La sécheresse est-elle un état naturel ?

La désertification est-elle réversible ?

Cet article est le premier d’une série de textes dans lesquels je souhaite passer en revue et relier les analyses de différentes recherches et expérimentations pour répondre à plusieurs questions :

- quel rôle joue l’anthropisation des terres dans la désertification ?

- est-il possible d’inverser ce processus et de faire reculer les déserts ?

- quelles pratiques permettraient de restaurer la vie dans des terres arides ?

Ces questions nous conduiront :

- à examiner l’impact des pratiques agricoles sur la désertification ;

- à décrire les processus de fragilisation et de dégradation des sols qui conduisent à la désertification ;

- à décrire des pratiques de lutte contre la désertification et de restauration de zones arides devenue stériles pour en analyser les processus et les résultats.

Le contexte actuel d’évolution rapide du climat fragilise l’ensemble des écosystèmes. Parmi ces écosystèmes, les milieux déjà perturbés par l’occupation humaine sont les plus susceptibles d’évoluer vers une désertification rapide. Si les humains ne nouent pas une nouvelle alliance et de nouvelles interactions concrètes avec leurs milieux de vie, ce scénario est le plus probable. Il est donc urgent de comprendre les processus de désertification et les conditions à réunir pour le stopper et l’inverser chaque fois que cela est possible.

La sécheresse est-elle un état naturel ?

La désertification est-elle réversible ?

La sécheresse est-elle un état naturel ?

Laissons Georges Oxley ouvrir le propos :

« Plus on avance dans la connaissance du vivant plus on s’aperçoit de l’utilité des choses et des êtres. On prend aussi conscience que l’important dans la vie se sont les équilibres.

Lorsqu’une goutte d’eau tombe sur le sol, les bactéries qui la reçoivent se gorgent de l’eau dont elles ont besoin et transmettent aux bactéries inférieures l’eau en excès. L’eau qui pénètre par les orifices creusés par les vers de terre se transmet de bactérie à bactérie, jusqu’à la roche mère, la nappe phréatique. Quand la surface est carencée en eau, l’eau remonte par ces mêmes voies bactériennes. L’eau qui crée la vie circule ainsi avec la vie. L’eau qui est descendue peut donc remonter et être mise à disposition des organismes qui en ont besoin.

Mais ce processus suppose une condition : qu’il n’y ait pas de charge d’évaporation en surface. Si la pompe fuit, la pompe est arrêtée. Ainsi, un sol labouré et mis à nu va-t-il anéantir de système de circulation et de mise à disposition de l’eau.

Considérant le mécanisme de circulation de l’eau dans les sols, une conclusion s’impose : la sécheresse n’est jamais un état naturel. Elle est toujours le produit d’un stress, le résultat d’une intervention humaine, ou d’une catastrophe. Un désert est un lieu où le sol a été détruit par l’homme par de mauvaises pratiques agricoles. » [1]

Claude et Lydia Bourguignon prolongent la réflexion de George Oxley lorsqu’ils disent en substance que « Le mécanisme de destruction des sols par l’homme est toujours le même » :

Par certaines de ses pratiques, l’humain induit d’abord la mort biologique des sols c’est-à-dire à la disparition des vers de terre, de la macro et microfaune et microflore et des champignons du sol. Cette disparition des « ingénieurs du sol » entraîne une dégradation chimique, puis une dégradation physique des sols. Dès lors qu’il n’est plus structuré et tenu par les ingénieurs des sols vivants, le sol au sens de « fine couche fertile d’humus abritant la vie animale et végétale est alors tout simplement susceptible après dégradation de disparaître par érosion éolienne et hydrique. [2]

Impact des pratiques humaines

Du croissant fertile au croissant désertique

Le « croissant fertile » désigne les zones géographiques situées au Moyen-Orient caractérisées par la fertilité de leurs terrains, qui forment sur la carte un croissant s’étendant de la Mésopotamie jusqu’au Nil. Cette zone est irriguée par le Jourdain, l’Euphrate, le Tigre et le Nil (fleuves). Il s’étend donc sur des plaines alluviales initialement riches en terres arables. Cette surface fut l’un des lieux de domestication des céréales et des débuts de l’agriculture au Néolithique.

Grâce au développement de l’agriculture, plusieurs civilisations ont vu le jour dans cette région. Mais force est de constater qu’aujourd’hui celle-ci est devenue une vaste étendue désertique. Pour différents chercheurs et agronomes, les pratiques agricoles qui y furent utilisées ont contribué à désertifier ce milieu.

