Amaranthus sp. Les Amarantes

Légumes feuilles et plantes à grains

Principalement originaires de mésoamérique (Amérique centrale), les amarantes sont aujourd’hui un légume cosmopolite de première importance en Afrique, dans le sous-continent indien en Asie et en Océanie. Selon les régions du monde, les amarantes sont plutôt cultivées pour leurs feuilles comestibles ou comme pseudo céréale pour leur graines. Riches en apports nutritionnels et résistantes à la sécheresse comme aux pesticides les amarantes pourraient bien être un des végétaux de la résilience dans un contexte de chaos climatique.

Amaranthus sp. Les Amarantes

Légumes feuilles et plantes à grains

Comme la quinoa, l’amarante a cette particularité de produire à la fois des feuilles et des graines comestibles. Ses feuilles possèdent des propriétés nutritionnelles supérieures aux légumes feuilles les plus couramment cultivés dans le monde comme les épinards par exemple. Sa graine, classée pseudo-céréale, en raison de la similarité de ses usages possibles avec les céréales, est riche en protéines de haute qualité, notamment en raison de son abondance en lysine, l’un des neuf acides aminés l’un des neuf acides aminés essentiels pour l’homme, rare dans les autres céréales.

Amaranthus hypocondriacus
Amaranthus hypocondriacus. L’une des trois principales variétés d’amarantes à grains

Tout en utilisant les amarantes comme culture légumière, les peuples de Mésoamérique ont développé des variétés productrices de graines. Dans le reste du monde les amarantes ont surtout été valorisés comme légumes feuilles. Cet article propose de découvrir la diversité des traditions culturales et des usages des amarantes dans le monde afin que chacun puisse tiré le parti de ces différents héritages culturel.

Mais avant de parcourir les traditions méso-américaines, africaines, asiatiques et océaniennes concernant les amarantes nous voudrions attirer l’attention sur l’importance que cette famille de plante pourrait, avec d’autres, prendre dans le contexte de réchauffement et de désordre climatique que nous vivons et qui est amené à s’amplifier.

Au moment où j’écris cet article, nous sommes en août 2020, je vis au Rwanda. Nous sommes au cœur de la grande saison sèche. Dans les jardins potagers qui ne bénéficient pas de la présence d’un point d’eau proche pour les irriguer, l’amarante est souvent le seul légume qui subsiste dans les jardins de cuisine des familles paysannes.

Amarantes dans un jardin de cuisine à Nyagisozi (Province Sud du Rwanda)
Jardin de cuisine à Nyagisozi (Province Sud du Rwanda)

Dans le monde végétal, on distingue les plantes selon leur modalité d’effectuer la photosynthèse. Ce processus fondamental pour les plantes. En effet la photosynthèse permet aux plantes vertes de synthétiser des matières organiques grâce à l’énergie lumineuse, en absorbant le gaz carbonique (CO2) de l’air et en rejetant l’oxygène (O2).

Les scientifiques expliquent que les plantes ne procèdent pas toutes de la même façon et ces différences consistent en une variation d’une série de réactions chimiques qu’ils appellent le cycle de Calvin.

Ces réactions qui ont lieu au sein de chaque plante, affectent le nombre et le type de molécules de carbone de la plante crée, les endroits où ces molécules sont stockées dans la plante, et surtout ce qui s’avèrent crucial aujourd’hui, la capacité de la plante à résister à de basses atmosphères de carbone, des températures plus élevées et une réduction de l’ eau et de l’azote.

Nous développerons ces aspects et leur importance dans un article dédié et nous contenterons ici de dire que les scientifiques catégorisent les plantes selon leur manière d’accomplir de cycle de Calvin. Ils distinguent ainsi les plantes qui ont une photosynthèse en C2, C3, C4.

L’amarante fait partie des plantes dont la photosynthèse est dite en C4. Le maïs (Zea mays), la canne à sucre (Saccharum officinarum) ou encore le sorgho (Sorghum
sp.), l’éleusine (Eleusine coracana) et les autres variétés de mils et millets font partie de cette catégorie de plantes ayant un tel métabolisme·

Sans entrer dans les détails on peut dire qu’il s’agit d’un mécanisme d’adaptation à la chaleur et à la sécheresse qui pourrait, dans certains contextes faire de ces plantes, des végétaux mieux adaptés à l’évolution des conditions d’exercice de l’agriculture. Des recherches réalisées en Chine ont mis en évidence que l’amarante consommait 40 % en moins d’eau que du maïs semé au même moment.

Caractéristiques botaniques

Le nom « amarante » vient du grec « amarantos » qui signifie « qui ne fane pas ». L’amarante est une espèce annuelle, qui se resème spontanément, herbacée ou arbustive de différentes couleurs (parfois multicolore) allant du vert au violet ou au pourpre avec différentes nuances entre les deux.

La plante est dotée d’une racine pivot produit une ramification abondante et de multiples racines fines, qui s’étendent rapidement après que la tige commence à se ramifier, facilitant l’absorption de l’eau et des nutriments, la racine principale sert de support à la plante, permettant de maintenir le poids de la panicule. Les racines primaires en viennent à prendre une consistance ligneuse qui ancre la plante fermement et dans de nombreux cas, surtout lorsqu’elle pousse un peu à l’écart des autres, atteint des dimensions considérables. En cas d’attaque sévère des nématodes, on observe des nodulations importantes dans les radicelles.

Base racinaire et sommité florifère d’amarante à racine rouge (Amaranthus retroflexus)

La tige est cylindrique et anguleuse avec d’épaisses stries longitudinales qui lui donnent un aspect rainuré, elle atteint de 0,4 à 3 m de longueur, dont l’épaisseur diminue de la base au sommet, elle présente différentes colorations qui coïncident généralement avec la couleur des feuilles, bien que l’on observe parfois des stries de couleurs différentes, elle présente des ramifications qui dans de nombreux cas partent de la base ou à mi-hauteur et qui proviennent des aisselles des feuilles. Le nombre de branches dépend de la densité de population dans laquelle se trouve la culture.

Les feuilles ont de long pétioles, sans stipules de forme ovale, elliptiques, opposées ou alternées avec des nervures proéminentes dans le dos, lisses ou peu pubescentes de couleur verte ou violette dont la taille diminue de la base à l’apex, présentant tout le bord, de taille variable de 6,5-15 c. Dans le cas des cultures andines, les feuilles tendres jusqu’au stade de la ramification sont consommées comme légumes-feuilles.

