Quelques plantes comestibles pour climat semi-arides

Quelques plantes comestibles pour climat semi-arides

Légumes feuilles

a) Légumes feuilles supportant des épisodes la sécheresse

Cleome gynandra

Synonyme : Gynandropsis gynandra

Kinyarwanda et Kirundi : Isogi
Français : Chou africain, Caya blanc, Brède caya, Mouzambé
Anglais : African Spider plant, African cabbage

Au Rwanda, la tradition considère Isogi comme l’une des « semences essentielles » : « Imbuto nkuru »

Usage alimentaire

Les feuilles tendres, les jeunes pousses et parfois les fleurs sont consommées cuites à l’eau comme herbe potagère, comme condiment, en ragoût ou en accompagnement.

On utilise les feuilles à l’état frais ou séchées en poudre.

Les feuilles sont parfois amères, et sont alors bouillies avec du lait ou d’autres légumes-feuilles tels que les feuilles d’amarante (rw. Indodo), de morelles (rw. Isogi, Solanum spp.) et Cleome monophylla (rw. Isogereza ; Nyiragasogereza)

Dans d’autres régions, les feuilles sont cuites à l’eau et l’eau de cuisson est jetée.

Dans plusieurs pays, on ajoute de la pâte d’arachide broyée pour en améliorer la saveur.

Les feuilles peuvent être blanchies, façonnées en boulettes et séchées au soleil ou à l’air libre. C’est un produit apprécié en Afrique australe. Les boulettes et la poudre de feuilles peuvent être conservées pendant près d’un an, et on les trempe dans l’eau avant de les utiliser en cuisine.

Au Cambodge, Cleome gynandra est l’ingrédient principal d’un condiment vinaigré, qui contient aussi d’autres légumes, et qui est principalement servi avec du poisson grillé ou cuit en papillote

Les graines peuvent être utilisées comme substitut de la moutarde.

Les graines contiennent une huile comestible polyinsaturée, qui est extraite par simple pression et ne nécessite aucun raffinage.

Recettes à base de Cleome gynandra

Valeur nutritionnelle

La plante contient des quantités importantes de calcium, de magnésium et de fer. Elle est également riche en protéines et a plus d’acides aminés que l’arachide. Dans plusieurs communautés, les feuilles cuites à l’eau sont traditionnellement administrées aux mères avant et après l’accouchement, et de même dans d’autres situations où il y a eu perte de sang, ce qui est le cas des guerriers. Par ailleurs, on traite l’anémie avec une infusion de feuilles.

Usage fourrager

Les feuilles peuvent être donné au bétail comme fourrage.
Le tourteau de graines peut être utilisé comme aliment pour animaux.
Les graines sont utilisées pour nourrir les oiseaux.

Usage médicinal traditionnel

Les feuilles et les graines sont des utilisées comme rubéfiant (analgésique externe) et vésicant ainsi que pour traiter le rhumatisme, aussi bien à usage externe qu’interne.

L’infusion de racines est utilisée comme médicament pour les douleurs de poitrine, les feuilles pour traiter la diarrhée.

L’infusion de feuilles traite l’anémie

Les feuilles cuites à l’eau sont traditionnellement administrées dans les situations de perte de sang.

En Ouganda, feuilles, racines, fleurs de Cleome gynandra sont mastiquées ou intégrées dans la nourriture pour traiter l’impuissance sexuelle et les dysfonctionnements de l’érection

Culture

Comme les amarantes, Cleome gynandra possède un cycle en C4 avec une photosynthèse très efficace lorsque les températures, l’humidité du sol et la lumière lui sont favorables.

En Afrique, on trouve cette plante du niveau de la mer jusqu’à 2400 m d’altitude. Il lui faut des conditions chaudes ; sa croissance est freinée en dessous de 15°C. Cleome gynandra est une adventice des plantes cultivées dans des sols bien fertilisés.

Il tolère un peu de sécheresse, mais le stress hydrique accélère sa maturation et sa sénescence. Il est insensible à la longueur du jour. On trouve cette plante sur une gamme de sols variée, le plus souvent sur du limon sableux à argileux, du moment qu’ils soient profonds et bien drainés avec un pH de 5,5–7,0. Il préfère des sols à forte teneur en matière organique et bonnes réserves minérales.

Les cueillettes régulières et la suppression des fleurs favorisent la croissance latérale, allongeant ainsi la période de récolte, qui sera de plus favorisée par un épandage superficiel d’engrais azoté et un bon apport d’eau. Après des récoltes répétées, la plante fleurit pendant une longue période.