Initialement fertile mais fragile, la durabilité des écosystèmes a été sapée par la déforestation, le surpâturage, le labour qui a mis les terres à nue et induit une érosion systémique et la latéritisationdes terres [*].

De manière contre-intuitive, l’irrigation a également été un facteur important de désertification. « Arroser n’importe comment créé du désert : trop d’arrosage et le sol se transforme en sel. Tel fut le cas à Babylone, berceau des céréales. »

Désert du Sonora

Le désert du Sonora à la frontière du Mexique et du Texas était une forêt au XVIIIe siècle, qui a été vite coupée pour soutenir la révolution industrielle et y introduire l’élevage pour nourrir les immigrants installés dans la région.

Région du désert de Sonora

L’arrivée des Européens dans la région de l’actuel désert de Sonora a provoqué une rupture écologique. L’introduction d’humains, de plantes, d’animaux et de microbes eurasiens a bouleversé le milieu. L’exploitation minière et l’élevage bovin notamment ont provoqué une dégradation substantielle des milieux dans le nord et le centre de l’Arizona dès le milieu du XIXe siècle. Les descriptions abondent d’immenses étendues dédiées à l’élevage puis de l’abandon ultérieur de ces mêmes terres surpâturées devenues stériles pendant la période de colonisation brutale et rapide de la région.

Région de Sonora au début de la colonisation eurasienne et vestige de la végétation initiale

La destruction des milieux naturels fut plus lente dans le sud de l’Arizona, où la résistance des Apaches et d’autres communautés natives ont fortement limité la colonisation espagnole et américaine jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Après l’assujettissement des Apaches, des vagues de mineurs, d’éleveurs et d’agriculteurs se sont installées dans la région. Les activités minières et d’élevage étaient économiquement liées dans des complexes ranch-mine" militairement protégés. Les ranchs se sont développés autour des villes minières pour fournir la viande, le bois et le bois de chauffage nécessaires aux opérations minières. Pendant cette période, bétail, cuivre et coton cultivé dans des champs irrigués le long des cours d’eau ont dominé l’économie de la région. Le pastoralisme et l’exploitation minière ont atteint leur apogée au tournant des XIXe et XXe siècles, puis ont entamé un lent déclin.

Typical current Sonoran lansdcape

Dans un environnement se désertifiant, l’invention et la diffusion de la pompe diesel et la construction de barrages ont entraîné un boom de l’agriculture irriguée à partir des années 1930. Les découvertes ultérieur de réserves d’eau souterraine rapidement convertis à la production de agricole et de vergers. Avec la baisse des nappes phréatiques et l’évolution des tendances économiques, plusieurs milliers d’hectares de terres cultivées ont été abandonnés, la production se poursuivant dans les zones où il subsiste des aménagements hydrauliques (barrages, canaux), encore viable ou à proximité de réserves aquifères et d’eaux de surface qui n’ont pas encore été épuisées. Hors de ce poches encore verdoyante la région est devenue un désert.

Désert de Sechura ou de Nazca au Pérou

Lorsqu’en 1785, Aimé Bonpland, botaniste de Louis XV et le naturaliste Alexander von Humboldt, correspondant voyageur de Goethe arrivèrent sur les côtes de Piura (de l’actuel Pérou), il décrivirent une forêt luxuriante. Dans ce lieu prodigue où s’épanouissaient les cacaoyers, Jean Nico découvrit et fit la première description du Tabac…

Humboldt et Bonpland dans la jungle peints par Eduard Ender v. 1850

Aujourd’hui cet Eden a disparu et la pointe la plus occidentale du Pérou est complètement désertique. Ce désert est l’aboutissement des pratiques de défrichement de mise en culture par les immigrants européens. La travail du sol a fait disparaître la partie aérobienne du sol, or dès que celle-ci disparaît, on rentre dans une phase de désertification.