L’inflorescence de l’amarante correspond à des panicules très voyants, terminaux, qui peuvent varier de totalement érigées à retombant, avec des couleurs qui vont de jaune, orange, marron, rouge, rose, à violet. La taille des inflorescences est très variable selon les espèces et les cultivars et celles-ci présentent des formes diverses qui peuvent être érigées ou retombantes.

Le fruit est une petite capsule, qui à maturité s’ouvre transversalement, laissant tomber la partie supérieure appelée opercule, pour révéler la partie inférieure appelée urne, où se trouve la graine. Déhiscent, le fruit fait facilement tomber la graine.

Amaranthus tuberculatus

Légende de la photographie ci-dessus : Inflorescences et fruits de l’Amaranthus tuberculatus : A - inflorescence mâle, F - inflorescence femelle, C - fruit et graine déhiscents, D - surface ondulée du fruit.

La graine est petite, lisse, brillante, de 1 à 1,5 mm de diamètre, légèrement aplatie, blanche, jaunâtre, dorée, rouge, rose, violette et noire ; le nombre de graines varie de 1 000 à 3 000 par gramme, les espèces sauvages présentent des grains noirs avec un épisperme très dur.

Intérêts de la culture des amarantes

La culture des amarantes comestibles est intéressante dans les zones tropicales et subtropicales pour plusieurs raisons :

L’amarante est l’une des trente espèces alimentaires qui offre les plus grandes promesses pour l’amélioration de l’alimentation humaine :
◦ Ses feuilles et ses graines sont une source de protéines de minéraux et acides aminés essentiels : calcium, magnésium, phosphore et potassium, lysine ;
◦ sous ses formes cuites et comestibles, l’amarante conserve une teneur adéquate en plusieurs minéraux alimentaires ;

• Les feuilles comme les graines d’amarante sont faciles à cuisiner :
◦ les feuilles peuvent être bouillie, cuites à la vapeur, sautées
◦ pour les graines, il suffit de faire bouillir de l’eau avec deux fois plus d’eau que les céréales en volume (ou 2,4 fois plus d’eau en poids) ;

• Les feuilles et les graines et également les racines possèdent non seulement des vertus nutritionnelles mais aussi des propriétés médicinales intéressantes ;

la culture des amarantes peut être entreprise avec peu de moyens
◦ elle nécessite peu d’intrants ;
◦ une petite quantité de graines – un kilo par hectare – permet de cultiver une grande surface

Les rendements en feuilles ou en grains comestibles sont élevés par rapport au taux de semis :
◦ Selon les condition climatiques, les variétés cultivées, des climats, de la richesse du sol, etc… les peuvent produire entre 500 kg et 5 tonnes de grains par hectare.
◦ Dans de bonnes conditions de culture, les grosses têtes de graines des trois espèces à grains cultivées peuvent peser jusqu’à 1 kg et contenir un demi-million de petites graines.
◦ Les variétés introduites aux États-Unis par l’Institut Rodale et certaines universités, telles que Plainsman et K 432, sont réputées produire en moyenne 2 tonnes à 2 tonnes et demies par hectare. Des rendements atteignant 6 tonnes par hectare ont même été obtenus dans certains terrains d’expérimentation ;

les feuilles comme les grains se récoltent facilement :
◦ les sommité foliaires sont prélevées selon les besoins et cette coupe entraîne la repousse de la partie coupée ; :
◦ les opérations post-récolte des grains sont limités, car il n’y a pas de coques à enlever ;

Histoire des Amarantes

Amérique

L’Amérique centrale, est le principal foyer de diffusion du genre Amaranthus a partir duquel certaines espèces ont été domestiqué et consommé dans une grande partie du continent sud américain et du Sud-ouest de l’Amérique du Nord. S’il reste encore difficile à déterminer quand l’amarante a été domestiquée, les plus anciennes traces en contexte archéologique remontent vers 5400 ans avant l’ère chrétienne. Elles ont été mises à jour dans une grotte près du village de Tehuacán, au Mexique. Tous les graines d’amarantes retrouvées dans la grotte d couleur blanches, une caractéristique des amarantes cultivées en tant que pseudo-céréales soumises à une sélection minutieuse pour leur couleur. C’est dans cette même région que furent découverts les plus anciens grains de maïs connus à ce jour. Des graines d’amarante ont également été trouvées dans des sites archéologiques du nord de l’Argentine qui datent du milieu de l’Holocène.

Récolte d’amarante. Codex florentin de Fray Bernardino de Sahagun, XVIe s.

Connue sous le nom huāuhtli en lanque Nahuatl, ahparie en Purépecha, tez ou xtes en Maya, wa’ve en Huichol, l’amarante semble avoir été cultivée par les peuples mésoaméricains en quantité très similaire au maïs. Outre leur usage comme culture vivrière de subsistance, les amarantes à grains étaient utilisées pour la confectionner des boissons et des aliments rituels. Lorsque les conquistadores envahirent le Mexique, l’Amarante, constituait l’une des six récoltes majeures des 17 provinces de l’empire aztèque. Les autres récoltes importantes étaient le maïs, le piment, les haricots, les courges et la chia, (Salvia hispanica), dont les graines très nutritives étaient utilisées pour la confection de boissons rafraîchissantes et nutritives.

Fray Bernardino de Sahagún. Historia General de las Cosas de la Nueva España. Libro undécimo : que es el bosque, jardín, vergel de lengua mexicana

La culture de l’Amarante fut à son apogée durant l’Empire Aztèque. Les amarantes étaient cultivées soit sur les terres fermes où elles étaient plantées à côté du maïs, des haricots, des courges ou d’autres plantes annuelles, soit sur les les chinampas, surface cultivable créée dans les zones lacustres, où l’amarante poussait également aux côtés d’autres plantes de base du régime méso-américain.

Chinampas

La technique utilisée pour le semis de l’amarante, contrairement à celle du maïs ou des haricots qui se fait individuellement, était apparemment à la volée. Les pousses tendres et les plantes mûres et sèches récoltées à la main sans outil. Une fois les tiges récoltées, les inflorescences étaient frottées ensemble pour détacher les graines. Enfin, les graines étaient stockées comme le maïs, les haricots et le chia dans des trojans ou des pots en argile.

« Los cuerpos divinos. El amaranto : comida ritual y cotidiana », Arqueología Mexicana 138

Pour le peuple Aztèque, cette plante possédait une valeur nutritionnelle, thérapeutique et rituelle.

