Centella Asiatica

Herbe du tigre

Gutwikumwe - Centella asiatica

Gutwi-Kumwe - Kibuye (Rwanda)

Centella Asiatica est une plante herbacée stolonifère rampante et semi-aquatique de la famille des Apiaceae.

Noms botaniques et vernaculaires

Les botanistes ont baptisé cette plante Centella asiatica. « Centella » aurait pour origine le mot latin de scintilla qui désigne une étincelle, un rayon ; « asiatica » préciser son origine géographique. On trouve parfois dans la littérature scientifique le nom « Hydrocotyle asiatica ».

Le nom kinyarwanda Gutwikumwe de la plante qui signifie « oreille unique » renvoie à la forme de la feuille de centella ; en Kirundi la plante est appelée Ubwungo.

En Inde où la plante fait partie de la pharmacopée ayurvédique elle et appelée mandukaparni, pegaga. Elle est aussi connue sous son nom cinghalais Gotu-kola (gotu signifie « en forme de cône inversée » et kola signifie « feuille » en cinghalais.), Kula kud, Pegaga Brahmi Ballari en Hindi et Bhandi en Sanskrit. (attention au confusion possible : le nom Brahmi étant aussi utilisé pour le Bacopa monnieri, autre plante de médecine ayurvédique)

Elle est surnommée Herbe du tigre en Français parce qu’on raconte que les fauves blessés se roulent dedans pour soigner leurs blessures. On trouve également les noms Hydrocotyle, Centella asiatique, violette-marron, herbe aux grenouilles, écuelle d’eau.

En anglais elle est appelée Centella, Indian pennywort, Water pennywort, Marsh penny, white rot, Thick-leaved pennywort, Coinwort, Water navelwort, Pennyweed Spadeleaf.Marsh penny, White rot

Origine et diffusion

Comme son non binomial l’indique, on attribue à cette ombellifère une origine asiatique. La plante est également largement présente sur le continent africain et en Australie.

Centella asiatica affectionne particulièrement les zones humides où elle prospère. Au Rwanda c’est une plante commune dont le nom vernaculaire est généralement connu, mais dont les propriétés médicinales sont en revanche souvent ignorées.

Description

Centella asiatica est classée dans la famille des Apiaceae. Elle est dotée de fines tiges vertes à roses formant des stolons.

Tiges et stolons

Ses feuilles vertes de texture douce sont disposées en rosettes par 4 ou 5 le long d’une tige rampante.

Ses fleurs discrètes, (- de 3 mm) roses et vertes sont disposées en ombelle près de la surface du sol.

Usages

Usage culinaire

Le potentiel usage culinaire de la plante est ignoré au Rwanda et, semble-t-il, également sur le reste du continent africain. En revanche, la plante est accommodée de façons variées dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-est. On utilise les jeunes feuilles. Les feuilles en phase de fructification sont écartées en raison de leur amertume intense.

Centella asiatica est couramment accommodée hachée en salade (salade indonésienne « Aceh » de type sambai, salade « ullam » malaise…).

Dans la cuisine birmane, la plante crue est l’ingrédient principal d’une salade préparée avec des oignons, des arachides pilées, de la farine de haricots, assaisonnée de jus de citron et de sauce de poisson.

Les mets appelés « sambol » ou « mallum » sont des salades à base de noix de coco et gotu kola populaire au Sri Lanka, qui accompagne agréablement les plats riches et épicés. La recette consiste à mélanger après avoir les avoir finement haché ou râpé un bouquet de feuilles et tiges de gotu kola et d’autre ingrédients : tomate, piment vert, oignons ou échalotes rouges, noix de coco fraîche ou flocons de noix de coco ; flocons de poissons séchés, jus de citron et sel au goût.

Sambol 

Dans toute l’Asie Centella asiatica est utilisé comme légume feuille facilement disponible. Les recettes utilisant la plante sont nombreuses. Les feuilles se marient particulièrement bien avec les plats végétariens tels que les dal et les cari. Il est considéré comme nutritif. Les feuilles sont par exemple préparées sautées dans de l’huile de noix de coco ou cuites dans du lait de coco avec de l’ail et du dhal.

