’explication de ce phénomène, n’hésitez pas à m’en faire part.

Comment utiliser la consoude dans la culture des tomates ?

J’utilise des feuilles de consoude dans les trous de plantation des tomates.
J’utilise indifféremment des feuilles fraiches ou des feuilles séchées. Les racines de tomates se trouvent proches de la consoude et y puisent les nutriments nécessaires.
J’apporte, en général, une fois par quinzaine du purin de consoude à chaque pied de tomates.

Il m’arrive parfois d’utiliser en début de croissance des plants, du purin d’orties. Par contre, dès l’apparition des premiers boutons floraux je privilégie le purin de consoude.

Je paille mes tomates avec des feuilles de consoude :

Comme les feuilles de consoude sont très grandes je les trouve très pratique pour pailler les pieds de tomates (ou autres) pour garder l’humidité au sol et pour fertiliser. Je choisis un plant de consoude bien développé, je plie les feuilles par terre avec mon (grand) pied et je coupe l’ensemble des feuilles à leurs bases avec un coup « franc » d’une bêche. Ainsi on a vite fait de ramasser une grande brassé de feuilles, de quoi faire un bon paillage autour de plusieurs plants de tomates.

Utilisations

- La plante doit être réservée à des usages externes.

L’usage interne de l’infusion fait partie des traditions médicinales populaires européennes pour soigner les troubles digestifs, diarrhées et colites ulcéreuses. Toutefois ces usages internes sont déconseillés par les autorités médicales de plusieurs pays depuis la découverte dans la plante, au cours des années 1980, d’alcaloïdes qui après transformation par le foie sont toxiques pour cet organe.

Les alcaloïdes bien particuliers de la consoude sont appelés alcaloïdes pyrrolizidiniques. Si ces alcaloïdes, ne sont pas initialement toxiques, le foie les transforme en dérivés pyrroliques qui, eux, sont toxiques. Ils détruisent les veines qui à l’intérieur du foie, permettent à cet organe de faire son travail de filtration. Ce mécanisme ayant été démontré équivoque il vaut mieux s’abstenir de toute utilisation interne, même si la toxicité est liée à la dose ingérée.

Usage externe de la plante

Parties et formes utilisées :

Racines et feuilles sont utilisées. La racine est réputée plus efficace que la feuille. Mais certains phytothérapeutes nuancent cette réputation.

- La racine est plus agréable à utiliser en cataplasme parce qu’elle n’a pas les poils irritants ;

- Les feuilles fraîches très riche en mucilages permettent de confectionner assez facilement en la travaillant un peu plus au pilon que la racine.

- Les feuilles de consoude peuvent s’utiliser en cataplasme en versant de l’eau bouillante sur des feuilles fraîches hachées, avant d’envelopper le tout dans de la gaze,

- Les poils des feuilles peuvent être urticants pour certaines personnes. L’application sur une petite partie de la peau permet de vérifier la présence de cette réaction. Si la peau rougit après application, il vaut mieux utiliser une préparation à base de racine ou des compresses imbibée d’infusion de feuilles filtrée avec un linge fin ou un filtre à café pour éliminer tout poil.

- On prépare une infusion de consoude en mélangeant cinq ou six grandes feuilles fraîches ou séchées dans un litre d’eau, avant de filtrer et laisser refroidir.

- Cette infusion peut faire l’objet d’un usage externe, en la mélangeant à l’eau du bain, par exemple. Cet usage atténue les douleurs dues à l’arthrose, aux crampes ou aux névralgies musculaires, en permettant un relâchement des muscles.

- En gargarismes ou en bains de bouche, l’infusion agit sur les plaies et les inflammations de la cavité buccale.

- Les racines et feuilles peuvent être séchées et réduites en poudre. Ces formes sont pratiques à utiliser : on rajoute un peu d’eau chaude, on en fait une pâte et on applique directement.

- En mélangeant 50% de farine de feuille de consoude séchée à 50% d’amidon, on obtient une pâte épaisse.