Sur le plan alimentaire, l’Amarante était un ingrédient de nombreux mets. La de farine de graines d’Amarantes soufflées et moulues ensuite servait à préparer un tamales appelé huauquiltamalli. Les feuilles d’amarante étaient utilisées pour préparer une sauce appelée cauhquilmolli ; des tortillas tzaollaxcalli étaient confectionnée à partir de graines d’amarantes soufflées mélangées à un sirop élaboré à partir de la sève d’un cactus. On préparait également des boissons à base de graines d’Amarantes moulues ou soufflées.

Tortillas Tlaxcalli

Sur le plan thérapeutique, les guérisseurs utilisaient tout aussi bien les graines que les feuilles des Amarantes pour remédier à un certain nombre de disharmonies de la santé.

Le mois aztèque de Panquetzaliztli (du 7 au 26 décembre) était consacré au dieu Huitzilopochtli, dont le nom signifie "côté gauche du colibri", oiseaux qui se nourrissent de fleurs d’amarante. Les gens décoraient leurs maisons et leurs arbres avec des drapeaux ; des courses rituelles, des processions, des danses, des chants, des prières et enfin des sacrifices étaient organisés. C’était l’une des plus importantes fêtes aztèques, et les gens se préparaient pendant tout le mois. Ils jeûnaient ou mangeaient très peu ; une statue du dieu était faite de graines d’amarante et de miel, et à la fin du mois, elle était coupée en petits morceaux pour que tout le monde puisse manger un morceau du dieu. Après la conquête espagnole, la culture de l’amarante a été interdite, tandis que certaines des festivités ont été intégrées à la fête de Noël. Réminiscence de ces traditions, aujourd’hui encore, les grains d’amarante sont grillés comme du maïs soufflé et mélangés à du miel, de la mélasse ou du chocolat pour en faire une friandise appelée alegría, qui signifie "joie" en espagnol.

Alegrias et friandises aux graines d’amarante du jour des morts

Dans les Andes, autre centre de domestication de l’Amarante, les Indiens de la culture Quechua cultivé la “kiwicha”, Amaranthus caudatus appelée en Amarante queue de renard en français.

Amarante queue de renard (Amaranthus caudatus)

Les Incas, malheureusement, n’avaient pas de récits écrits et on manque d’informations précises sur le rôle exact de l’amarante dans cette civilisation. Il semble, cependant, que cette plante possédait moins de valeur culturelle pour les Incas que pour les Aztèques. Chez les Incas, en effet, c’était le maïs qui constituait l’aliment rituel alors que la quinoa constituait l’aliment de base. Il reste, néanmoins, que la culture de la kiwicha a perduré jusqu’à nos jours, en particulier chez les Indiens vivant sur l’altiplano ou dans certaines forêts tropicales. Ainsi même si l’Amarante est peu cultivée, il semble que sa diversité génétique soit relativement intacte en Amérique latine.

Sur l’altiplano, les paysans Quechuas cultivent généralement l’Amarante en association avec d’autres plantes tels que la maïs ou la quinoa, et ce principalement dans une zone montagneuse située entre 2700 m et 3500 m d’altitude. Cela fait de très nombreux siècles que les Quechua pratiquent l’association des cultures selon des modalités très sophistiquées. Ces façons culturales protègent les plantes contre les déséquilibres et les prédateurs. Quant au mode de préparation de l’Amaranthe, les familles Quechua confectionnent, tout comme les peuples Aztèques ou leurs descendants, des confiseries élaborées à partir des graines soufflées mélangées à de la mélasse qu’ils appellent “turrones”.

Les villageois consomment parfois directement ces graines soufflées et ils considèrent qu’elles constituent un tonique pour les personnes âgées. Pour le petit déjeuner, ils préparent une farine à partir de ces graines soufflées qu’ils appellent “mas’ka” ; ils confectionnent, également, à partir de graines fermentées, de la “chicha”, une bière consommée lors de fêtes ou offerte rituellement à la Terre-Mère.

Au Pérou, dans la région de Huancavalica, les paysans utilisent la tige de l’Amarante en raison de sa haute teneur en calcium. Après avoir récolté les panicules de graines, ils brûlent les tiges, en recueillent les cendres, les mélangent à de l’eau destinée à faire tremper le maïs avant d’en préparer de la pâte pour les tamales. Cet usage des tiges de l’Amarante n’est pas fortuit et il met en valeur un aspect essentiel de la sagesse alimentaire de nombreux anciens peuples. En effet, lorsque le maïs fut introduit dans diverses contrées de la planète, certains peuples en devinrent très dépendants et ils consommèrent cette céréale de façon abondante et sans discrimination quant aux déficiences éventuelles de cette plante sur le plan alimentaire. Ces peuples qui avaient adopté le maïs comme un “mono-aliment”, devinrent prédisposés aux atteintes de la pellagre, maladie provoquant des lésions de la peau et une dégénérescence tant sur le plan physique que sur le plan mental.

Cependant, dans les Amériques, berceau du développement du maïs, il n’y avait pas de pellagre. Les cultures prétendument primitives du Nouveau-Monde avaient développé une technique sophistiquée et anticipé les découvertes de la science moderne.

Les peuples Mayas, Aztèques et les peuples de l’Amérique du nord, avaient perçu, de façon intuitive, que la cuisson du maïs dans une eau contenant des cendres améliorait cet aliment en tant que source de vitamines. Le maïs réagissait chimiquement avec le calcium des cendres afin de rendre certains acides aminés plus disponibles pour le corps humain. Le calcium libérait la niacine, qui était liée chimiquement, et permettait au corps humain de l’intégrer. C’est ainsi que le “posole” est encore actuellement confectionné et ce traitement alcalinisant du maïs est encore bien vivant au Pérou dans l’utilisation des cendres de tiges d’Amaranthes pour la confection des tamales.

Les Quechuas du sud-Pérou et de l’Équateur utilisent également des amarantes sauvages et ont recours à leurs fleurs de couleurs vives pour des pratiques rituelles ou thérapeutiques. Ainsi, dans la région de Cuzco, les fleurs de l’airampo (Amaranthus hybridus) sont utilisées en infusion pour remédier aux maux de dents et aux fièvres. Durant certains festivals, les fleurs rouges des amarantes sont utilisées pour colorer la peau des femmes Quechua ou pour colorer la bière chicha. Cet usage de teinture est aussi pratiqué par le peuple Hopi du sud-ouest des Etats-Unis. Les Hopis utilisent une variété d’Amarante, dénommée justement de nos jours Hopi Red Dye, pour teindre un pain à base de farine de maïs bleus que l’on appelle “piki”.
Source : Amarantes à grains publié sur le blog de l’association Kokopelli.