Pendant la période reproductive, qui peut durer jusqu’à trois mois en conditions favorables, la croissance végétative décline et les feuilles deviennent vite sénescentes. Les fruits sèchent après quelques semaines et deviennent déhiscents pour libérer les graines sèches.

Récolte au Togo

Fiche technique des bonnes pratiques culturale

Usage phytoprotecteur

Les glandes situées sur les tiges et les feuilles ont des propriétés répulsives vis-à-vis des insectes ; le chou et les espèces apparentées, cultivés en association avec Cleome gynandra, souffrent moins des larves de la teigne. En culture de haricot vert associée avec Cleome gynandra, les haricots sont moins affectés par les thrips des fleurs et ont ainsi une meilleure qualité pour l’exportation.

Un extrait de feuilles mélangé à de l’eau, peut être pulvérisé sur d’autres cultures afin de réduire les populations de pucerons et de thrips.

Cnidoscolus aconitifolius

Synonymes : Jatropha aconitifolia, Jatropha napaeifolia, Cnidoscolus napaeifolius

Français : Chaya, Arbre épinard, Manioc bâtard
Anglais : Chaya, Tree spinach, Cabbage star

Originaire du Yucatán au Mexique, Chaya est répandu en Amérique centrale, il été introduit au Ghana, au Nigeria et au Kenya à titre expérimental et mériterait d’être plus largement diffusé en Afrique en raison de son adaptabilité et de sa productivité en feuilles comestibles.

Chaya est un arbuste vivace à croissance rapide qui supporte des épisodes de sécheresse et atteint généralement 3 m de hauteur. En Amérique centrale, Cnidoscolus aconitifolius pousse dans des fourrés humides et secs des forêts claires, et dans des milieux ouverts et rocailleux, du niveau de la mer jusqu’à 1300 m d’altitude.

La chaya est parfois appelée "arbre à épinard" à cause de ses abondantes feuilles vert foncé. Cet arbuste pérenne pousse bien dans une large gamme de sols tant dans les régions chaudes et humides que dans les régions qui ont une sécheresse saisonnière. Elle pousse facilement et rapidement, notamment dans les climats chauds ; de nouvelles feuilles apparaissent rapidement après la récolte. La chaya produit une quantité impressionnante de feuilles par mètre carré d’espace de jardin . Les feuilles de chaya ont une teneur en eau plus faible que celle de la plupart des autres plantes à feuilles vertes comme les épinards et la laitue.

Usage alimentaire :

La cuisson est requise pour en réduire la teneur en acide hydrocyanique. les nouvelles feuilles et les tiges épaisses et succulentes constituent un légume non gluant nutritif et savoureux.

Les nouvelles feuilles et les bouts de tige tendres et épais sont coupés et bouillis
comme on le fait avec les épinards. Les feuilles n’ont pas une saveur forte et caractéristique et tendent à prendre la saveur des assaisonnements avec lesquels elles sont préparées. La différence la plus notable entre les feuilles de chaya et de nombreux autres types de feuilles cuites est qu’elles ont une texture « dense ».

Les jeunes feuilles et les pousses sont cuites et consommées, seules ou en association avec d’autres légumes et de la viande dans des ragoûts et des potages.

On prépare une boisson réputée appréciée renforcer la virilité au Yucatan (Mexique) en mélangeant les feuilles fraîches dans de l’eau sucrée avec des citrons, de l’ananas et d’autres fruits.

Intérêt :

La chaya est plus nutritive que la plupart des autres légumes à feuilles vertes. Les feuille ont une teneur exceptionnellement élevée en protéines, calcium, fer et vitamine A. Elles ont également une teneur élevée en calcium, carotène et vitamines B et C. Les acides aminés de la chaya sont bien équilibrés, un détail important pour les personnes qui ont une diète faible en protéines et pour les jeunes enfants et les femmes enceintes ou qui allaitent.

Lorsque la chaya est cuite, la vitamine C se retrouve dans l’eau de cuisson, mais si l’on en boit le bouillon en plus de manger les feuilles, la consommation quotidienne de 25 grammes de feuilles suffit peut combler les besoins en vitamine C. Le Cyanure d’hydrogène s’évapore durant la cuisson de sorte que la consommation de l’eau de cuisson est sans danger.