- Si on dispose de feuilles ou de racines séchées entières, il faut les couper finement puis les humidifier, et les laisser macérer dans un peu d’eau chaude pour pouvoir les pilonner par la suite.

- On peut aussi préparer une décoction de racine avec 100 g de racines épluchées pour 250 ml d’eau.

- On peut aussi préparer des crèmes ou baumes de feuilles ou de racines (voir recette plus bas)

Indications

Fractures et fêlures osseuses

La propriété la plus connue de la consoude est son incroyable capacité cicatrisante et régénératrice des tissus.

Cette capacité peut être utilisée pour aider à la consolidation des fractures ou fêlure des os où qu’il soient situé (bras, jambe, main, pied, côtes, etc.)

Pour cet usage il faut préalablement que la structure osseuse soit remise en place correctement car sinon l’efficacité même de la plante pourrait consolider un malformation. Comme le rapporte l’herbaliste Christophe Bernard : « j’ai rencontré il y a quelques années un thérapeute anglais qui pratique à Londres. Il m’a montré les os de sa main. 2 métacarpes tordus. La raison ? Il avait appliqué la consoude trop tôt, avant que les os n’ait été remis en place. »

Pour accélérer la réparation de l’os et du cartilage, on peut appliquer en externe :

- un cataplasme de racines fraîches ou de feuilles fraîches ;

- un cataplasme de feuilles ou de racines sèches

Il faut appliquer le cataplasme le plus près possible de l’endroit qui a été endommagé.

Et s’il y a un plâtre, l’application au plus prêt de la zone n’est pas possible.
Faire tremper la main ou le pied libre du membre plâtré dans une infusion bien concentrée de consoude peut être une solution palliative.

Entorses déchirures d’un ligament ou d’un muscle

Le cataplasme de consoude est également efficace pour les problèmes d’entorse, ou pour les problèmes de déchirure d’un ligament ou d’un muscle.

Pour toutes ces situations, faire deux applications par jour, aussi longtemps que nécessaire pour soulager la personne.
Arthrose

L’application de cataplasme ou de baume de consoude soulage de manière efficace et rapide les douleurs articulaires, l’arthrose ainsi que les douleur musculaires.

L’infusion concentrée de consoude mélangée à l’eau du bain, par exemple atténue égalment les douleurs dues à l’arthrose, aux crampes ou aux névralgies musculaires, en permettant un relâchement des muscles en plus des propriétés de la plante elle-même.

Une étude multicentrique sur 120 patients en double aveugle versus placebo a démontré l’efficacité d’une pommade contenant 4 g d’extrait de racine de consoude sur les lombalgies sans étiologies retrouvées (hernie discale, arthrose…). Sur les mouvements actifs standardisés, la pommade abaisse de 95.2% la sensation douloureuse à la mobilisation contre 37.8% pour le placebo. Dès la première heure la baisse est de 33% contre 12%. Sur les douleurs de repos, l’amélioration est de 97.4% contre 39.6% des patients (43.2% dès la première heure contre 6.6%). Le seuil douloureux à la pression est également abaissé. L’index de limitation fonctionnelle est également amélioré. Cette pommade semble satisfaire les patients qui devraient avoir moins recours aux antalgiques complémentaires.

Source : B.M. Giannetti et coll. Br J Sports Med 2009 doi : 10.1136/bjsm.2009.058677.

Blessure et plaie

La consoude peut refermer une blessure, en surface, qui a du mal à cicatriser. Appliquer une infusion concentrée de consoude sur une coupure ou faire la partie blessée dans une infusion concentrée de feuilles de consoude referme les plaies très rapidement. Mais cet usage doit se faire avec précaution du fait même de l’efficacité de la plante. En effet, l’extrait de consoude opérant de manière très rapide, si la blessure est profonde, l’application de consoude peut ne pas permettre aux couches profondes de bien se réparer.