Longtemps prohibée par les colons espagnols et leurs descendant, la culture de l’amarante a repris dans les années 1970 en raison de son importance en tant que symbole de la culture indigène, de sa saveur, de sa facilité de cuisson et de sa teneur en protéine particulièrement adaptée aux besoins nutritionnels de l’homme, l’intérêt pour les graines d’amarante (en particulier Amaranthus cruentus et Amaranthus hypochondriacus). Les graines ont une teneur en protéines d’environ 16 %, supérieure à celle du blé, du riz ou du maïs, et un indice de digestibilité bien plus élevé que celui du soja, du lait et du blé.

Torréfaction des graines sur un comal d’argile et farine de grains d’amarante

Récupérée au Mexique à partir de variétés sauvages et l’amarante est maintenant redevenue une culture vivrière. Les graines d’amarantes sont utilisées pour préparer un en-cas populaire au Mexique, parfois mélangé avec du chocolat ou du riz soufflé. Considérée comme pseudo-céréales en raison de la similitude des ses graines avec les céréales en termes de goût et de cuisson, l’utilisation de l’amarante tout comme celle du quinoa s’est répandue à l’Europe et à certaines parties de l’Amérique du Nord. Aux USA les amarantes sont considérées par les agriculteurs industriels comme une mauvaise herbe à éradiquer, mais la plante s’est avérée à ce jour résistante à tous les herbicides.

En Amérique latine, l’amarante est connue sous de nombreux noms locaux :

- Mexique : Alegría, Huanthi ;
- Équateur : Sangorache, Ataco, Quinua de castilla ;
- Pérou : Kiwicha (Cusco) ; Achita (Ayacucho) ; Achis (Huaraz) ; Coyo (Cajamarca) ; Camayo (Arequipa) ;
- Bolivie : Millmi, Coimi, Inca pachaqui ;

Les amarantes à grains anciennes encore cultivées aujourd’hui comprennent les espèces suivantes :

- Amaranthus caudatus,
- Amaranthus cruentus,
- Amaranthus hypochondriacus

Selon l’analyse chromosomique Amaranthus hypochondriacus (amarante paniculée) serait l’ancêtre de ces trois variétés. Par ailleurs, Amaranthus hypocondriacus L. est certainement l’espèce la plus intéressante puisque ses feuilles et ses graines sont comestibles.

Distribution des espèces dominantes d’amarantes sur le continent américain

L’amarante était également traditionnellement cultivée dans l’ouest du continent nord-américain. Si "les trois sœurs" (maïs, haricots et courges étaient les principales cultures des peuples premiers avant conquête par les européens du continent, d’autres cultures, dont l’amarante, étaient également cultivées.

Jardin Hidatsa (Dakota)

Certains chercheurs pensent même que l’amarante a peut-être devancé toutes les autres céréales et n’a cédé la place à celles-ci qu’au fur et à mesure que les nouvelles céréales cultivées ont atteint une taille et un volume plus importants. Des restes d’inflorescences et de graines d’amarante de couleur claire et foncée, bien conservées, datant de 1 350 et 1 400 ont été trouvées en Arizona ou était implantée le peuple salado, issu de la fusion des Indiens hohokam et anasazi, qui pratiquait la culture du maïs, des haricots, du potiron et de l’amarante dur des terres irriguées.

Recette simple à base de grains d’amarante

Ingrédients :

1 tasse de grains d’amarante ; 1/4 de tasse Oignon, haché
1/4 de tasse Paprika haché ; 2 cuillères à soupe de carotte râpée ; 1 cuillère à café de sel de mer ; 1 cuillère à café d’huile d’olive ; 3 tasses d’eau bouillante

Préparation  :

1. Laver l’amarante à l’eau courante pendant quelques minutes à l’aide d’un tamis très fin.
2. verser une cuillère à café d’huile dans une casserole et faire frire les légumes pendant quelques minutes.
3. Ajouter l’amarante et les 3 tasses d’eau et ajouter le sel.
4. Cuire à feu moyen-doux jusqu’à ce que l’eau soit complètement évaporée.

Les amarantes en Asie

Sous continent indien

Des vestiges d’amarantes aurait été trouvé, dans le cadre d’une fouille archéologique à Narhan, en Inde, datant de -1000 à -800. Si cette découverte est confirmé cela permettrait d’affirmer que l’Inde à pu être un foyer de dissémination de certaines variété d’amarantes vers l’occident et l’orient, bien avant la diffusion des amarantes américaines après que la découverte de l’Amérique par les Européens.

Dans le sous-continent indien comme en Asie du Sud-Est et en Extrême-Orient les amarantes sont principalement cultivées pour leurs feuilles comestibles.

L’amarante tricolore - Amaranthus tricolor qui est très populaire en Inde elle est appelée « épinards du pauvre ». Sa culture est très répandue en raison de sa facilité de mise en œuvre, de son taux de croissance rapide, de son adaptabilité aux différentes conditions agroclimatiques, de son potentiel de production élevé et de sa résistance aux attaques des parasites et des maladies.

Les feuilles d’amarante riches en fer (latta ko sag) sont consommées comme légumes, et la culture de l’amarante à grande échelle dans les districts de Doti et d’Achham répond à une demande croissante en Inde.

Aujourd’hui, l’amarante est un légume important dans certaines régions de l’Inde, au Bangladesh, au Sri Lanka.

Dans l’Uttar Pradesh et le Bihar au nord de l’Inde, les amarantes font partie des légumes-feuilles populaires appelés saag). L’espèce Amaranthus hypocondriacus est cultivée, de même que les espèces semi sauvages Amaranthus blitum, Amaranthus spinosus,Amaranthus viridis et Amaranthus cruentus.

Dans la région himalayenne de Kumaon de l’Etat d’Uttarakhand, les variétés à feuilles rouge-vertes, appelées chua sont plus particulièrement appréciées.

Dans le Karnataka, en Inde, l’amarante est utilisée pour préparer divers currys et dal.

Au Kerala, on le consomme les feuille d’amarante en les faisant sauter avec des épices et des piments rouges pour en faire un plat appelé cheera thoran.

Dans le Tamil Nadu, l’amarante est régulièrement un plat principal appelé keerai masia, où les feuilles sont cuites à la vapeur et écrasées avec un léger assaisonnement de sel, de piment rouge et de cumin.