Un porridge appelé « Gotu Kola kenda » est également préparé avec les parties foliaires au Sri Lanka. « Gotu Kola kenda » est préparé avec du riz rouge bien cuit avec un peu de liquide, de lait de coco et de la purée de gotu kola. Le porridge est accompagné de sucre de palme pour la douceur.

Au Vietnam et en Thaïlande, les feuilles sont utilisées pour préparer une boisson ou mangées dans des salades ou des petits pains.

Dans diverses cuisines régionales indiennes la plante est accommodée en chutney avec du piment rouge séché et du poisson fermenté.

Les feuilles de centella sont également utilisées en boissons et tisanes sucrées.

Exemple de recettes asiatique :

How to Cook Centella Asiatica

Sri Lankan gotu kola dish

India salad – Naga Style

Indonesian Pegagan

Indian Curry

Vallarai Keerai Poriyal

Usage médicinal

Usages traditionnels en Asie

Une légende raconte qu’au Laos un jeune paysan tomba amoureux de la fille du chef de son village. Lorsqu’il fit sa demande en mariage, le père de la jeune femme trouva la condition du prétendant bien modeste. Il se mit en colère et prenant son épée lui entailla l’oreille. Connaissant la réputation de guérisseur, du prétendant, il dit que le jeune homme ne pourrait épouser sa fille que s’il revenait demain avec l’oreille guérie.
Le jeune homme avait souvent vu les tigres se rouler dans des tapis de Centella asiatica pour soigner leurs blessures. Il passa donc toute la nuit à appliquer sur son oreille l’extrait de cette plante et se présenta ainsi le lendemain matin devant le chef du village avec son oreille guérie. Le mariage eut donc lieu et la légende de la Centella asiatica commença à se propager
.

En Inde, en Chine et en Indonésie, où ses propriétés cicatrisantes sont connues depuis plus de 2000 ans, Centella asiatica est utilisée pour soigner les blessures.

Mais ce n’est pas là son seul usage : La plante est également utilisée pour traiter les problèmes cutanés ou encore les troubles veineux.

La médecine ayurvédique considère cette plante comme un régénérateur des cellules nerveuses et du cerveau, améliorant ainsi la concentration et la mémoire de ceux qui la consomment. Elle est d’ailleurs utilisée dans certaines régions d’Himalaya par les yogis pour améliorer la méditation.

Les traditions asiatique lui attribuent aussi des actions sur le ralentissement du vieillissement. Au Sri Lanka, un proverbe populaire veut que « deux feuilles par jour de gotu kola éloigne la vieillesse ». En chine on raconte qu’elle serait le secret de longévité du chinois Li Ching-Yun qui aurait vécu plus de 200 ans en consommant chaque jour de la Centella Asiatica en Infusion ou en salade.

Centella asiatica aurait un effet très énergisant, améliorerait la résistance mentale et augmenterait la virilité. Elle purifierait le corps, accroîtrait la résistance et améliorerait la digestion.

Les Thaïlandais la consomme en boisson pour ses propriétés toniques et les adolescents en boivent pour lutter contre l’acné. La plante est vendue par botte sur les marchés et proposé en boisson mixée avec de la glace et du sucre dans de nombreux établissements.

En Inde les médecines ayurvédique et Unani, utilisent la plante pour traiter différents maux comme l’asthme, les problèmes de peau, les ulcères et les courbatures, pour améliorer la mémoire, en tant que tonique et dans le traitement de l’hydropisie, de l’éléphantiasis, d’affections gastriques, de troubles rénaux, de la leucorrhée et de l’urétrite, dans les soins de santé maternels, dans le traitement des troubles de l’estomac....

[Das Sandipan, Khan ML, Rabha Abhijit and Bhattacharjya DK., Ethnomedicinal plants of Manas National Park, Assam, Northeast India, Indian Journal of Traditional Knowledge, 8(4) (2009) 514-517.]