Désert de Sechura ou de Nazca au sud de Piura

Archipel de Madère

Inhabitée avant l’arrivée des Portugais en 1419, les îles de Madère et de Porto-Santo connurent en quelques décennies des changements environnementaux brutaux. Les colons portugais commencèrent par déforester une partie de l’île pour y cultiver de la canne à sucre devint le premier centre mondial de production de sucre. Dans les années 1450, capitaux européens et esclaves africains convergèrent vers Madère pour en faire la première économie de plantation de l’histoire. Or la production de sucre est très énergivore. Vers 1510, l’île qui avait été baptisée « Madera » : l’île « du bois » s’était déjà vue déboisée sur un tiers de sa surface, en particulier le long des côtes. Faute de bois pour alimenter les raffineries et aussi du fait de l’appauvrissement des sols, la production sucrière s’effondra. Christophe Colomb fut le témoin du « choc écologique » qui bouleversa le climat et la flore de cet archipel. Il constata que la destruction du couvert forestier de Madère avait entraîné un changement du régime des pluies sur l’île. Initialement marqué par des pluies abondantes et régulières, le climat de l’île était en très peu de temps devenu de type méditerranéen avec de long été très sec et la végétation autrefois forestière devint de type garrigue et maquis.

Paysages de maquis de l’Île de Madère

De ses voyages et expériences, nous apprend l’historien Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Collomb aurait tiré l’hypothèse aujourd’hui étayé par des recherches récentes selon laquelle les arbres sont générateurs de pluie :

« En juillet 1494, lors de son second voyage, la flotte de Christophe Colomb navigue entre Cuba et la Jamaïque sous les pluies diluviennes de la mousson. L’expédition est en péril : des trombes submergent les cales, corrompant les provisions et la chaleur étouffante rend la conservation des aliments impossible. Plusieurs jours durant, le ravitaillement de l’équipage dépend du seul secours des Indiens. Dans cette situation critique, Christophe Colomb aurait eu la réflexion suivante : « le ciel, la disposition de l’air et du temps à ces endroits sont les mêmes que dans les environs » à savoir que « chaque jour, à l’heure des vêpres, apparaît un nuage avec de la pluie qui dure une heure, quelquefois plus, quelquefois moins », ce qu’il attribuait aux grands arbres de ce pays. La preuve que Colomb apporte du lien entre couvert forestier et précipitations est la suivante : il savait « par expérience » qu’il en avait été de même auparavant « aux Canaries, à Madère et aux Açores » mais que depuis que l’on y avait coupé les arbres « qui les encombraient il ne se génère plus autant de nuages et de pluie qu’avant. » ».

Désert du Sahara

Le Sahara, le plus vaste désert chaud au monde (9.000.000 km²) fut une région naturelle verdoyante avant que les hommes n’y connaissent leur développement, il y a environ 25.000 ans. La région y était recouvert de savane arborée et giboyeuse, idéale pour le développement de l’homme. Les hommes y ont été chasseurs, puis pasteurs et agriculteurs. Mais les modes de gestion du milieu - surpâturage, incendies pour la chasse ou la culture sur brûlis - se sont avérés destructifs : Ce milieu fragile, ainsi mis à mal, a pernicieusement subi un phénomène de dégradation des sols irréversible avec l’évolution des conditions climatiques qu’il a partiellement induites.

Reconstitution d’un paysage saharien probable avant la désertification

Le professeur David Wright, archéologue de l’université nationale de Séoul a récemment proposé une hypothèse du processus de désertification du Sahara en comparant les données archéologiques sur l’apparition de l’élevage dans la région saharienne avec l’évolution sur la durée de certains types de végétation associés à une région désertique :

« Voici environ 8.000 ans, les premières communautés pastorales se seraient installées dans la région du Nil, et auraient commencé à se répandre vers l’ouest. Et cette progression serait synchrone avec l’augmentation de la végétation désertique. »

«  »
Les lignes sur cette carte représentent la propagation du bétail au cours des millénaires. Les points représentent des sites où les archéologues ont trouvé des traces de bétail.

David K. Wright explique que l’arrivée de communautés dont la ressource principale était l’élevage a eu des conséquences sur l’environnement. Celles-ci ont incendié des zones qu’elles souhaitaient dédier à leurs bétail, et ont globalement procédé à une déforestation. Cette évolution du couvert végétal et notamment la disparition de zones de forêts et de savanes ont changé la quantité de lumière solaire reflétée par le sol. Ce changement à alors lui-même influencé la circulation atmosphérique. Les moussons, qui irriguaient le Sahara, auraient alors faibli, ce qui a accéléré le processus de désertification.