Dans l’Andhra Pradesh, les feuilles sont un des ingrédient d’un dal populaire appelé thotakura pappu en Telugu.

Dans le Maharashtra, les feuilles frite avec du chili et des oignons sont utilisées pour préparer la saga bhaja.

Les feuilles d’amarante riches en fer (latta ko sag) sont consommées comme légumes, et la culture de l’amarante à grande échelle dans les districts de Doti et d’Achham répond à une demande croissante en Inde.

Selon les régions de l’inde où elle est cultivée, les amarantes, portent divers noms :
- chaulai (Uttar Pradesh et Bihar au nord de l’Inde)
- chua (région himalayenne de Kumaon de l’Etat d’Uttarakhand
- harive soppu (Karnataka)
- cheera (Kerala).
- mulaikkira (Tamil Nadu)
- shravani maath (Maharashtra)
- khada saga (Orissa)

Dal à l’amarante

Ingrédients

3/4 tasse de moong dal (haricots mungo, lentilles...)
1 botte de feuilles d’amarante.
2 c. à soupe d’ail haché en tas
1 grosse tomate coupée en petits dés
1 cuillère à café de flocons de piment rouge ou de poudre de piment à utiliser plus ou moins par goût
1/2 cuillère à café de curcuma
1 c. à soupe de coriandre en poudre
1 cuillère à café de cumin en poudre
1 cuillère à café d’aamchur (mangues vertes séchées et réduites en poudre, et utilisé comme épice)
1 cuillère à café d’huile végétale
1 cuillère à café de graines de cumin
Sel au goût

Préparation

Hachez finement les feuilles d’amarante et mettez-les dans une grande casserole ou dans une cocotte-minute avec le mung dal et le curcuma. Ajoutez assez d’eau pour couvrir d’environ un pouce. Portez à ébullition, couvrez et faites cuire jusqu’à ce que les feuilles soient tendres, en ajoutant de l’eau si nécessaire. Ou si vous utilisez une cocotte-minute, faites cuire sous pression pendant la durée recommandée pour le mung dal.
Faites chauffer l’huile. Lorsqu’elle miroite, ajoutez les graines de cumin, remuez pendant quelques secondes, puis ajoutez l’ail.
Faites sauter pendant 30 secondes, puis ajoutez les tomates. Laissez cuire les tomates jusqu’à ce qu’elles soient pulpeuses.
Ajoutez les poudres de cumin et de coriandre, l’aamchur, et les flocons de piment rouge ou la poudre de piment.
Remuez bien le tout et laissez cuire pendant quelques minutes.
Ajoutez le dal avec les feuilles d’amarante. Portez à ébullition et laissez mijoter à feu doux. Ajoutez de l’eau si le dal est trop épais.
Laissez mijoter pendant environ 5 minutes, puis éteignez le feu et servez chaud avec du riz ou du rotis.

Si l’amarante est essentiellement cultivée pour ses feuilles dans les basses terre, la culture des amarantes à grains est aussi pratiquée en Asie dans les hautes terres. C’est notamment le cas au Népal et en Inde.

Récolte d’amarante. District de Jumla dans l’ouest du Népal

Quand en Amérique central et dans les Andes, l’amarante à grain disparaissait des paysages agricoles, les peuples de l’Himalaya donnaient une place importante à cette plante considérée comme un don du ciel comme en témoignent les nom que lui ont donné les Indou rajgira,la graine des rois et ramdana, la graine envoyée par les dieux.

L’Amarante à grain est tellement implantée dans toutes les contrées himalayennes que les ethnobotanistes sont bien en peine de déterminer l’époque durant laquelle elle fut introduite. Dans certaines régions de moyenne montagne du nord-ouest de l’Inde, les Amarantes revêtent de leurs couleurs scintillantes plus de la moitié, parfois, des terres non irriguées. Les Gurung, ainsi que d’autres ethnies du Népal les ont pleinement adoptées dans leur haute vallée, tout comme un grand nombre de peuples au Bhoutan, dans les collines de l’Inde du sud, dans les plaines de la Mongolie et dans les montagnes de l’Ethiopie.

Vannage des grains d’amarante (District de Jumla)

Les peuples de l’Himalaya en font éclater les grains qu’ils mélangent à du miel afin de confectionner de délicieuses pâtisseries appelées laddoos ou Chaulai ke Ladoos tout comme les Mayas et les Aztèques d’antan.

Chaulai ke Ladoos

Les peuples de l’Himalaya cultivent d’autres super-aliments comme le chino (Panicum miliaceum), l’un des plus nutritifs et délicieux millet de climat tempéré, également connu sous le nom millet balai, le millet commun et le kaguno (Setaria italica) connu sous le nom de Foxtail millet qui ont une valeur nutritionnelle similaire au quinoa andin, mais qui sont aujourd’hui méconnus.

Panicum miliaceum et Setaria italica

Asie du Sud-Est et Extrême-Orient

Avec le liseron d’eau kangkong (Ipomoea aquatica Forssk.), bayam (l’amarante) c’est le légume-feuille le plus populaire d’Indonésie et de Malaisie.

Philippines, kalunay ;

En Chine les variétés à feuilles rouges ou vertes et pourpre à la saveur plus corsées sont généralement les plus appréciées alors qu’à Taïwan et au Japon, les variétés vertes à la saveur douces sont les plus populaires.
La cuisine chinoise inclut l’amarante dans les soupes ; elle prépare également les feuilles en sauté .

Variété rouge d’Amaranthus cruentus

Noms vernaculaires en Asie du Sud-Est et Extrême-Orient :

Asie du Sud-Est
- Indonésie et Malaisie : Bayam
- Papua Nouvelle Guinée : aopa
- Philippines : kulitis
- Cambodge : zo : phtii
- Laos : hôm
- Thailand : phakkhom-suan
- Vietnam : rau dền.

Poêlée laotienne d’amarante au gingembre

Ingrédients

6 tasses de feuilles et de tiges d’amarante
2 à 3 cuillères à soupe d’huile pour recouvrir le fond d’un wok ou d’une casserole
1 cuillère à soupe de gingembre en tranches
1 cuillère à soupe de sauce de poisson

Préparation

Mettez une poêle ou un wok sur feu vif et ajoutez l’huile.
Ajoutez le gingembre et faites-le grésiller jusqu’à ce qu’il soit légèrement bruni.
Ensuite, ajoutez l’amarante et arrosez le tout avec la sauce de poisson.
Remuez pendant 2 à 3 minutes, ou jusqu’à ce que la sauce devienne d’un vert profond.
Retirez du feu et servez.