En Afrique, la plante est un ingrédient de préparations traitant :

- la gastro-entérite,
- la dysenterie,
- les abcès,
- les blessures,
- les hémorragies en cours de grossesse,
- le diabète

La plante seule est utilisée :

- comme traitement de troubles hépatiques au Rwanda,
- comme tonique, fortifiant, stimulant, reconstituant pour les femmes enceintes, et comme aide à la croissance et prévention des maladies pour les enfant, au Burundi.
- comme traitement des abcès, des dermatoses et des troubles de l’estomac en Ouganda.
- pour soulager les maux de tête en Tanzanie.
- pour traiter gastro-entérite, et d’autres maux gastro-intestinaux en RDC.
- À Madagascar, où elle est utilisée pour cicatriser les manifestations de la lèpre, elle a fait à été l’objet de nombreuses recherches, qui ont abouti à la mise au point d’un médicament cicatrisant : le madécassol.

Composition

La plante contient :
- des Triterpènes (acide asiatique, acide madécassique et leurs glycosides : asiaticoside, madécassoside). L’asiaticoside est parfois qualifiée de principale substance active de la centella asiatica
- des flavonoïdes
- des phytostérols
- des huiles essentielles
- des tanins
- des alcaloïdes,
- des principes amers
- des caroténoïdes,
- de la vitamine C,
- des polyines,
- des saponosides
- un peu de tanin.
- de l’huile essentielle à 0,1%,
Subban Ravi, Veerakumar A., Manimaran R., Hashim K.M., Balachandra Indira, Two new flavonoids from Centella asiatica (Linn.), J Nat Med.,62(2008)369-373.

Propriétés de la plante ayant fait l’objet de recherche

Recherches pharmacologiques

Propriétés cicatrisantes

Suguna L., Sivakumar P. and Chandrakasan G., Effect of Centella asiatica extract on dermal wound healing in rats, Indian J. Exp. Biol., 34 (1996) 1208-1211.

La capacité de Centella Asiatica à cicatriser les manifestations de la lèpre a fait à cet effet l’objet de nombreuses recherches, notamment à Madagascar, où les études cliniques menée par les Dr Ch. Grimes et P. Boiteau s’achevèrent en 1942 par la mise au point d’un médicament cicatrisant : le madécassol.

Une étude a démontré que les femmes enceintes utilisant une crème contenant un extrait de Centella asiatica et de la vitamine E avaient moins de vergetures que celles qui appliquaient une crème placebo. La plante améliore le processus de cicatrisation des plaies en stimulant la production de collagène de la zone blessée et traitée. D’autres études portent sur l’action anti-psoriasis de la Centella asiatica ou bien encore sur ses propriétés anti-radiations, très utiles pour les personnes qui suivent une radiothérapie. Le professeur Maquart montré que la plante avait une action importante sur la synthèse du collagène.

En usage cosmétique, ses propriétés sont directement liées à ses deux constituants principaux : des saponosides (Madécassoside, Asiaticoside) et des triterpènes (Acide asiatique, acide madécassique). Solubles dans l’eau, ces principes actifs se retrouvent principalement dans des extraits de Centella Asiatica à base d’eau ou de glycérine.
Le collagène est une des protéines majeures de la peau, elle lui assure résistance et élasticité. Avec l’âge la concentration en collagène dans les tissus diminue induisant les phénomènes de vieillissement cutané se traduisant par l’apparition de rides, le relâchement de la peau, la perte d’élasticité… Les saponosides et triterpènes présents dans les cellules de Centella Asiatica sont capables d’agir sur les systèmes responsables de la production de collagène conduisant à sa synthèse : sa production mais aussi sa qualité augmente donc dans les cellules.

Insuffisance veineuse et varices

Des études européennes suggère qu’un extrait de plante aurait des effets bénéfiques chez les personnes atteintes d’insuffisance veineuse et de varices. L’extrait de Centella pourrait aussi prévenir les œdèmeq des jambes pendant les longs vols en classe économique.

Les résultats de quelques études et d’une synthèse indiquent qu’un extrait normalisé de gotu kola peut être efficace, notamment en cas de microangiopathie diabétique, mais la qualité méthodologique ces travaux a été critiqué.