Frank Martin, Ruth Ruberte et Laura Meitzner auteur de Edible Leaves of the Tropics « En tant que source alimentaire de grande qualité l’année durant dans une large gamme de conditions, c’est une des plantes à feuilles comestibles les plus importantes des tropiques. ». Dans l’article « The Ethnobotany fo Chaya »,
publié dans la revue Economic Botany 56(4), Jeffrey Ross-Ibarra et Alvaro Molina-Cruz concluent : « Sa grande valeur nutritive, sa propagation facile, sa productivité, sa tolérance des mauvaises conditions de culture et sa résistance aux ravageurs et aux maladies font tous de la chaya une culture d’une grande valeur potentielle qui pourrait profiter aux populations de nombreuses régions. »

Précaution d’emploi :

Il faut couper les feuilles en morceaux et les bouillir ou frire pendant au moins cinq minutes avant de les manger à cause de la présence de glycosides cyanhydriques (les faire sauter brièvement ne suffit pas pour les éliminer). Dr. Frank Martin explique que la cuisson élimine rapidement le cyanure. Il se peut que le terme « cyanure » effraie inutilement les gens. La plupart des gens, y compris les scientifiques, que Dr. Martin Price a consultés dans les régions où la chaya est consommée, semblent ne pas savoir, ou ne s’inquiètent pas du fait, que les feuilles contiennent des substances productrices de cyanure. L’arbuste a longtemps été un aliment populaire parmi les peuples autochtones d’Amérique centrale et du sud du Mexique. Nous avons même entendu parler de gens qui préparent des breuvages faits de feuilles de chaya crues et de jus de fruit ou d’eau, apparemment sans aucun effet négatif. Peut-être que le broyage lors du mélange (qui rompt les parois des cellules) suffit pour dissiper le cyanure. Ross-Ibarra et Molina-Cruz mentionnent un breuvage de chaya crue (feuilles de chaya broyées et mélangées à de l’eau sucrée avec des fruits comme par exemple du citron et de l’ananas) mais ils disent également : « La plupart des gens consomment les feuilles de chaya cuites, et les feuilles sont rarement mangées crues en tant que légume frais. » Ils ajoutent que le broyage réduit la teneur en acide hydrocyanique des feuilles seulement si « l’on laisse reposer les feuilles broyées durant quelques heures. »

Les bouts de tige tendres sont coupés et les feuilles récoltées au besoin. Ils sont utilisés immédiatement ou conservés quelques jours au réfrigérateur. Si les plantes de chaya ont des poils urticants, utiliser des gants ou des sacs en plastique pour protéger les mains au moment de la récolte. On peut aussi couper les feuilles au niveau du pétiole avec des ciseaux et les laisser tomber dans un panier. La cuisson durant de 10 à 20 minutes élimine les poils urticants.

On peut sécher et moudre les feuilles, et même les pétioles et les tiges, en une poudre qui peut être entreposée. Même si le séchage aide à réduire la teneur en acide hydrocyanique, il faut tout de même cuire la poudre avant de la consommer.

Usage fourrager

Toute la plante peut être moulue et donnée fraîche ou séchée comme fourrage pour les animaux domestiques.

Usage médicinal

En médecine, la chaya possède de nombreuses caractéristiques.

Habituellement, les feuilles cuites sont mangées ou des thés ou infusions sont préparées avec les feuilles.

Ross-Ibarra et Molina-Cruz rendent compte d’un sondage effectué en 1991 dans l’État de Morelos (Mexique) auquel 85 personnes ont participé. Soixante (60) d’entre elles avaient utilisé la chaya pour des troubles rénaux (par exemple, un breuvage avec des feuilles préparé au mélangeur) ; 21 pour le diabète (pour abaisser le taux de sucre dans le sang) ; 10 pour des ulcères, la pression artérielle et des piqûres de scorpion et quatre à d’autres fins.

Même si la chaya est réputée améliorer le fonctionnement du cerveau et la mémoire, et permettre de renforcer les ongles et foncer les cheveux grisonnants. La plante est également utilisé comme remède contre l’alcoolisme, l’insomnie, les affections de la peau, les maladies vénériennes, la goutte, les piqûres de scorpion...

Culture :

La chaya est libre de ravageurs et devient rarement envahissante parce qu’elle ne produit presque jamais des graines. On la propage généralement par boutures. La
plante produit rarement quelques graines.

La chaya provient d’une région du Mexique avec une longue saison sèche et une saison des pluies chaude et humide, elle résiste remarquablement bien aux ravageurs et aux maladies dans ces deux contextes climatiques. Une fois bien établie, la plante peut résister à de longues sécheresses et à des mois d’excès d’eau, tant et aussi longtemps que le drainage du sol soit adéquat et que les racines ne se trouvent pas dans un sol gorgé d’eau.

Portulaca sp.