Ce sauté asiatique simple fait ressortir la saveur sucrée et noisette de l’amarante avec un soupçon de gingembre et de sauce de poisson.

Wok d’amarante à l’ail

Pour de nombreux chinois , l’amarante frite dans de l’ail et de l’huile est une des meilleures façons de savourer ce légume !

Ingrédients

500 g d’amarante
3 cuillères à soupe d’huile végétale
5 gousses d’ail
1/4 de cuillère à café d’huile de sésame
sel et sucre selon le goût

Préparation :

Faites chauffer le wok jusqu’à ce qu’il soit fumant. Ajoutez l’huile et faites-la tourbillonner. Ajoutez rapidement l’ail et les légumes et remuez constamment.
Au bout d’une minute, ajoutez le sel, le sucre et l’huile de sésame en remuant jusqu’à ce qu’ils soient juste fanés.
Soyez généreux avec votre sel pour faire ressortir la saveur des légumes et ajoutez du sucre pour équilibrer la salinité.
Rassemblez les légumes en monticule au centre du wok. Cela permet aux côtés de chauffer (plus le feu est fort, plus ils ont bon goût !). Posez le couvercle sur le wok et faites cuire pendant 1 à 2 minutes. Retirez le couvercle, remuez brièvement et servez.

Les amarantes en Europe et dans les pays méditerranéens

Des écrits anciens d’Égypte et de Grèce évoquant l’utilisation d’amarantes comme légume ou médicament atteste l’utilisation de diverses variétés d’amarantes sur le pourtour de la méditerranée depuis 2000 ans.

En Europe, l’amarante sauvage ou amarante blette (Amaranthus blitum L., syn. Amaranthus livides L.) était jadis une plante cultivée commune. Elle fait partie des plantes dont la culture fut imposée, par l’édit imperialibus de Charlemagne plus connu sous le nom de le capitulaire De Villis au tournant du VIIIe et du Xe siècle.

Amarante blette (Amaranthus blitum)
Amarante blette (Amaranthus blitum)

Le nom latin bledas de l’amarante a inspiré aux botanistes le nom d’espèce d’Amaranthus blitum et a donné naissance au mot français blette et au mot portugais bledo. La culture de l’amarante blette étant par la suite tombée en désuétude et l’espèce Amaranthus blitum étant presque inconnue en France de nos jours le mot blette est devenu synonyme de bette (Beta vulgaris L.).

L’amarante blette reste cultivée dans des jardins familiaux du Sud-Est de l’Europe, elle consommée, notamment en Grèce en salade cuite servie froide assaisonnée d’huile d’olive et jus de citron. Ce met est connu sous le nom de vlita (βλίτα).

Feuilles d’amarante blette et Vlita

Originaire de la région méditerranéenne, est une adventice cosmopolite, qui s’est naturalisée dans d’autres parties du monde, notamment au Moyen-Orient, en Inde et même jusqu’au Japon. On la trouve également en Afrique occidentale, orientale et australe.

Les Amarantes en Afrique

En Afrique, les amarantes sont traditionnellement cultivées exclusivement pour la production de feuilles. Elles sont le le principal légume-feuilles au Bénin, au Togo et en Sierra Leone Les Amarantes ont également une grande importance dans les basses terres du sud du Nigeria, de la R.D.C, et des pays de la zone des grands lacs d’Afrique de l’Est. A l’époque coloniale, l’amarante était souvent recommandée aux colons européens comme étant le meilleur substitut à l’épinard (Spinacia oleracea L.)

Amarantes cultivées en Afrique

Amaranthus blitum

Amaranthus blitum subsp. oleraceus dans un jardin familial d’Afrique de l’Est

Français : Amarante sauvage, amarante blette
Anglais : Wild amaranth, purple amaranth
Portugais : Amaranto, bredo
Kinyarwanda : Imbogeri, Indodo (noms génériques des amarantes)
Swahili : Mchicha (nom générique des amarantes)

La présence de l’amarante blette est signalée dans de nombreux pays africains, et on la rencontre probablement dans toute l’Afrique tropicale, du Sénégal à l’Ethiopie, à l’Afrique du Sud et aux îles de l’océan Indien. C’est généralement une adventice protégée dans les cours de cases et les jardins familiaux, et on la cultive parfois pour la vendre localement au marché. Elle est cultivée en Afrique centrale (Cameroun) et de l’Est (Kenya, Ouganda). Le type cultivé est probablement originaire de l’Inde, où c’est toujours un légume important. Source : Ressources végétales de l’Afrique tropicale

Amaranthus caudatus

Français : Amarante des jardins, Amarante queue-de-renard, Amarante caudée, Amarante-grain, blé des Incas.
Anglais : Love-lies-bleeding, Tassel flower, Velvet flower, Foxtail amaranth
Garden amaranth, Grain amaranth, Inca wheat
Espagnol : Mosca de pavo ; Quelite bledo ; Trigo del inca
Portugais : Choroes-dos-jardines, Rabo-de-gato
Kinyarwanda : Pas de nom spécifique

L’amarante queue de renard qui provient du contient américain n’est pas présente à l’état sauvage en Afrique où elle est cultivée comme plante ornementale et où son potentiel de production de grains comestible est méconnu.

Amaranthus cruentus

A. cruentus prête pour la récolte de feuilles et en inflorescence mûre pour la récolte de grains

Français : Amarante, brède de Malabar
Anglais : Amaranth, African spinach, Indian spinach
Portugais : Amaranto, bredo
Swahili :Mchicha
Kinyarwanda :

Amaranthus cruentus est un légume traditionnel répandu dans tous les pays d’Afrique tropicale. C’est le principal légume-feuilles au Bénin, au Togo et en Sierra Leone, et il a une grande importance dans plusieurs zones de basses terres par ex. dans le sud du Nigeria, la R.D. du Congo, au Kenya et en Tanzanie. Il est plus apprécié dans les basses terres humides que sur les hautes terres ou dans les zones arides. Mis à part quelques essais au Zimbabwe, au Kenya, en Ouganda et en Ethiopie, cette amarante n’est pas cultivée en Afrique pour la production de grains. On trouve fréquemment dans les pays tropicaux et subtropicaux des types ornementaux d’Amaranthus cruentus caractérisés par de grandes inflorescences rouge vif.