Le professeur Wright ne nie pas l’influence d’autres facteurs climatiques dans le processus de désertification du Sahara notamment l’oscillation de l’orbite terrestre, il estime toutefois que l’action humaine a été un facteur déterminant dans l’évolution du climat saharien et cite d’autres exemples de changements écologiques et climatiques dus aux humains. « Des théories robustes montrent qu’en Asie du Sud-Est et en Chine, les populations néolithiques ont changé les paysages de manière si profonde que les moussons ont cessé de pénétrer loin dans les terres ».

Dans ce processus de dégradation de l’environnement du Sahara, l’élevage caprin pourrait avoir joué un rôle important : « Les chèvres sont les principales suspectes. » De fait, ces animaux mangent beaucoup pour leur taille et consomment presque tout ce qui se présente. « J’ai littéralement vu une chèvre manger une brique [...]. Il ne faut pas beaucoup de chèvres dans un paysage stressé pour avoir un impact important. »

Contrairement aux herbivores sauvages qui ne restent pas longtemps à découvert où ils sont des cibles faciles pour les prédateurs. Protégés par leurs bergers, les troupeaux de d’animaux domestiqués n’hésitent pas à complètement dénuder le milieu où ils ont été conduits. Les troupeaux de chèvres ou d’autre bétail ont ainsi exposé au soleil un sol qui était auparavant protégé par la végétation qui le recouvrait. Cette mise à nu du sol a eu des conséquences immédiates sur le climat local. La terre et le sable de couleur fauve réfléchissant plus de lumière que les herbes et les broussailles virides, l’énergie associée à la lumière est retourné dans l’atmosphère avec un effet réchauffant. Sous les tropiques, une atmosphère chauffée ayant tendance à former moins de nuages qu’une atmosphère plus fraîche, il y a eu moins de pluie.

Tel fut le scénario au Sahara avance le Professeur Wright qui précise toutefois que son hypothèse laisse encore ouvertes beaucoup de questions. « Nous devons forer dans ces anciens lacs pour obtenir les enregistrements de la végétation, regarder l’archéologie et voir ce que les gens faisaient là-bas. [...] « Il est très difficile de modéliser les effets de la végétation sur les systèmes climatiques. C’est notre travail en tant qu’archéologues et écologistes de sortir et d’obtenir les données, pour aider à faire des modèles plus sophistiqués. »

Le Sahara étant devenu un désert, les populations qui peuplaient la région se sont réfugiées sur son pourtour (le Maghreb, le Sahel et le long du Nil) où ils ont perpétué la dégradation de l’environnement : les Romains ont notamment déforesté et détruit les sols du nord du Sahara en y développant des cultures céréalières à grande échelle pour alimenter leur empire qui avait par ailleurs de multiples besoins en bois pour sa marine, sa métallurgie... Au sud du Sahara ; les peuples du Sahel ont continuer des mêmes méthodes de culture et d’élevage basées sur l’écobuage par le feu.

Au XXe siècle, tous ces processus se sont accélérés du fait que les activités humaines ont dans le monde entier sollicité le milieu naturel comme l’Homme ne l’avait jamais fait auparavant.

Conclusion provisoire

La désertification et le rythme des alternances entre saisons sèches et humides, la pénétration ou non des moussons à l’intérieur des continents ne sont pas de simples phénomènes naturels. Les modes de perturbations humain des écosystèmes qui spontanément tendent vers des climax de prairie ou de forêt semblent jouer un rôle prépondérant dans les processus de désertification. Celui-ci n’est pas strictement lié au développement de l’agriculture et de l’élevage mais aux modes d’agriculture et d’élevages qui sont choisis dès lors que les pratiques agropastorales détruisent les couverts forestiers et mettent les sols à nu.

Huit mille ans d’agriculture ont généré un milliard d’hectares de désert, depuis 1900 les pratiques agricoles ont désertifié un autre milliard d’hectares. Seules quelques communautés ont su mettre en œuvre et perpétué des modes d’interaction avec leur milieux respectueux des équilibres naturels.

Nous commençons à peine à comprendre combien et comment nos pratiques détruisent l’environnement qui nous est pourtant indispensable pour vivre. Nous commençons également tout juste à comprendre le rôle vital des arbres dans les cycles de l’eau indispensable pour arrêter notre contribution à la désertification. C’est pourquoi je laisse ici le dernier mot au botaniste Francis Hallé qui nous rappelle une des fonctions essentielles des arbres.