En conséquence, il ne faut pas appliquer de consoude sur une plaie, coupure entaille profonde, ou du moins tant que la blessure ne s’est pas refermé un minimum en profondeur.

En revanche, la consoude peut être utilisée et est très efficace pour les coupures ou blessures superficielles de peau. La consoude accélère la guérison des plaies superficielles : une pommade de consoude peut être appliquée en cas de crevasses, prurit, écorchures, gerçures ou piqûres d’insectes.
Affections cutanées

Les rhizomes frais s’emploient couramment pour soigner les ulcères.

La teinture mère de racine de consoude s’utilise pure, sur les boutons d’acné.

Les feuilles coupées peuvent se poser directement sur les furoncles ou s’utiliser en cas de psoriasis.

Les bienfaits de la consoude dans l’activation du renouvellement des cellules musculaires et osseuses, grâce à la forte présence d’allantoïnes, ont été démontré. L’application d’un onguent à la consoude sur une entorse de la cheville est aussi efficace qu’un gel médicamenteux à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Préparations médicinales

Baume ou onguent de racine

Ingrédients pour 200 g de baume :

- 250 ml d’huile d’olive

- 100 g de racines de consoude hachées – plus une racine est hachée fin, plus la pénétration dans l’huile du principe actif sera important

- 50 g de cire d’abeille

- 4-5 gouttes de vitamine E ou autre conservateur

Peuvent être ajouté : 10 gouttes de chacune des huiles essentielles suivantes : ciste ladanifère, lavande fine, tea tree et géranium rosat.

Préparation :

Préparer un macérat huileux de consoude.

Placez la racine de consoude hachée dans un bocal et remplissez d’huile d’olive. Laissez macérer au soleil pendant 4 à 8 semaines (selon l’ensoleillement.

Après cette période, filtrer le macérat de consoude.

En parallèle faire fondre la cire d’abeille au bain-marie. Quand la cire est bien liquide ajoutez-y l’huile et émulsionner le mélange avec un mixeur pour éviter que la cire cristallise et ne forme pas un baume homogène.

Ajouter les huiles essentielles et la vitamine E tant que le mélange ne s’est pas solidifié et mixer encore un peu .

Versez rapidement le baume dans les pots stérilisés et fermez les couvercles.

Au bout de 24 heures, le baume durci et peut être utilisé.

Pommade de feuilles

Cette préparation est issue du site Le jardin de Jenny

Ingrédients :

20 g de feuilles de consoude séchées

150 g de vaseline

Préparation :

Faire fondre la vaseline dans au bain-marie et ajouter les feuilles séchées.

Chauffer le mélange à feu doux tout en remuant régulièrement avec une cuillère pendant une heure.

Mettre le mélange dans un tamis fin et avec l’aide d’une grande cuillère, appuyer pour extraire le « jus ».

Verser ensuite le mélange dans un bocal propre. Attention c’est chaud !

Conservation :

La pommade se conserve en réfrigérateur pendant trois mois.

L’utilisation de feuilles séchées permet une fabrication selon les besoin.

Macérat huileux de feuilles de consoude avec intermédiaire alcoolique

Cette méthode est décrite par Christophe Bernard dans son site altheaprovence.com

Cette préparation se fait uniquement à partir de matière sèche. Pour optimiser l’extraction des principes actifs, on peut utiliser un solvant intermédiaire qui est l’alcool pur. (alcool à 96°) Cette méthode qui a fait ses preuves et était utilisée par les pharmaciens du XIXe siècle dernier pour préparer de très bonnes huiles.

Préparation

Première partie :

- Placez la plante séchée et broyée dans un grand bol ou un saladier. Supposons que nous avons 200 grammes de plante séchée.

- Ajoutez la moitié de cette quantité en poids d’alcool pur. Pour notre exemple, ajoutez 100 grammes d’alcool.

- Mélangez bien et laissez reposer 2 heures dans le saladier couvert.