Amaranthus cruentus est probablement le légume-feuilles le plus productif des tropiques. Son excellente valeur nutritionnelle en fait un légume important pour l’alimentation humaine, tant pour l’auto-consommation dans les zones rurales que comme légume vert bon marché sur les marchés des villes. La plante présente également un grand potentiel de production de concentrés de protéines foliaires.
Le potentiel de cette amarante en tant que productrice de grains est plus incertain. Certes la valeur nutritionnelle des graines d’amarante est excellente, et la productivité de certain cultivars est élevée. Mais les expérimentation menée n’ont pas été suivi d’une adoption de la plante comme céréale par les populations. Amaranthus cruentus entre en concurrence avec les céréales traditionnelles dont les communauté rurale maîtrisent les itinéraires de culture et les usages.
Les variétés introduites aux Etats-Unis par l’Institut Rodale et certaines universités, telles que Plainsman et K 432, sont réputées produire en moyenne 2 tonnes à 2 tonnes et demies par hectare (sans intrants chimiques). Des rendements atteignant 6 tonnes par hectare ont même été obtenus dans certains terrains d’expérimentation.

Amaranthus dubius

Français : Brède de Malabar, épinard marron (Haïti), épinard pays (Antilles)
Anglais : Spleen amaranth, Chinese spinach, Red spinach
Espagnol : Bledo de Jamaica, Bledo de puerco, Pira ; Bledo (Cuba) ; Blero, Blero blanco (Puerto Rico) ; Pira, Yerbacaracas (Venezuela)
Portugais : Amaranto, Bredo
Inde : Chauli, Cheera, Koyagura, Kuppai keerai, Thotakura
Swahili : Mchicha

Amaranthus dubius est une plante adventice protégée, utilisée comme herbe potagère dans beaucoup de pays africains et elle est probablement présente dans toutes les basses terres africaines. Elle est cultivée comme légume en Afrique de l’Ouest (Sierra Leone, Ghana, Bénin, Nigeria), en Afrique centrale (Cameroun, République démocratique du Congo), et en Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda), mais elle est bien moins répandue qu’Amaranthus cruentus L. Le type d’Amaranthus dubius cultivé s’est peut-être développé à partir d’un ancêtre adventice en Asie tropicale (Indonésie, Inde) et on le trouve dans plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique centrale, où il a été introduit par des immigrants. Les types cultivés d’A. dubius sont plus grands, plus érigés et plus succulents que les types adventices.

Amaranthus graecizans

Français : Amarante sauvage, amarante sylvestre, amarante africaine
Anglais : Wild amaranth, prostrate amaranth, spreading pigweed
Portugais : Tristes, amaranto, bredo
Swahili : Mchicha

On trouve Amaranthus graecizans de façon dispersée dans toute l’Afrique tropicale, où il a été signalé dans de nombreux pays. On le rencontre également dans le sud de l’Europe, dans les régions tropicales et subtropicales d’Asie, et il a été introduit aux Etats-Unis. C’est un légume particulièrement apprécié au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi et ailleurs dans le sud de l’Afrique, et c’est parfois une adventice protégée dans les jardins familiaux. On le cultive localement à petite échelle dans les jardins familiaux par ex. chez les Acholis de Nebbi (Ouganda) et en Tanzanie pour le vendre au marché à des clients d’origine indienne.

Dans de nombreux pays on le récolte comme herbe potagère dans la nature. Les personnes âgées en particulier apprécient son goût légèrement amer. Un inconvénient important est que les feuilles sont petites et que la cueillette prend du temps. A cause des nombreuses fleurs, on ne cuisine pas les branches entières mais on prélève les feuilles une par une, ce qui est une des raisons pour lesquelles cette amarante a une faible valeur marchande. Dans certaines régions on le consomme en mélange avec d’autres légumes-feuilles sauvages, par ex. chez les Okiek à l’ouest du Kenya, qui le mélangent souvent avec des Solanum ou des Rumex et Urtica massaica Mildbr.

Amaranthus hypochondriacus

Français : Brède de Malabar, Amarante hypocondriaque ou Amarante élégante
Anglais : Prince’s feather, Prince-of-Wales feather
Kinyarwanda : Pas de nom spécifique

Ancêtre des autres amarantes à grains domestiquées en Amérique centrale, Amaranthus hypochondriacus a été introduite en Afrique comme plante ornementale. Son aire de répartition précise en Afrique tropicale est inconnue à cause de confusions avec des espèces voisines. Elle est signalée au Kenya, mais Elle n’est pas à notre connaissance cultivé comme pseudo-céréale ni comme légume-feuille en dehors d’expérimentations locale. En dehors d’Afrique Amaranthus hypochondriacus est principalement cultivée pour ses grains.

Culture expérimentale d’amarante à grains au Kenya

Amaranthus spinosus

Amarante épineuse (Rwanda)

Français : Amarante épineuse, épinard malabar, épinard piquant
Anglais
Spiny amaranth, prickly amaranth, spiny pigweed
Amaranto, bredo
Kinyarwanda : Imbogeri z’amahwa, Imbwija, Dodo z’amahwa

En Afrique tropicale et ailleurs, les feuilles et les jeunes plantes d’Amaranthus spinosus sont récoltées pour l’auto-consommation comme légume cuit à l’eau, à la vapeur ou frit, en particulier pendant les périodes de sécheresse. On trouve parfois les feuilles en vente sur le marché. En Ouganda et au Kenya, il est vendu à un prix inférieur à celui d’Amaranthus dubius à cause de ses épines et parce qu’il est moins apprécié du fait de son amertume. Ses feuilles sont habituellement consommée en petites quantités comme substitut lorsqu’aucun autre légume n’est disponible. En Ouganda, les cendres de plantes brûlées d’Amaranthus spinosus sont utilisées en cuisine pour attendrir des légumes durs tels que les feuilles de niébé et les pois cajans. Les cendres sont également utilisées comme sel végétal et en Afrique australe elles sont utilisées pour priser, seul ou avec du tabac.

Amaranthus Tricolor

Français : Amarante tricolore, Amarante fournaise, Amarante Du Gange, Amarante Brède de Malabar, Pariétaire Noire, Pariétaire Sauvage
Anglais : Joseph’s coat, Chinese Amaranth, Chinese spinach, Chinese spinach, Flaming Fountain, Illumination Amaranthus
Espagnol : Moco de pavo (Espagneà ; Quelite morado, Ala de penco.
Portugais : Amarantos a Folhas, Bredo, Carurú, Espinafre Africano
Hindi : Chaulaai (Chaulai), Chauli, Chavleri, Lal Bhaji, Lal Sag, Rajgeera, Rajgira, Rajkiri

L’amaranthus tricolore est présente en Afrique comme légume exotique assez rare dans quelques pays africains. La plante a vraisemblablement été introduits par des immigrants indiens qui l’apprécie comme légume-feuille. Elle est parfois cultivé aux alentours des grandes villes, en particulier en Afrique de l’Est et australe. Sa culture a été également été signalée au Bénin, au Nigeria, au Kenya et en Tanzanie.