Anxiété.

Le gotu kola est utilisé depuis des siècles en médecine ayurvédique (Inde) et en Médecine traditionnelle chinoise pour combattre l’anxiété et la dépression. Quelques études préliminaires tendent à confirmer cet usage. Des essais menés sur des rats de laboratoire ont permis d’observer que l’administration d’extrait de Centella ralentissait l’activité motrice et augmentait la mémoire et la concentration, tout en réduisant l’anxiété. Un essai mené auprès de 40 personnes en bonne santé a permis d’observer un effet anxiolytique de la plante. Selon les données d’une série d’essais sur des rats, cet effet anxiolytique serait attribuable à l’asiaticoside que renferme la plante.

Cognition

En médecine ayurvédique, la plante est utilisée pour stimuler les fonctions cérébrales, elle est réputée ralentir le vieillissement du cerveau et contribuer à régénérer les neurones. Un essai préliminaire suggère que la prise d’un extrait de plante (750 mg par jour durant deux mois) aurait un effet bénéfique sur la mémoire de personnes âgées, mais L’absence dr groupe placebo au cours de cet essai limite la portée de ces résultats.

Kumar M.H.V and Gupta Y.K., Effect of different extracts of Centella asiatica on cognition and markers of oxidative stress in rats, J. Ethnopharmacol, 79 (2002) 253-260.

Affection cutanées

Peu d’essais cliniques ont été menés sur des humains mais un bon nombre d’essais in vitro et d’études sur des animaux montrent que l’application topique de la plante améliore le processus de guérison des plaies la cicatrisation. Elle augmenterait la production de collagène et des fibroblastes, des cellules qui jouent un rôle important dans la régénération des tissus.
Un essai avec placebo publié en 1991 indique qu’une crème à base de Centella asiatica, de vitamine E et de collagène peut contribuer à prévenir les vergetures causées par la grossesse.
Des essais cliniques préliminaires récents indiquent que Centella asiatica combiné à d’autres plantes ou ingrédients, peut jouer un rôle bénéfique dans le traitement de l’eczéma, des parodontites et pour prévenir le vieillissement de la peau.

Activités anti-oxydantes

Zainol M.K., Abd-Hamid A., Yusof S. and Muse R., Anti-oxidant activity and total phenolic compounds of leaf, root and petiole of four accessions of Centella asiatica (L.) Urban, Food Chem., 81(2003) 575-581.

Activités antitumorales

Babu TD, Kuttan G and Padikkala J., Cytotoxic and anti-tumour properties of certain taxa of Umbelliferae with special reference to Centella asiatica (L.) Urban, J Ethnopharmacol, 48 (1) (1995) 53-57.

Recommandation possibles

En interne Centella asiatica peut être utilisé :

- comme anxiolytique naturel et stimulant des fonctions cérébrales, en cas d’anxiété, de dépression, de stress.

- pour fluidifier la circulation sanguine et soulager les personnes souffrant d’insuffisance veineuse, de jambes lourdes, de varices, d’hémorroïdes et d’hypotension artérielle.

En application externe

- pour accélérer la cicatrisation des plaies et des brûlures.

- pour traiter les affections touchant la peau et la muqueuse buccale, comme les ulcères, l’eczéma, le psoriasis et la parodontite.

- pour soutenir le renouvellement des cellules cutanées et prévenir le vieillissement prématurées de la peau, en favorisant la synthèse des fibres de collagène.

Utilisation et posologie

Préparation et posologies indiquée par Christophe Bernard

Plante fraîche ou sèche

◦ Feuilles fraîches mâchées chaque jour.
◦ Feuilles fraîches passées à l’extracteur de jus, mélangé à un jus.
◦ Feuilles sèches réduites en poudre et rajoutées à une compote, yaourt, dans un verre d’eau, etc.

Teinture
◦ Des feuilles fraîches au taux de 1:2 avec de l’alcool à 90° (une excellente préparation).
◦ Des feuilles récemment séchées au 1:5, alcool à 40°.

Infusion
◦ De la plante récemment séchée. Winston recommande de laisser infuser 30 à 40 minutes.