- Il n’y aura pas assez d’alcool pour tremper le marc, il sera humidifié tout au plus, ce qui est l’effet recherché – nous ne voulons pas démarrer une macération.

- Remuez 2 ou 3 fois pendant ces 2 heures, afin que l’alcool soit bien réparti sur tout le volume de la plante.

- Dans cette première partie, l’alcool pur commence à extraire les composants de la plante.

Deuxième partie :

- Au bout de 2 heures, placez la plante humidifiée par l’alcool dans un blender.

- Rajoutez dans le blender 7 fois le volume de plante en huile d’olive. Pour notre exemple, 200 x 7 = 1400 ml c’est à dire 1,4 L.

- Faites tourner le blender jusqu’à ce que le mélange devienne tiède ;

- Pressez comme expliqué dans le chapitre précédent ;

- Si le mélange a toujours une petite odeur d’alcool, laissez reposer l’huile 24 heures dans un récipient le plus large possible (afin de maximiser le contact avec l’air) en venant remuer de temps en temps. Le reste d’alcool devrait s’évaporer rapidement.

- Mettez en bouteille, étiquetez et rangez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière.

Témoignage

« A partir de quelques racines, j’ai procédé à une multiplication de plants de consoude que j’ai laissés grandir pour bénéficier d’un plus grand nombre possible de racines et de tailles de belles grosseurs. Actuellement le nombre de plants dépasse la cinquantaine et je constate une prolifération de nouvelles pousses chaque année.

J’utilise les feuilles de différentes façons : purin, activateur de compost, séchage pour fabrication de pommades... Mais ce sont particulièrement aux racines que se porte mon intérêt pour des raisons médicales et thérapeutiques : Malgré mon âge (71 ans) je suis un adepte de footing sur des terrains chahutés et vallonnés (cross tous terrains) mais en 2013 j’ai été dans l’obligation d’arrêter tous mes exercices, même de marche à pied pour des douleurs atroces sur les faces latérales du genou gauche, qui ont rapidement gagné le genou droit. Je venais de connaître l’arthrose des genoux dont les douleurs abominables se sont déclenchées également la nuit et lors de positions prolongées assises...

Étant un farouche partisan de médecines naturelles, j’ai d’abord essayé des cures de silicium organique, (coûteux et sans succès probant), j’ai utilisé diverses pommades à base de plantes qui m’ont soulagé le temps du massage et un jour ou deux mais c’est une information publiée par Creapharma qui m’a permis d’utiliser la racine de consoude en cataplasme. Dans un premier temps on suggérait de râper la racine de consoude et d’appliquer cette mouture directement sur le genou avec une bande ou une genouillère, pendant toute une nuit. L

Une deuxième "recette" préconise un mélange de feuilles de consoude, de cire d’abeille et d’huile d’olive chauffée au bain marie pendant une heure, tamisée pour extraire le jus de ce mélange qui sera conservé dans un bocal au réfrigérateur. La pommade ainsi obtenue peut être étalée sur une gaze ou une bande et appliquée sur la partie douloureuse.