La possibilité d’utiliser l’amarante tricolore comme brède est méconnue sur le continent africain, alors que cet usage est commun en Asie du sud-Est où la plante est consommée cuite, et quelques fois cru dans des salades. Les tiges tendres sont consommées comme les asperges en Inde.

Amaranthus thunbergii

Français : Amarante sauvage
Anglais : Wild amaranth, wild spinach, pigweed
Portugais : Amaranto, bredo
Kinyarwanda :
Swahili : Mchicha

Amaranthus thunbergii est indigène en Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique australe. La plate a été identifié comme adventice dans de nombreux pays, du Congo à l’Erythrée et à la Somalie vers l’est, et à l’Afrique du Sud vers le sud. Il a été introduit comme adventice en Australie et en Europe, probablement avec les moutons.

Cette amarante est principalement utilisé comme herbe potagère de cueillette. Au Botswana, c’est un légume-feuilles populaire consommé frais ou séché ; on le consomme avec du lait ou des matières grasses en association avec du sorgho ou du maïs. En Namibie, on le consomme avec une bouillie de mil. Les feuilles sont plutôt amères lorsqu’on les compare à d’autres espèces d’amarantes. C’est également un légume apprécié par la communauté asiatique vivant en Afrique du Sud. Il est utilisé comme fourrage pour le bétail. Au Zimbabwe, les inflorescences broyées et séchées sont utilisées pour adoucir le tabac à priser.

Amaranthus tricolor

Amarante, brède de Malabar
Amaranth, Joseph’s coat
Mchicha
Amaranto, bredo

Amaranthus tricolor est présent comme légume exotique assez rare dans plusieurs pays africains, apparemment introduit par des immigrants indiens et parfois cultivé aux alentours des grandes villes, en particulier en Afrique de l’Est et australe. Sa culture a été signalée au Bénin, au Nigeria, au Kenya et en Tanzanie.

Amaranthus viridis

Français : Amarante verte, épinard du Congo
Anglais : Green amaranth, local tete, African spinach, Indian Kale, local tete, Slender amaranth
Portugais : Cararu, cararu., Carurú-Comum, Carurú-De-Mancha, Carurú-De-Porco, Carurú-De-Soldado.

Adventice commune et répandue Afrique tropicale. Elle est parfois cultivée au Nigeria, au Gabon, en RDC... Les feuilles et les jeunes plants sont parfois consommées comme légume cuit avant floraison. La plante sert également de fourrage pour le bétail et comme engrais vert.

Recettes Africaines

Recette ougandaise

Ingrédients

Trois poignées de feuilles d’amarante fraîches
1 tomate, hachée
1/2 C. Oignons de printemps, hachés
1 Petit oignon violet, haché
Huile de cuisson
Sel

Préparation

- Lavez et séchez soigneusement les feuilles d’amarante, puis mettez-les de côté.
- Versez une cuillère à soupe d’huile de cuisson dans une poêle chaude. Ajoutez les oignons et remuez pendant une minute, puis salez.
- Ajoutez ensuite les tomates et continuez à remuer jusqu’à ce qu’elles soient tendres.
- Ajoutez les feuilles d’amarante et remuez bien en veillant à ce qu’il soit bien mélangé aux tomates et aux oignons.
- Attendez quelques minutes ou jusqu’à ce que l’amarante prenne une couleur vert clair, puis retirez-le du feu. Servir en accompagnement.

Variante

- Blanchissez les feuilles d’amarante dans de l’eau salée et retirez-les de l’eau dès que celle-ci recommence à bouillir.
- Rincez les feuilles à l’eau froide.
- Coupez l’amarante, faites chauffer le beurre et faites revenir les oignons légèrement, sans les faire brunir.
- Ajouter les feuilles et remuer pour éviter qu’elles ne brûlent pendant quelques minutes.
- Ajoutez les tomates hachées et faites cuire pendant 1 minute.
- Ajoutez l’assaisonnement de votre choix

Recette kényane :

Ingrédients

- 2 bottes d’amarante
- 1 oignon rouge découpé finement
- Quelques feuilles de coriandre
- 2 tomates mures
- 250 g de viande de mouton
- 2 cuillères à soupe d’huile
- Sel et poivre

Préparation

- Laver et sécher les feuilles, les couper en petits morceaux.
- Mettre les oignons dans une casserole et les faire revenir jusqu’à ce qu’ils soient colorés.
- Ajouter la tomate concassée et cuire 2 minutes.
- Ajouter la viande en morceaux. Saler, poivrer et cuire environ 10 minutes (la viande doit être cuite).
- Ajouter les feuilles en morceaux et cuire 2 minutes supplémentaires. - Servir chaud avec des pâtes, du riz, ou autre.

Beignets à l’amarante (Recette d’Afrique du Sud)

Ingrédients

2 tasses de feuilles d’amarante, 2 cuillères à café de levure chimique, ¼ tasse de farine, 1 cuillère à café de sel, 1 oignon (en petits dés), 1 poivron (en petits dés), 1 patate douce (en petits dés), ½ tasse de fromage râpé, ½ tasse de viande hachée, huile pour la friture (pas plus de ½ tasse).

Préparation

- Trier les feuilles tendres d’amarante, les laver et les couper en petits morceaux.
- Mélanger les ingrédients secs.
- Ajouter les autres ingrédients et former une pâte molle.
- Faites chauffer juste assez d’huile dans la poêle pour la faire frire.
- Mettez des cuillères à soupe dans une poêle avec de l’huile pour faire frire jusqu’à ce qu’elle soit dorée.
- L’excès d’huile peut être égoutté sur des serviettes en papier ou du papier brun.

Variantes : L’oignon, le poivron, la patate (douce), le fromage ou la viande hachée peuvent être remplacés par d’autres légumes coupés en petits dés.

Mis en ligne par La vie re-belle
 17/08/2020
 http://lavierebelle.org/amaranthus-sp-les-amarantes

Plantes de l’Afrique des Grands Lacs

Description des plantes adventices et cultivées en Afrique de l’Est et présentation de leurs propriétés et de leurs usages traditionnels et potentiels

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