Gélules
◦ De la plante récemment séchée et réduite en poudre.

Macérat huileux
◦ Par intermédiaire alcoolique de préférence, de la plante récemment séchée. Si macération classique, broyer grossièrement avant de mettre en macération.

• Onguent ou Crème
◦ A partir du macérat huileux.

• Cataplasme
◦ Des feuilles fraîches ou récemment séchées.

Dosages

Plante fraîche ou sèche
◦ 3 à 4 feuilles fraîches par jour.
◦ 1 à 2 g de feuilles sèches par jour (Tierra)

Teinture
◦ 15 à 30 gouttes jusqu’à 3 fois par jour si teinture de plante fraîche (Moore)
◦ 20 à 40 gouttes jusqu’à 3 fois par jour si teinture de plante sèche (Moore)
◦ 20 à 40 gouttes 3 fois par jour (Winston - frais ou sec non précisé).
◦ 50 gouttes, en trois fois le premier jour, de 20 à 30 gouttes, en trois fois le deuxième jour, et 60 gouttes, en une seule prise le troisième jour.

Infusion
◦ 1 à 2 g de feuilles sèches par jour.
◦ Pour un problème aigu, Khalsa recommande de monter à 30 à 90 g par jour en infusion.
◦ L’infusion peut être utilisée en compresses. Pour cela, tremper une compresse dans l’infusion de deux cuillères à soupe de feuilles fraîches ou d’une cuillère à soupe de feuilles séchées, dans 500 ml d’eau chaude. Appliquer plusieurs fois par jour sur les parties atteintes.
◦ La solution obtenue peut aussi la boire, en trois fois, au cours de la journée.

• Gélules
◦ 1 à 2 g par jour.

• Macérat huileux
◦ Appliquer au besoin sur la peau, plusieurs fois par jour.

• Onguent ou Crème
◦ Appliquer au besoin sur la peau, plusieurs fois par jour.

• Cataplasme
◦ Deux fois par jour.

Précautions d’emploi et contre-indication

Il est important de respecter les doses indiquées pour éviter d’éventuels effets secondaires, tels que des malaises gastro-intestinaux ou des allergies cutanées.

La prise par voie orale est déconseillée aux femmes enceintes et à celles qui allaitent.

Au cours d’une étude menée sur des souris, on a observé que l’asiaticoside, un ingrédient isolé de la plante, pouvait avoir un effet cancérigène sur les souris qui avaient reçu un traitement topique à base de cet ingrédient : après 20 mois, 1 des 57 souris a développé un sarcome (tumeur maligne). Bien qu’aucun cas de cancer n’ait été signalé chez des humains ayant utilisé Centella asiatica en application topique, certaines sources recommandent aux personnes ayant déjà souffert d’un cancer de la peau d’éviter cette plante.

O. A. Jorge and A. D. Jorge (2005) affirme la prise en voie orale de Centella asiatica présente un risque d’hépatotoxicité. Ils présentent en effet les cas cliniques de trois femmes (61, 52 et 49 ans) qui ont développé une jaunisse après avoir pris Centella asiatica pendant 30, 20 et 60 jours et ont respectivement développés une hépatite granulomateuse avec nécrose et apoptose marquées ; une hépatite chronique avec transformation cirrhotique et une activité nécro-inflammatoire intense, et l’hépatite granulomateuse. Tous les patients ont vu leur état s’améliorer avec l’arrêt de la Centella asiatica, et l’acide ursodésoxycholique 10 mg/kg/jour. Le premier patient a repris la Centella asiatica, avec une récidive des dommages. Le second avait pris cette herbe un an auparavant. Les auteur de cette revue clinique posent l’hypothèse que ces lésions sont associées à la Centella asiatica. La présence d’auto-anticorps et de granulomes favorisent également un mécanisme à médiation immunitaire. L’acide ursodésoxycholique a des propriétés anti-apoptotiques. Les auteurs n’exclut pas que l’arrêt de la Centella asiatica ait pu à lui seul entraîner une amélioration de la situation des patients.