Personnellement, ayant vécu plusieurs années en Afrique, je m’approvisionne régulièrement en beurre de karité et voici mes recettes : Je passe les racines de Consoude au mixer et les broie finement. Je mélange ce broyat au beurre de Karité que je dispose dans un récipient fermé et que je chauffe au bain marie pendant 3h en remuant fréquemment à l’aide d’une cuillère en bois pour assurer un maximum d’homogénéité. Après refroidissement dans un beurrier on obtient une sorte de pain de karité fourré à la racine de consoude. L’application en massage est facilitée par le liant qu’est le beurre de karité. J’applique de fines tranches également sur des bandes de gaze disposées sous des bandes ou une genouillère. Je ne puis que certifier l’efficacité après 4 ou 5 applications laissées sur le genou pendant 24h. Cette mixture me sert également d’après rasage. J’effectue par ailleurs des extractions par la vapeur d’huiles essentielles de diverses plantes de mon jardin (lavande, thym, romarin, passiflore, sauge, mélisse...) et je fais également des teintures mères d’une multitude d’autres mélanges de plantes et végétaux. Cette dernière pratique m’a suggéré de tenter une teinture mère de racine de consoude. La racine de consoude peut être coupée en fines lamelles ou broyée et disposée dans un bocal ou une bouteille de couleur foncée jusqu’à la moitié de la capacité du récipient. On remplit avec de l’alcool blanc à 40°/45° jusqu’à noyer complètement les morceaux de racines. J’agite chaque jour ce mélange pendant 30 à 45 jours jusqu’à dissolution complète de la racine et l’obtention d’une gélatine de couleur marron plus ou moins liquide, selon la concentration de racine par rapport au volume d’alcool. Les applications sur les membres douloureux atteints d’arthrose, douleurs articulaires et rhumatismales ou entorses, s’en trouvent facilitées ainsi que pour "tartiner" une bande de gaze. A bout de quelques applications espacées d’une par semaine les douleurs s’estompent et disparaissent comme par enchantement.

Personnellement je certifie que mes douleurs liées à l’arthrose ont complètement disparu depuis maintenant près d’une année. Par sécurité je me frictionne les genoux, les jambes et les chevilles, mais également les épaules et les cervicales avec cette mixture de temps à autre et j’ai repris mon jogging que j’alterne avec des marches et des randonnées sans qu’aucune douleur ne vienne perturber mon plaisir. Lors d’une bronchite difficile à enrayer malgré des antibiotiques (que je n’ai jamais supportés et qui me provoquent l’apparition d’aphtes aux commissures des lèvres et dans la bouche ainsi que des candida albicans au niveau intestinal...) je me suis appliqué des frictions de teinture mère de racines de consoude sur la poitrine et la gorge et les quintes de toux se sont vite estompées...

Pour mes frictions et massages j’imbibe un morceau de tissu propre ou de gaze dans de la teinture mère et que je bouchonne en boule, je dispose cette boule visqueuse dans un filet que j’utilise pour la douche et je me frictionne très fortement aux endroits douloureux (courbatures après travaux, douleurs musculaires entre autres).

Pour des douleurs articulaires (genoux, chevilles, coup du pied, épaules, coudes...) je "tartine" la teinture mère sur un carré de gaze que je protège par une bande élastomère. Pour ma part je ressens très rapidement un mieux être durable... Pour trouver ces solutions qui sont pour moi idéales mais qui ne le seront peut-être pas pour tout le monde et qui laissent des traces noirâtres aux emplacements des cataplasmes et des massages mais qui disparaissent sous la douche, j’ai tâtonné et expérimenté divers aspects de la racine de consoude...

D’autres préfèreront les feuilles fraîches ou sèches.... Dès la fin de l’été prochain, quand les racines auront bien profité et que les feuilles et nervures seront épanouies et gorgées de sève ainsi que les fleurs, je vais expérimenter la distillation d’un mélange de racines et des parties aériennes (feuilles et fleurs) et observer si la teneur en huiles essentielles est significative...

Une autre possibilité que je vais également expérimenter vise à dessécher les feuilles de les moudre finement et de les percoler et voir les résultats.... (Le séchage de certaines espèces végétales dans l’obscurité, à l’abri de la lumière du soleil permet un rendement bien plus important qu’avec des feuilles fraîches...).

Hervé 94500 Champigny sur Marne (Témoignage publié dans « Le livre blanc de la consoude »

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Précautions d’emploi

La consoude contenant en petite quantité de lapyrrolizidine, qui peut être toxique pour le foie à haute dose. Peu nombreux dans les parties aériennes ces alcaloïdes sont en revanche assez concentré dans les racines.

Du fait de cette concentration l’usage de la racine en usage interne est à proscrire

On recommande généralement un usage ponctuel du baume ou de l’onguent de consoude, 3-4 jours max sur une plaie ouverte, et 6 semaines maximum en cas de fracture osseuse.