Portulaca oleracea

Kinyarwanda : Niyo za ruteja
Français : Pourpier potager
Anglais : Purslane, Garden purslane, Pigweed

Portulaca quadrifida

Kinyarwanda : Ruteja niyo rutenderi
Swahili : Kinyorwe
Français : Pourpier
Anglais : Wild purslane ; Single-flowered purslane, Small-leaved purslane, Ten o’clock plant, Chickenweed

Portulaca oleracea est une adventice cosmopolite qu’on rencontre surtout dans les régions chaudes ; il est présent à travers toute l’Afrique tropicale.

Usage alimentaire :

Le pourpier potager est consommé dans de nombreux pays africains, comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda, l’Angola et l’Afrique du Sud. La plante est particulièrement appréciée au Soudan et en Egypte, où elle est connue sous le nom arabe de “rigla”.

Les tiges et les feuilles charnues du pourpier ont une agréable saveur un peu acidulée et se consomment dans des salades vertes ou comme légume cuit. On le conserve parfois confit comme les cornichons ou les câpres. La graine, également comestible, sert à faire une farine et une bouillie au Kenya.

Les feuilles et les jeunes pousses de Portulaca quadrifida sont récoltées dans la nature et consommées crues.

De saveur douce et agréable, elles sont fréquemment utilisées en salade. On les consomme également comme légume cuit.

En Inde, les feuilles cuites à l’eau sont mélangées à la farine de sorgho ou de mil pour préparer une sorte de pain.

En Provence on prépare le pourpier en beignets

Usage Fourrager :

Les pourpiers constituent un bon aliment pour les porcs, les poulets et autres volailles.

Usage médicinal :

Employé en médecine populaire depuis des temps reculés, le pourpier (P. oleracea ou P. quadrifida) figure sur la liste des plantes médicinales les plus utilisées au monde de l’Organisation mondiale de la santé.

Il est utilisé comme diurétique, pour traiter les rhumatismes et les maladies gynécologiques, comme sédatif, analgésique et cardiotonique, pour soigner la fièvre, les troubles des voies urinaires, les vers intestinaux, comme tonifiant et cholérétique, pour traiter la dysenterie et, en application externe, comme traitement des ulcères, de l’eczéma et des dermatites.

Les cendres de pourpier mélangées à du sel se prennent pour traiter les maladies cardiaques.

Culture :

Dans la nature, le pourpier se perpétue généralement par semis, mais les fragments de tiges prennent aussi racine facilement une fois coupés. Lorsqu’on le cultive, la multiplication se fait généralement par graines. Les graines sont très petites, le poids de 1000 graines étant de (0,1–)0,4–0,5 g, et la densité de semis est de 20 kg/ha. Les graines fraîches ont besoin de lumière pour germer, mais chez les vieilles graines, ce besoin disparaît.

La profondeur de semis affecte nettement la germination des graines et lorsqu’on les enfouit à plus de 6 cm de profondeur, cela inhibe la germination. Il est recommandé de répandre les graines à la volée et de les couvrir légèrement de compost. Le lit de semis doit être composé de sol léger.

Le pourpier achève son cycle de vie sous les tropiques en 2–4 mois. Au début, la croissance est lente mais elle s’accélère au bout de 2 semaines. Les pousses s’enracinent facilement aux nœuds. Le développement ne semble pas être influencé par la photopériode. La floraison est précoce et a lieu toute l’année. L’autofécondation dans le bouton floral est la règle. Les fruits mûrissent en 7–12 jours après la floraison. Les semences sont facilement disséminées par l’eau et le vent, avec les graines d’autres plantes cultivées ou dans les déjections des oiseaux.

Portulaca oleracea se caractérise par une photosynthèse en C4, ce qui signifie une photosynthèse importante lorsque la température et le rayonnement sont élevés.

Comme le pourpier a des racines superficielles, qu’il est cultivé dense et que c’est une culture à cycle court, la couche superficielle du sol doit avoir une bonne fertilité. Il est recommandé d’employer une fumure organique à la dose de 20–30 t/ha au moment de la préparation du sol. Appliqués en surface, 40 kg/ha d’urée peuvent être ajoutés 3 semaines après le semis. Le pourpier a besoin d’un arrosage régulier et à de courts intervalles (3–4 jours) par temps chaud et sec. Il supporte un arrosage avec de l’eau de drainage salée. En Indonésie, on le repique parfois à un espacement de 30 cm × 30 cm et on maintient la culture pour une plus longue durée.

Mis en ligne par La vie re-belle
 22/06/2020
 https://lavierebelle.org/plantes-comestibles-pour-climat-semi-arides

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