Hormis ces trois cas, les études faites sur animal et humain n’ont jamais démontré de risque d’hépatotoxicité. De plus, certaines études comme celle de Pragathi Duggina et al, 2015 montrent au contraire un effet hépatoprotecteur. Certains pensent que les cas en question pourraient être dus à une plante qui n’était pas pure, qui était mal identifié ou coupé avec une plante hépatotoxique. Dans le doute, mieux vaut ne pas utiliser de fortes doses sur le long terme.

Pragathi Duggina et al, 2015 ont montré que l’examen histopathologique de l’intestin, de la rate et du foie de rats à l’hépatotoxicité induite par par le cyclophosphamide ayant ingéré des extrait de centella asiatica indiquait que celui-ci pouvait atténuer les dommages aux organes hépatiques et immunitaires induits. Ces résultats ont indiqué que les extraits de centella modulait la fonction des systèmes immunitaire et hépatique des rats contre l’immunosuppression et l’hépatotoxicité induites en restaurant la production de cytokines, le système antioxydant et les lésions de plusieurs organes.

Interactions avec des plantes médicinales ou des compléments

La plante peut augmenter les effets sédatifs de certaines plantes médicinales.

Interactions avec des médicaments

A dosage élevé, la plante interagit avec les anxiolytiques, en majorant leurs effets.

Préparation d’un macérât huileux

Source : Christophe Bernard

Le gotu kola aide à réparer une peau abîmée ou enflammée. Voici une recette de macérat huileux réalisé à partir des parties aériennes sèches.

Il existe plusieurs méthodes, depuis la macération simple jusqu’à la macération utilisant une chaleur douce pour faciliter l’extraction. C’est de celle-ci que nous allons parler.

Vous aurez besoin d’une yaourtière. Notez que cette méthode peut s’appliquer à d’autres plantes.

1. Une fois les feuilles bien sèches, passez-les au moulin à café ou au blender afin de les réduire en une poudre grossière.

2. Placez ensuite la poudre dans un récipient en pyrex qui entre dans la yaourtière. Recouvrez la poudre d’une huile végétale de votre choix et mélangez bien. Placez ensuite le récipient dans la yaourtière et placez le couvercle de la yaourtière.

3. Si votre appareil fonctionne par cycle, chaque matin, démarrez un cycle de chauffe.

Sinon, laissez l’appareil tourner en continu. Il faudra laisser votre huile macérer pendant une dizaine de jours.

4. Filtrez au travers d’une étamine puis rajoutez 6 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie et 8 gouttes de vitamine E pour 100 ml de macérat huileux. Ceci est nécessaire pour une meilleure conservation.

5. Gardez en bouteille dans un endroit frais et à l’abri de la lumière.

À noter : idéalement, la macération à chaud se fera à des températures qui ne dépassent pas les 45 à 50 °C. Si vous avez un thermomètre à sonde, petit ustensile bon marché et très utile pour faire ses produits à base de plante, testez la température régulièrement. En fonction de la yaourtière, il faut parfois enlever le couvercle, sinon cela chauffe trop.

Mode d’emploi : appliquez le macérât huileux sur tout problème de peau qui demande réparation et cicatrisation.

Sources

Revues

Ved Prakash, Nishita Jaiswal, Mrinal Srivastava, A Review On Medicinal Properties Of Centella Asiatica, Asian J Pharm Clin Res, Vol 10, Issue 10, 2017, 69-74

Arpita Roy and Navneeta Bharadvaj, Centella Asiatica : A Pharmaceutically Important Medicinal Plant, Current Trends Biomedical Eng & Biosciences, Volume 5 Issue 3 - June 2017

Sakshi Singh, Asmita Gautam, Abhimanyu Sharma and Amla Batra, Centella asiatica (L.) : A Plant with Immense Medicinal Potential but Threatened, International Journal of Pharmaceutical Sciences Review and Research, Volume 4, Issue 2, September – October 2010

G Belcaro, F-X Maquart, Marco Scoccianti, M Dugall, TECA (Titrated Extract of Centella Asiatica) : New microcirculatory, biomolecular, and vascular application in preventive and clinical medicine. A status paper, Panminerva Medica 53(3 Suppl 1):105-18, September 2011