Pour le traitement des plaies superficielles, l’utilisation de la consoude nécessite le nettoyage soigneux préalable de la plaie.

Par ailleurs, toute fracture doit faire l’objet d’un traitement médical adéquat. L’usage de la consoude dans ce cas ne doit être utilisée que comme traitement d’appoint pour aider à la consolidation une fois les os bien remis en place.

Christophe Bernard rapporte l’anecdote suivante : « J’ai rencontré il y a quelques années un thérapeute anglais qui pratique à Londres. Il m’a montré les os de sa main. Deux métacarpes tordus. La raison ? Il avait appliqué la consoude trop tôt, avant que les os n’ait été remis en place ! »

Contre-indications :

La consoude est contre-indiquée chez les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes atteintes de maladies hépatiques.

Effets indésirables

- En dehors d’un potentiel risque allergique, il n’existe pas d’effet secondaire connu.

- Interactions avec des médicaments

- Les effets de la consoude peuvent s’ajouter à ceux des médicaments hépatotoxiques.

Conseils de l’herbaliste Christophe Bernard pour utiliser la consoude d’une manière judicieuse :

- Attention à la consoude de Russie, Symphytum uplandicum, c’est un hybride et il contient beaucoup plus d’alcaloïdes que Symphytum officinale. Il est souvent vendu dans les jardineries, donc achetez plutôt l’officinal ;

Les racines contiennent plus d’alcaloïdes que les feuilles ;

- Les feuilles en pleine croissance contiennent beaucoup plus d’alcaloïdes que les feuilles matures, donc si vous décidez d’en consommer, mieux vaut couper les feuilles les plus matures, même si elles sont un peu moins tendres ;

- La prise chronique est plus problématique qu’une prise ponctuelle ;

- Les personnes jeunes, un enfant, le bébé dans le ventre de sa mère, ont un foie plus fragile et seront plus à risques que les adultes ;

- Et dernier point, au plus la consommation est répétée, au plus il y a risque.

En application externe :

- On sait que ces alcaloïdes ne pénètrent quasiment pas au travers de la peau ;

- Lorsque la peau est abîmée, il est probable que plus d’alcaloïdes passent en circulation mais la quantité reste toujours minime par rapport à la quantité ingérée si consommation interne. On parle ici d’application d’un peu d’infusion ou d’onguent sur un endroit localisé par rapport à l’ingestion directe au travers de la muqueuse intestinale d’une quantité supérieure de produit.

- Les muqueuses absorbent plus d’alcaloïdes que la peau, certains décident donc d’éviter l’application sur les muqueuses.

Bibliographie

Information générique

Livre blanc de la Consoude

Comfrey Central - A Clearinghouse for Symphytum Information.

Etude pharmacologique et essais clinique

Efficacy and safety of topically applied Symphytum herb extract cream in the treatment of ankle distortion : Results of a randomized controlled clinical double-blind study

Voir document pdf ci-dessous :

Effect of a blend of comfrey root extract (Symphytum officinale L.) and tannic acid creams in the treatment of osteoarthritis of the knee : randomized, placebo-controlled, double-blind, multiclinical trials

Voir document pdf ci-dessous :

Symphytum officinale (L) gaertn — A prospective hepatoprotective and hepatoregenerative plant

Voir document pdf ci-dessous :

Vidéos sur la consoude

Présentation des vertus utilisations médicinales de la consoude par Christophe Bernard

Mis en ligne par La vie re-belle
 13/10/2019
 https://lavierebelle.org/igitabitabi-la-consoude-symphytum-officinale

 Documents

 efficacy_and_safety_of_topically_applied_symphytum_herb_ (...)
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 effect_of_comfrey_root_extract_on_osteoarthritis_of_the_ (...)
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 symphytum_officinale_prospective_hepatoprotective_and_he (...)
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 comfrey__root_from_tradition_to_modern_clinical_trials.p (...)
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