Francis Hallé

« Un arbre est une énorme surface qui envoie dans l’atmosphère des tonnes de vapeur d’eau, ce qui est presque de sa fonction. En parallèle, il y a une vingtaine d’années, une équipe de chercheurs dont je faisais partie a travaillé au Gabon et s’est aperçue que chaque espèce d’arbre émettait des molécules volatiles et spécifiques. Les Anglais ont donné le terme de « volatil organic compound » (VOC) à ces molécules organiques qui partent dans l’atmosphère. Très récemment, un chercheur brésilien, Antonio Nobre qui travaille au centre du bassin amazonien dans un très beau laboratoire qui s’appelle INPA (Institut de Recherche sur l’Amazonie), a trouvé le rôle de ces émissions. Il ne suffit pas que de la vapeur d’eau soit présente dans l’atmosphère pour qu’il pleuve. Il faut des germes autour desquels s’agglomèrent les molécules d’eau de plus en plus nombreuses, de sorte qu’elles finissent par former une goutte d’eau qui tombe. Ces germes peuvent être de la poussière mais il n’y en a pas au-dessus de la forêt amazonienne. Ce sont alors les VOC qui servent de germes. Ces molécules émises par les arbres sont très variées, elles comportent de l’éthanol, du formaldéhyde, divers enzymes, et une molécule assez dangereuse, le méthylmercaptan. Mais notons aussitôt que nous pouvons tout à fait vivre à côté de quelques molécules de méthylmercaptan. Non seulement les arbres envoient la vapeur d’eau dans l’atmosphère, mais ils sont également capable de contrôler le retour de cette eau sous forme de pluie. Quand j’étais tout jeune chercheur en Afrique, je me rappelle avoir aperçu en pleine savane un nuage à l’horizon. Après avoir mis le cap dans cette direction, nous avons découvert une petite forêt en dessous de ce nuage. Quelques hectares de forêt suffisent pour qu’il pleuve. »

Cher.e lecteur et lectrice je vous laisse pour finir découvrir une vidéo pleine sensibilité dans laquelle Francis Hallé explique le rôle des arbres dans la génération de la pluie.

Notes

[1] Extrait de la conférence donnée par George Oxley, dans le cadre de la journée « On remet le couvert » dédiée aux couverts végétaux, au travail superficiel du sol et au semis direct, organisée à Auch (Gers) le 12 décembre 2014, par le Gabb 32 et l’association Arbre et paysage 32.

[2] D’après différentes conférences données par Claude et Lydia Bourguignon

[*] Le terme latéritisation désigne une évolution pédologique au cours de laquelle des sols tropicaux ferralitiques sont transformés en latérite.

Les sols ferralitiques ou latéritiques se forment par altération des couches superficielles des roches silicatées ou carbonatées sous l’action des agents atmosphériques, en climat chaud et humide. Ces sols sont tout à fait impropres à quelque forme d’agriculture que ce soit ; extrêmement pauvres en cations échangeables, leurs complexes absorbants (alumine colloïdale associée à divers oxydes de fer) sont complètement désaturés.

Les seuls écosystèmes adaptés à ces sols sont des écosystèmes forestiers. Si ces formations végétales sont détruites et remplacées par des formations graminéennes destinées à l’élevage bovin ou caprin et surtout par des cultures, en quelques années et toujours moins d’une décennie, les sols ferralitiques se transforment en sols latéritiques qui, s’ils sont soumis à une forte érosion laissent apparaître les cuirasses installées profondément. Les sols deviennent définitivement stériles.

La latérisation se produit dès l’instant où la couverture végétale forestière détruite ne protège plus les sols ferralitiques à la fois du fort lessivage des pluies tropicales pendant la saison humide et des fortes évaporations et évapotranspirations pendant la saison sèche.
[source : http://www.ecosociosystemes.fr/laterites.html]

Pour aller plus loin  :

Claude et Lydia Bourguignon, Le sol, la terre et les champs : pour retrouver une agriculture saine , Editions Sang de la terre, Mai 2015

David K. Wright, Humans as Agents in the Termination of the African Humid Period, Front. Earth Sci., 26 January 201.

Jean-Baptiste Fressoz, Le changement climatique : l’autre découverte de Christophe Colomb (article en espagnol) par dans El Pais

William V. Harris, « Bois et déboisement dans la Méditerranée antique », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2011/1, pages 105 à 140

Mis en ligne par La vie re-belle
 12/10/2020
 https://lavierebelle.org/la-secheresse-est-elle-un-etat

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