Kulsoom Zahara, Yamin Bibi and Shaista Tabassum, Clinical and therapeutic benefits of Centella asiatica, Pure Appl. Bio., 3(4) : 152-159, December- 2014

Etudes ethnopharmacologiques africaines

Composition

Puziah Hashim, Hamidah Sidek, Mohd Helme M. Helan, Aidawati Sabery,
Uma Devi Palanisamy and Mohd Ilham, Triterpene Composition and Bioactivities of Centella asiatica, Molecules, 2011, 16, 1310-1322

Applications culinaires

Centella and its Food applications

Cosmétique

Bylka W, Znajdek-Awiżeń P, Studzińska-Sroka E, Brzezińska M. Centella asiatica in cosmetology. Postepy Dermatol Alergol. 2013 Feb ;30(1):46-9.

Traitement des ulcères

Cheng CL, Guo JS, Luk J, Koo MW. The healing effects of Centella extract and asiaticoside on acetic acid induced gastric ulcers in rats. Life Sci. 2004 Mar 19 ;74(18):2237-49.

Activité hépatoprotectrice

Duggina P, Kalla CM, Varikasuvu SR, Bukke S, Tartte V. Protective effect of centella triterpene saponins against cyclophosphamide-induced immune and hepatic system dysfunction in rats : its possible mechanisms of action. J Physiol Biochem. 2015 Sep ;71(3):435-54.

Jorge OA, Jorge AD. Hepatotoxicity associated with the ingestion of Centella asiatica. Rev Esp Enferm Dig. 2005 Feb ;97(2):115-24.

Stimulant cérébral, Neuroprotecteur

Jana U, Sur TK, Maity LN, Debnath PK, Bhattacharyya D. A clinical study on the management of generalized anxiety disorder with Centella asiatica. Nepal Med Coll J. 2010 Mar ;12(1):8-11.

Lokanathan Y, Omar N, Ahmad Puzi NN, Saim A, Hj Idrus R. Recent Updates in Neuroprotective and Neuroregenerative Potential of Centella asiatica. Malays J Med Sci. 2016 Jan ;23(1):4-14

Wattanathorn J, Mator L, Muchimapura S, Tongun T, Pasuriwong O, Piyawatkul N, Yimtae K, Sripanidkulchai B, Singkhoraard J. Positive modulation of cognition and mood in the healthy elderly volunteer following the administration of Centella asiatica. J Ethnopharmacol. 2008 Mar 5 ;116(2):325-32.

G K Shinomol, Muralidhara, Muchukunte M S Bharath, Exploring the Role of “Brahmi” (Bacopa monnieri and Centella asiatica) in Brain Function and Therapy, Recent Pat Endocr Metab Immune Drug Discov, 2011 Jan ;5(1):33-49

Gray NE, Alcazar Magana A, Lak P, Wright KM, Quinn J, Stevens JF, Maier CS, Soumyanath A. Centella asiatica - Phytochemistry and mechanisms of neuroprotection and cognitive enhancement. Phytochem Rev. 2018 Feb ;17(1):161-194.

Soins cutanés

Joy J, Nair CK. Protection of DNA and membranes from gamma-radiation induced damages by Centella asiatica. J Pharm Pharmacol. 2009 Jul ;61(7):941-7.

Sharma J, Sharma R. Radioprotection of Swiss albino mouse by Centella asiatica extract. Phytother Res. 2002 Dec ;16(8):785-6.

Young-Joo Kim, Hwa Jun Cha, Ki Ho Nam, Yeongmin Yoon, Centella asiatica extracts modulate hydrogen peroxide-induced senescence in human dermal fibroblasts, Experimental Dermatology December 2011 20(12):998-1003

Mis en ligne par La vie re-belle
 19/01/2021
 https://lavierebelle.org/centella-asiatica

Plantes de l’Afrique des Grands Lacs

Description des plantes adventices et cultivées en Afrique de l’Est et présentation de leurs propriétés et de leurs usages traditionnels et potentiels

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